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Des experts dénoncent le plan de déconfinement du gouvernement Ford

Doug Ford retire son masque pour un point de presse.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford (archives)

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Alors que les bars, les restaurants et les gyms doivent rouvrir dans les zones chaudes en Ontario d'ici le 14 novembre, des experts préviennent que la barre fixée par la province pour tout reconfinement, soit 10 % de tests de dépistage positifs, est beaucoup trop élevée.

Le premier ministre Doug Ford a annoncé mardi que les restrictions imposées dans les régions de Peel, de York et d'Ottawa seraient levées à compter du 7 novembre. Ces secteurs passeront alors en zone orange.

Pour Toronto, le changement doit avoir lieu une semaine plus tard.

Les bars, les salles à manger des restaurants et les salles d'entraînement, notamment, pourront ainsi rouvrir leurs portes, mais avec des mesures strictes de prévention des infections.

La province a aussi indiqué qu'il n'y aurait pas de reconfinement (zone rouge) avant que le pourcentage des tests dépistage qui sont positifs ne dépasse 9,9 %. Les autorités évalueraient également des critères comme la capacité des hôpitaux et le traçage.

En octobre, le médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr David Williams, avait pourtant affirmé qu'il était inquiétant de voir que le taux de positivité dans la province était de près de 3 %. En date du 4 novembre, le pourcentage de tests positifs dans la province est de 3,7 %.

Le Dr Zain Chagla, spécialiste des maladies infectieuses à l'Hôpital St. Joseph de Hamilton et professeur à l'Université McMaster, soutient que le gouvernement Ford a fixé la barre beaucoup trop haut pour l'imposition de restrictions à l'avenir.

Les choses se déchaînent à ce stade [si le taux de positivité atteint 10 %].

Le Dr Zain Chagla, professeur à l'Université McMaster

Le Dr Isaac Bogoch, de l'Hôpital général de Toronto, se réjouit de voir que la province a établi publiquement des critères clairs pour le confinement.

Mais il affirme lui aussi qu'un taux de positivité de 10 % à Toronto, par exemple, serait « très problématique ».

J'aurais espéré qu'il y ait une intervention [gouvernementale] avant d'en arriver là, ajoute-t-il. Le Dr Bogoch espère que la province ajustera ses critères.

L'épidémiologiste Colin Furness pense que les nouveaux critères et le déconfinement annoncé par le gouvernement Ford dans les zones chaudes sont un pas dans la mauvaise direction.

Le premier ministre souhaite vraiment que les commerces soient ouverts et il veut que les choses soient terribles avant de les fermer à nouveau, lance-t-il.

Oubliez le rouge, il faudra passer directement au gris [le niveau d'alerte le plus élevé] et tout confiner [si le taux de positivité atteint 10 %]. Il faudra fermer bien plus que les restaurants à ce moment-là.

Colin Furness, professeur à l'Université de Toronto

Le Dr Michael Warner, directeur médical des soins intensifs à l'Hôpital Michael Garron, à Toronto, s'inquiète lui aussi.

Il appréhende que les zones chaudes comme Toronto se retrouvent coincées dans un cycle d'augmentation « exponentielle » des cas de COVID-19.

Doug Ford défend son plan

En point de presse mercredi, le premier ministre a encore une fois affirmé que l'Ontario a un bon plan.

Selon M. Ford, c'est une question d'équilibre entre les mesures de prévention de la propagation du virus et la reprise de l’économie. Nous resserrons d'un côté et donnons un peu plus de flexibilité de l'autre, lance-t-il.

Toutefois, Doug Ford n'a pas voulu s'engager à revoir le taux de positivité à la baisse.

Avec les informations de CBC News

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