•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le CISSS de l’Outaouais force des infirmières à travailler à temps plein

Le CISSS de l’Outaouais dit que l'arrêté ministériel est en application et que la mesure entrera en vigueur jeudi.

Quatre infirmières dans un corridor d'hôpital.

Les infirmières des hôpitaux de Hull et de Gatineau devront travailler à temps plein.

Photo : iStock

La situation est telle dans les hôpitaux de Gatineau et de Hull en raison de la COVID-19 et du manque de personnel que l’employeur exige que les infirmières travaillent à temps complet.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais a organisé un point de presse virtuel mercredi pour expliquer sa décision d'avoir recours au levier de rehaussement de postes à temps complet de l'arrêté ministériel.

Cet arrêté adopté au mois de mars permet aux gestionnaires du CISSS d’annuler des vacances et de forcer des employés à temps partiel à travailler à temps complet, contre leur volonté.

Les infirmières, infirmières auxiliaires et les préposées aux bénéficiaires (PAB) qui travaillent en centre hospitalier à Hull et Gatineau sont visés par cette mesure.

On a laissé jusqu'à dimanche [1er octobre] pour voir si, sur base volontaire, on ne pourrait pas réunir un bassin qui serait en mesure de répondre à nos besoins. On a constaté que ça a été très difficile et que ce n’était pas très populaire. On doit maintenant l’envisager sur base non volontaire.

Robert Giard, directeur par intérim des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CISSS de l'Outaouais

Selon M. Giard, les gestionnaires ont rencontré mercredi les employés pour déterminer la meilleure façon de changer leur charge de travail.

Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on applique les arrêtés ministériels quand il faut le faire. Si on ne l’applique pas, on ne sera pas en mesure de répondre à nos besoins, a-t-il expliqué.

Selon lui, les gestionnaires tentent, dans la mesure du possible, de trouver des arrangements qui vont convenir aux travailleurs.

Selon le CISSS de l'Outaouais, si le levier de l'arrêté doit être utilisé c'est, entre autres, parce que les autorités de la santé ont dû limiter les déplacements de personnel entre les institutions pour limiter la propagation de la COVID-19.

La deuxième vague vient dire que ce sont nos centres hospitaliers qui sont impactés et particulièrement à Hull et Gatineau, a souligné M. Giard. Ce qu'on constate aussi, c'est que cette stabilisation du personnel vient limiter nos capacités en termes de main d'œuvre. Il y a une pénurie de main d'œuvre qui est là et en plus de ça, on a une stabilité qui fait qu'on a moins de marge de manœuvre en terme de disponibilité de nos ressources.

Pour sa part, Josée Filion, PDG du CISSS de l’Outaouais indique que des sanctions n’ont pas encore été déterminées. Je suis convaincue qu’avec la solidarité, on n’aura pas à se rendre là, a-t-elle mentionné.

Elle dément le fait que des amendes allant de 1000 à 6000 dollars pourraient être remises aux employés récalcitrants.

Selon M. Giard, dans l’ensemble du CISSS de l’Outaouais, 40 % des infirmières travaillent à temps partiel et environ 60 % des infirmières auxiliaires choisissent aussi cette charge de travail.

Patrick Guay à l'extérieur.

Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO).

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Ça n'a juste pas d'allure

Peut-être que l’employeur va les bouger, les déplacer vers d’autres milieux de travail [afin de compléter leurs heures], a mentionné le président du Syndicat des professionnelles en soin de l'Outaouais, Patrick Guay.. Ça n’a juste pas d’allure.

J’ai quatre membres qui ont clairement indiqué qu’elles démissionneraient.

Patrick Guay, président du SPSO

Le syndicat estime que plusieurs de ces employées ne peuvent se permettre un horaire à temps plein. Ce n’est pas vrai que lorsqu’on impose du temps supplémentaire obligatoire à coup de deux ou trois fois par semaine qu’on est reposés.

Les infirmières sont épuisées, a déploré M. Guay. Depuis cet été, elles ont été obligées à travailler à moins deux, parfois moins quatre employées.

En obligeant nos professionnelles en soin à faire du temps complet, ça ne va pas diminuer la charge de travail.

Patrick Guay, président du SPSO

Les PAB seront aussi touchés par l’arrêté ministériel. Josée McMillan, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais (STTSSSO-CSN) trouve la situation très frustrante et s’attend à voir plusieurs démissions au sein de ses membres.

Le syndicat représente PAB et des employés de plusieurs autres secteurs.

Il y a des membres qui vont préférer démissionner que de travailler à temps complet au CISSS de l’Outaouais, a soutenu Mme McMillan en entrevue à l’émission Les matins d’ici. On va encore démotiver l'ensemble des PAB et on leur impose quelque chose, donc je pense que la pilule va être difficile à passer.

La vie des PAB va changer complètement, ceux qui sont monoparentaux vont devoir s’organiser et ça va être très difficile et en plus on nous a dit qu’on pourrait changer les PAB de quart de travail, donc quelqu’un qui est habitué de travailler de jour seulement, pourrait se retrouver de soir ou de nuit, a-t-elle conclu.

Le SPSO exige une fois de plus des changements à leurs conditions de travail, avant que le réseau de la santé ne soit détruit.

Dans la région mardi, 33 patients atteints de la COVID-19 sont hospitalisés, un chiffre à la hausse depuis quelques jours. Une trentaine d’employés sont également obligés de s’isoler puisqu’ils ont reçu un diagnostic positif à la maladie.

Face à l'afflux de nouveaux patients et au manque de personnel, le CISSS de l'Outaouais a mis en place vendredi dernier un plan de délestage pour certains services. Cette mesure est en vigueur jusqu'à jeudi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !