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Analyse

Divisions et incertitudes

Après des heures de dépouillement de bulletins de vote, l’identité du prochain président américain n’est toujours pas connue. Mais une chose est certaine, il héritera d’un pays profondément divisé.

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Le président des États-Unis et candidat républicain Donald Trump a soutenu avoir gagné l'élection présidentielle de 2020.

Photo : Reuters / CARLOS BARRIA

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Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Si nous gagnons la Floride, la partie est terminée. » Quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote, Joe Biden s’était permis ce commentaire enthousiaste.

Le scénario a été tout autre. Le président Trump a remporté son État de résidence en augmentant même sa marge de victoire par rapport à 2016, notamment grâce à des percées dans la région de Miami.

L’espoir de vague entretenu par le camp démocrate s’est ensuite rapidement effondré, tant pour la Maison-Blanche que pour le Sénat.

Malgré d’importants changements démographiques et un vote par anticipation record, les républicains ont conservé leur avantage dans des États comme la Caroline du Nord et le Texas. Le sort de la Georgie semble encore incertain, quoique là aussi, les républicains sont favorisés par les résultats rendus publics mardi soir.

Seule exception au tableau, l’Arizona, où les démocrates étaient en bonne posture mercredi matin pour la Maison-Blanche et le Sénat.

Finalement, comme il y a quatre ans, les regards se sont tournés tard en soirée vers le nord du pays : le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie, ces États qui avaient assuré une première victoire à Donald Trump en 2016.

Dans ces États où il était en avance au cours de la nuit, il faudra être patient avant d’avoir le portrait complet de l’impact du vote par anticipation. Des bulletins provenant notamment de certaines grandes régions urbaines doivent encore être dépouillés.

L’incertitude n’a pas empêché Joe Biden de se dire convaincu de l’emporter une fois tous les votes comptés. Donald Trump a rapidement répliqué en accusant les démocrates de tenter de voler l’élection.

Nous irons à la Cour suprême. Nous voulons que le vote s'arrête, a lancé le président, déclarant sa victoire depuis la Maison-Blanche dans la nuit de mardi à mercredi, avant que tous les résultats ne soient connus.

Au-delà du lent dépouillement des voix, des batailles judiciaires sont donc envisageables. Un scénario qui a certainement le potentiel d’alimenter les tensions et les divisions partisanes.

Peu importe quand se terminera cette lutte du Midwest et qui de Donald Trump ou Joe Biden en sortira gagnant, le président assermenté en janvier prochain héritera donc d’un pays toujours profondément polarisé.

Une base toujours solide

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Le candidat démocrate, Joe Biden, a prononcé un discours à Philadelphie. Il a soutenu être en bonne voie de l'emporter.

Photo : Reuters / MIKE SEGAR

Ce que montrent par ailleurs certains résultats (au moins ceux qui sont connus), c’est que le phénomène Trump n’était pas passager et propre à l’élection de 2016.

Malgré toutes les controverses qui ont marqué son premier mandat, le président dispose toujours d’un socle électoral très solide.

Il suffit de jeter un coup d’œil aux résultats de certains comtés pour le constater.

Un exemple : le comté de Sumter, en Floride, qui abrite The Villages, une immense communauté de retraités. Lors d’un passage sur place plus tôt dans la campagne, les démocrates locaux m’ont affirmé être convaincus de gruger quelques appuis à Donald Trump, notamment auprès d’électeurs âgés insatisfaits de sa gestion de la pandémie de COVID-19.

En 2016, Donald Trump avait obtenu 68,8 % dans le comté. Cette année, 67,8 % des électeurs l’ont de nouveau appuyé.

Autre exemple : le comté de Luzerne, en Pennsylvanie. Cet endroit a appuyé à deux reprises Barack Obama avant de se ranger derrière Donald Trump en 2016. En début de campagne, le président local du Parti républicain m’avait assuré qu’on assistait à un changement culturel au sein de l’électorat de la région, surtout formé de cols bleus.

Il y a quatre ans, Donald Trump y avait recueilli 58 % d’appuis. Cette nuit, en fonction des résultats disponibles, cet appui avait même augmenté.

D’un autre côté, le président n’a pas non plus élargi ses gains électoraux en remportant des États démocrates. Le Minnesota, qui était par exemple dans la ligne de mire du camp Trump, est demeuré dans la colonne démocrate avec une avance plus importante qu’il y a quatre ans.

L’élection, qui a été présentée comme un référendum sur le président Trump, a donc encouragé tant ses détracteurs que ses défenseurs à participer massivement au processus électoral.

Autant d’Américains qui retiendront leur souffle au cours des prochains jours, en attendant d’avoir un portrait plus clair de l’issue de cette nuit électorale qui s’éternise.

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