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Attaques du Vieux-Québec : est-ce que la capitale doit revoir son système d’alerte?

Une autopatrouille bloque l'accès à une ruelle à Québec.

Au plus fort de l'alerte, le centre-ville bouclé.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le soir des attaques du Vieux-Québec, le service de police a attendu 1 h 30 avant d’informer la population sur Twitter qu’un homme se promenait dans les rues avec un sabre japonais. Si les autorités jugent avoir opté pour la stratégie adéquate, d’autres plaident que des moyens de communication plus directs auraient pu être utilisés.

Les premiers appels au 911 ont été reçus vers 22 h 28. Le premier message du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a été envoyé à 23 h 57 sur Twitter. De nombreux policiers ont été déployés sur place, tout comme le Groupe tactique d’intervention (GTI) et l’unité canine.

Étant donné que c’était un périmètre quand même assez restreint, avec le déploiement important qu’on avait, on était en mesure de rentrer en contact avec les citoyens qu’on pouvait rencontrer, explique André Turcotte, responsable du soutien aux opérations pour le SVPQ.

L'inspecteur, qui était également en poste lors de l’attentat à la grande mosquée de Québec, affirme que les policiers détenaient des informations qui démontrent qu’ils étaient en contrôle et en maîtrise de la situation. Les citoyens n’étaient pas en danger immédiat, ajoute-t-il.

En raison de la pandémie de COVID-19, peu de citoyens se promenaient dans les rues du Vieux-Québec, un lieu touristique normalement bondé. Advenant une situation inverse, effectivement on aurait peut-être pris des décisions différentes, admet-il.

Deux policiers sur une des scènes de crime le lendemain du drame.

Deux policiers sur une des scènes de crime le lendemain du drame.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Québec En Alerte, une option?

Le SPVQ aurait pu utiliser le système d’alerte provincial Québec En Alerte qui permet aux citoyens de recevoir un message directement sur leur téléphone cellulaire. Le service de police n’avait qu’un coup de fil à faire au Centre des opérations gouvernementales du ministère de la Sécurité publique (MSP).

Si on avait eu à aviser de façon plus large les citoyens de la Ville de Québec, on l’aurait fait. Mais à ce moment-là, on n’était pas rendu à cette étape-là.

Une citation de André Turcotte, responsable du soutien aux opérations pour le SVPQ

Il précise que le Réseau de transport de la Capitale (RTC), les chauffeurs de taxi, la sécurité de l’Assemblée nationale, les responsables de la Citadelle et des plaines d’Abraham, ainsi que des agents de sécurité ont été avertis.

Carl Girouard, accusé de deux meurtres au premier degré et de cinq tentatives de meurtre, a finalement été arrêté dans le port de Québec vers 1 h. Au total, la police a repéré 25 scènes de crime, du Château Frontenac jusqu’au quai Saint-André.

Deux policiers tiennent Carl Girouard par les mains, lors de son arrestation. Le suspect a les cheveux brun foncé et est vêtu de noir.

Les policiers de la Ville de Québec ont procédé à l'arrestation de Carl Girouard dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, tout près de l'Espace 400e.

Photo : Reuters / Steve Jolicoeur

Toujours en rodage

De son côté, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault a salué le travail des policiers durant les attaques. Elle affirme que le système Québec En Alerte aurait pu être déployé samedi soir, mais qu'il est complémentaire. C'est possible de l'utiliser, mais ça ne veut pas dire que c'est nécessaire, c'est une décision qui revient aux autorités responsables de la situation, soulève-t-elle.

L’inspecteur André Turcotte souligne que ce système est très jeune et qu'il reste des tests à faire. Il répète que si la situation avait perduré dans le temps, l'utilisation de cet outil aurait été envisagée.

En fonction depuis 2018, le système est encore en rodage et il n’a pas encore été utilisé dans la province dans le cadre d'une tragédie comme celle du Vieux-Québec, admet le ministère de la Sécurité publique.

Des démarches auprès des corps de police sont en cours pour faire mieux connaître cet outil, prévoir les procédures pour y recourir et effectuer des exercices, comme cela se fait avec d’autres partenaires pour d’autres types d’alertes, écrit par courriel la porte-parole Marie-Josée Montminy.

André Turcotte regarde la caméra.

André Turcotte, responsable du soutien aux opérations pour le SVPQ

Photo : Radio-Canada

Québec doit-elle revoir ses pratiques?

Daniel Dancause, conseiller principal spécialisé en mesure d’urgence chez Prudent Groupe Conseil, croit que la Ville de Québec doit faire un examen de conscience et qu’elle doit revoir sa stratégie de communication en situation d’urgence.

Il semble qu’on aille pris une voie plus facile avec les réseaux sociaux, alors que de toute évidence, c’est une bonne façon, mais ce n’est pas efficace.

Une citation de Daniel Dancause, conseiller principal spécialisé en mesure d’urgence chez Prudent Groupe Conseil
Un policier à genoux prend une photo d'indice dans une rue de Québec.

Un homme vêtu d'un costume médiéval a tué deux personnes et en a blessé cinq autres lors d'une série d'agressions à l'arme blanche survenues samedi soir, dans le Vieux-Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roussel

Des villes ont des systèmes d’alertes locales pour informer les citoyens lorsqu’elles doivent communiquer des informations importantes, que ce soit concernant des vents violents, une canicule, ou un tireur actif. La Ville a d’ailleurs déjà eu un moyen de communication en place, précise M. Dancause.

La municipalité pourrait notamment envoyer des messages textes interactifs à la population, des messages vocaux et des courriels. Il s’agit d’une stratégie qui peut être mise en place rapidement, ajoute l’expert.

Pour ce qui est de Québec En Alerte, Daniel Dancause y décèle de la confusion parmi les autorités. Je pense que l'on comprend mal ce qu’est Québec En Alerte [...] c’est une méconnaissance des différents partenaires.

C’est difficile de comprendre que Québec ne soit pas plus équipée considérant le contexte politique, souligne-t-il, précisant que la capitale est le siège du parlement, en plus d’être un lieu touristique prisé.

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