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Analyse

La croisade du maire Labeaume pour un débat national sur la santé mentale

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, en conférence de presse

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Que le maire de Québec demande un débat national sur la question de la santé mentale n'est pas une surprise, c'est plutôt une suite logique.

Depuis son arrivée à la tête de l'hôtel de ville de Québec, Régis Labeaume adémontré une sensibilité pour les plus vulnérables. Sa feuille de route en témoigne.

Il a mobilisé la classe politique et la communauté d'affaires de Québec pour assurer un meilleur financement d'organismes en parrainant le bal du maire. Quelques centaines de milliers de dollars sont recueillis chaque année pour les jeunes en détresse psychologique.

Au fil des ans, il a eu un engagement indéfectible pour l'organisme PECH, programme d'encadrement clinique et d'hébergement. Il a travaillé en coulisse pour que le projet de logements abordables Sherpa voit le jour. Cet endroit permet aujourd'hui à des personnes dans le besoin d'avoir accès à un logement et à des ressources d'aide sous le même toit. Un projet d'expansion est même dans les cartons.

Il a contribué à la mise en place d'une solution adaptée pour les personnes atteintes de troubles de santé mentale qui avaient maille à partir avec la justice. Finie, la prison, pour des amendes municipales impayées.

Il a aussi bonifié les budgets d'organismes voués à la cause pour assurer leur pérennité par exemple, Lauberivière, le projet L.U.N.E., PECH (encore lui) et SQUAT Basse-ville.

Des gestes moins controversés, moins spectaculaires, qui ont souvent connu moins de retentissement sur la place publique.

Jusqu'aux tristes événements de la fin de semaine, Régis Labeaume dit ne pas avoir eu l'impression d'avoir été entendu des gouvernements pour qu'on s'intéresse à cet enjeu dans les municipalités.

La tuerie de la fin de semaine lui a permis de relancer le débat à plus grande échelle.

Pourquoi tout le monde a l'impression que le phénomène a beaucoup plus d'ampleur qu'il y a 10 ans ou 20 ans? Pourquoi tout le monde a l'impression que les jeunes ont plus de problèmes avec leur santé mentale? Si tout le monde pense cela, pourquoi ne pas en parler franchement et en toute transparence?

Une citation de :Régis Labeaume, maire de Québec

Depuis longtemps, le maire de Québec est convaincu que toutes ces actions qu'il pose contribuent à assurer une certaine sécurité dans la ville. Une déclaration qui lui a attiré quelques critiques.

Certains lui reprochent de faire un amalgame dangereux, celui d'associer santé mentale et violence.

Le maire n'en est pas à ses premières déclarations sur le sujet. Il pèse ses mots.

Le maire Labeaume, la tête bessée et les yeux fermés, devant les chandelles et les fleurs.

Le maire Labeaume s'est recueilli lors de la vigile à la mémoire Suzanne Clermont.

Photo : Radio-Canada

Appuis

Cette préoccupation d'assurer un environnement sécuritaire dans les villes, ce n'est pas unique à la Ville de Québec. Dans les heures qui ont suivi la tuerie samedi, la mairesse de Montréal et le maire de Gatineau ont tous deux confirmé sur nos ondes que la santé mentale est un véritable enjeu dans leurs villes.

D'ailleurs, depuis un an, la santé mentale figure dans la liste des priorités de l'Union des municipalités du Québec. L'union entend interpeller la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, sur cet enjeu lors des audiences sur la réorganisation des forces policières qui doivent avoir lieu plus tard ce mois-ci. Les corps policiers doivent de plus en plus intervenir auprès de personnes atteinte de troubles de santé mentale.

Un peu plus loin de chez nous, à Toronto, le maire milite depuis des années pour qu'Ottawa aide les villes à faire face aux problèmes de santé mentale. John Tory n'hésite pas à parler d'une crise. À Vancouver, ce sont les opioïdes qui forcent la remise en question.

Partout au pays, la santé mentale est étroitement liée à d'autres enjeux comme le logement abordable, l'itinérance, l'intervention policière et la toxicomanie.

Consultations publiques?

Le maire de Québec est catégorique :l'investissement de 100 millions de dollars en santé mentale annoncé par le ministre délégué à la santé en début de semaine ne doit pas étouffer le dialogue qui pointe.

Régis Labeaume a déjà transmis au gouvernement ce qu'il souhaite comme intervention pour assurer que le débat se fasse, sans donner de détails. C'est à eux de décider, a-t-il dit lundi lors de sa conférence de presse. Je n'ai pas eu de réponse, a-t-il confirmé, « mais j'ai senti de l'intérêt de la part du premier ministre Legault.

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