•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réouvertures à Ottawa : des entrepreneurs entre soulagement et impatience

 Une table de restaurant vide.

Selon une nouvelle classification de l'Ontario, Ottawa, Peel et York entreront samedi en zone orange. Les gyms, les restaurants, les bars et les cinémas, entre autres, pourront rouvrir avec certaines restrictions.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

Alors que l’Ontario a annoncé la réouverture de certains commerces à Ottawa à compter de samedi, les réactions parmi la communauté d’affaires sont mitigées. Même si l’autorisation de rouvrir est accueillie à bras ouverts, les restrictions imposées donnent peu de marge de manoeuvre pour rattraper les profits perdus.

Selon une nouvelle classification qui ressemble à celle du Québec - mais dont les critères sont différents - Ottawa, Peel et York entreront samedi en zone orange. Les gyms, les restaurants, les bars et les cinémas, entre autres, pourront rouvrir avec certaines restrictions.

Scott Ruffo est propriétaire du bar Brass Monkey. Son pub a été fermé pendant les cinq premiers mois de la pandémie, puis pendant les cinq dernières semaines.

Après avoir fait pression pour la réouverture des commerces, il a qualifié la décision de la province comme d’un bon début. Les restaurants devront notamment fermer à 22 h et limiter à quatre le nombre de personnes par table.

Dans le cas du Brass Monkey, le pub pourra seulement ouvrir à un neuvième de sa capacité. J’aurais aimé que les heures de fermeture soient un peu plus tard, a-t-il laissé tomber. M. Ruffo garde un peu d’espoir : les commerces pourront reprendre du service avant les Fêtes, une période très lucrative.

En janvier et en février, on voit un très gros déclin dans nos ventes. C’est le temps de refaire notre argent, a ajouté le commerçant.

Selon la directrice générale du Réseau des gens d’affaires de la capitale nationale, Lise Sarazin, il ne faut pas s’étonner de voir des commerçants tenter le tout pour le tout pour s’assurer de rester ouverts.

Les entreprises qui ont pu rester partiellement ouvertes ont vu leurs revenus diminuer et leurs coûts grimper, a-t-elle ajouté, tandis que celles qui ont dû fermer ont perdu des profits à tout jamais.

Lise Sarrazin dans un corridor.

Lise Sarrazin est directrice générale du Regroupement des gens d'affaires.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Si on est capable d’aller chercher au moins un peu de revenus en novembre et d’augmenter ces revenus-là en décembre, ça va nous permettre d’avoir un peu plus d’économies pour pouvoir continuer dans la nouvelle année, a estimé Mme Sarazin.

Des économies, il n’en reste plus après tant de mois à ne pas avoir eu de client

Une citation de :Lise Sarazin, directrice générale du Réseau des gens d’affaires de la capitale nationale

Dans un Tweet, le maire d’Ottawa, Jim Watson, a salué la décision mardi.

L’annonce d’aujourd’hui [...] nous donne une voie durable à suivre pour préserver la sécurité des résidents et garder les entreprises ouvertes. Elle nous donne aussi plus de clarté concernant le processus de prise de décision que la province utilisera pour imposer et gérer des restrictions, a-t-il indiqué.

De son côté, la médecin-chef de la Santé publique Ottawa lance un appel à la vigilance. La Dre Vera Etches demande aux citoyens de ne pas baisser leurs gardes.

Je pense que c'est important de continuer d'avoir une approche avec un équilibre entre les mesures pour contrôler le virus et aussi les mesures importantes pour notre santé : les défis avec l'emploi et notre santé mentale sont vraiment significatifs, a mentionné en entrevue Dre Vera Etches, médecin en chef de Santé publique Ottawa (SPO).

Elle rappelle que le passage en zone orange ne signifie pas à un retour à la normale et que les règles sont plus strictes que l'été dernier.

C’est vraiment important pour la population de comprendre que ce n’est pas un retour au stade 3, c’est une opportunité d'avoir plus de soutien, de service, mais avec des précautions. C’est vraiment important que toute la population fasse leur part, explique-t-elle.

Avec des débuts de stade 3, c’était un peu un message où la population [a compris] que c'est correct d’avoir plus de contact, mais non, pas maintenant. On doit continuer de limiter nos contacts étroits, d'utiliser le masque et avec ces mesures, ça sera possible d’ouvrir des entreprises, précise la Dre Etches.

Inquiétude et frustration en Outaouais

Malgré les réouvertures en Ontario, Gatineau et la MRC des Collines-de-l'Outaouais restent en zone rouge, a rappelé le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais. Selon les mesures associées à ce niveau d’alerte, les déplacements non essentiels vers des zones vertes, jaunes, orange et hors Québec ne sont pas recommandés.

Sur Twitter, le ministre responsable de l’Outaouais Mathieu Lacombe a indiqué que des recommandations de santé publique seront formulées dans les prochains jours.

Il ne faut pas que la décision de l’Ontario d’ouvrir les bars et les restaurants ait d’impacts en Outaouais, malgré la frontière. La Direction de la santé publique se penche donc actuellement sur la situation et nous fera des recommandations dans les prochains jours, a-t-il écrit.

Quant aux entreprises de l’Outaouais, Lise Sarazin soulève une frustration. La semaine dernière, l’Ontario a dévoilé des statistiques qui indiquent que de toutes les éclosions enregistrées à Ottawa, 2 % s’étaient produites dans les restaurants et 5 % dans les gyms (Nouvelle fenêtre).

Ça apporte des questions autant à la population entrepreneuriale qu’aux citoyens : d’où viennent ces cas? Est-ce que ces cas viennent de maisons de retraite? Est-ce que ces cas viennent d’hôpitaux, d’écoles, ou ils viennent de l’entrepreneuriat? Si ces cas-là ne viennent pas de l’entrepreneuriat, laissez les entreprises ouvrir leurs portes, a martelé Mme Sarazin, qui croit que le Québec doit publier des statistiques semblables.

Avec les informations de Nafi Alibert et Jérôme Bergeron

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !