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Un jeune résident de la Résidence Prescott et Russell raconte son confinement

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Un jeune résident dresse un portrait sombre du confinement à la Résidence Prescott et Russell.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À tout juste 37 ans, avec une douleur constante et à la merci du système de soins de longue durée de l'Ontario, Carlin Pethke souffre des traitements trop souvent vécus par les résidents âgés. La différence est que M. Pethke est jeune et que toutes ses facultés mentales sont intactes.

Je suis venu dans un endroit comme celui-ci pour permettre à ma famille d'avoir un peu de répit, a déclaré M. Pethke, qui souffre d'une forme agressive de sclérose en plaques. Ma famille est à la maison, au bord des larmes.

M. Pethke vit à la Résidence Prescott et Russell à Hawkesbury et se décrit comme les yeux et les oreilles du foyer de soins de longue durée, aux prises avec une épidémie de COVID-19 depuis le 9 octobre.

Le 4 novembre, un total de 83 résidents et 57 membres du personnel de la résidence avaient été déclarés positifs au coronavirus. On y déplore 10 morts.

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Carlin Pethke pense que permettre aux membres de la famille d'entrer dans la résidence municipale de Prescott et Russell à Hawkesbury profiterait à la fois aux résidents et soulagerait le personnel pendant l'épidémie de COVID-19.

Photo : Gracieuseté : famille Pethke

Alors que la résidence a du mal à contenir l'épidémie, M. Pethke, qui n'a pas contracté le virus, veut que le public sache ce que le manque de personnel et le manque de soutien familial signifient pour ses soins et ceux des autres résidents.

Au lit toute la journée et toute la nuit

Alors que plusieurs cas sont maintenant rétablis, le virus a eu un impact dévastateur sur la disponibilité du personnel au foyer. Une équipe de la Croix-Rouge canadienne a été déployée sur place le 23 octobre. Les ambulanciers paramédicaux locaux ont également prêté main-forte pour aider le personnel infirmier.

Mais le père de Carlin, Rainer Pethke, a déclaré qu'il y avait une pénurie de personnel avant même la pandémie et que l'épidémie est à l'origine de nouvelles tensions.

« La situation du personnel, du point de vue des résidents, n'est pas sous contrôle. Mon fils ne peut pas être sorti du lit aujourd'hui parce qu'il n'y a pas de personnel adéquat. »

— Une citation de  Rainer Pethke, père de Carlin

Le père et le fils Pethke soulignent que plusieurs résidents ont souvent dû rester au lit toute la journée et toute la nuit.

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Message écrit sur les vitres de la résidence Prescott et Russell à Hawkesbury.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Carlin Pethke a indiqué ne pas avoir pris de vrai bain depuis environ un mois, et que la lessive et le nettoyage sont moins fréquents depuis le début du confinement. Dans certains cas, les résidents portent des blouses d'hôpital parce qu'ils n'ont pas de vêtements propres.

Alexandre Gorman, l'administrateur de la Résidence Prescott et Russell reconnaît tous ces problèmes, mais dit que les soins de base sont la priorité du personnel en ce moment.

Sans physio, beaucoup de douleur

Mais c'est le manque de physiothérapie qui cause le plus de détresse à Carlin Pethke. Il ne peut pas bouger ses jambes et a besoin de quelqu'un pour les plier régulièrement, mais son physiothérapeute n'est pas autorisé à entrer.

Il mentionne avoir demandé aux ambulanciers et aux infirmières de l'aider, mais personne ne le fait.

Si vous ne bougez pas vos articulations pendant des jours, vous sentirez une douleur atroce, et c'est ce qui lui est arrivé, a déclaré Rainer Pethke.

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L'administrateur de la Résidence Prescott et Russell, Alexandre Gorman.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Alexandre Gorman a confirmé que le physiothérapeute ne pouvait pas entrer pendant l'épidémie.

Notre personnel est en mesure d'évaluer s'il y a un besoin fondamental, mais rien n'a montré qu'un ou plusieurs de nos résidents souffraient de douleurs, je peux vous l'assurer, a déclaré M. Gorman.

Soutien familial non autorisé

Malgré une directive provinciale plus tôt cet automne autorisant les aidants naturels à entrer dans les foyers de soins de longue durée de l'Ontario, aucun membre de la famille n'a été admis dans l'établissement de Hawkesbury.

Les aidants naturels auront besoin de cours spécialisés avant d'être autorisés à entrer. Mais en raison de la pandémie, ces formations n'ont pas encore commencé, et M. Gorman a déclaré qu'il y avait également des préoccupations concernant des enjeux de responsabilité.

La famille Pethke a accepté de signer des exonérations de responsabilité, mais ils n'ont pas été autorisés à aider Carlin et ne peuvent rester en contact que par téléphone.

Les voir en personne me remonterait le moral, et le leur aussi... en plus, ils pourraient m'aider un peu et alléger la charge de travail des infirmières et des aides-soignants, a déclaré Carlin Pethke.

Le porte-parole du ministère des Soins de longue durée, Mark Nesbitt, a déclaré que si un visiteur ou un résident a un commentaire concernant la façon dont un foyer gère son personnel, ses visites ou ses communications, il peut déposer une plainte officielle auprès du ministère.

Mais Rainer Pethke a déclaré que le fait de porter plainte et d' informer les autorités n'aidait pas la situation de son fils.

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Carlin Pethke n'a pas eu de visiteur depuis qu'une épidémie de COVID-19 a été déclarée à la Résidence Prescott et Russell depuis le 9 octobre.

Photo : Gracieuseté : famille Pethke

Depuis qu'il y a emménagé l'année dernière, Carlin Pethke s'est heurté à la direction de la résidence, entraînant des plaintes officielles auprès des autorités locales et provinciales et des inspecteurs. Dans un cas, la résidence Prescott et Russell a été trouvée en violation des règles provinciales.

C'est un esprit jeune et vif piégé dans un corps qui ne fonctionne pas, a déclaré son père. Il souffre et il voit les choses qui se passent, et les choses qui ne vont pas et il veut aider à les améliorer.

Avec les informations de Julie Ireton

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