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Trois regards sur les élections présidentielles américaines

Portraits côte à côte de Joe Biden et Donald Trump.

Les candidats Joe Biden et Donald Trump.

Photo : afp via getty images / Jim Watson

Sandra Poirier

Alors que le monde se tourne vers les États-Unis où des millions d'Américains attendront ce soir de savoir qui, de Donald Trump ou de Joe Biden, sera assermenté président le 20 janvier prochain, ICI Manitoba a discuté des élections avec une Américaine établie au Manitoba, un ancien professeur d’université du Dakota du Nord et un chercheur à l’observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.

Karen Loeb vit au Manitoba depuis 23 ans. Elle a suivi de près la campagne électorale et estime que la population américaine est fatiguée après les quatre ans du mandat de Donald Trump, qui cherche à se faire reconduire pour un autre mandat.

Le président actuel est un cas extrême, on n’a jamais vu quelqu’un comme ça. On met en doute ses compétences de façon quotidienne. Il a des propos haineux, il est misogyne, il refuse de dénoncer des groupes néonazis. C’est du jamais vu!, dit-elle.

Les proches de l’Américano-Manitobaine, qui vivent à New York et à San Francisco, lui ont dit que c’est le grand bordel dans le pays, ajoute-t-elle.

Professeur de français à la retraite à l'Université du Dakota du Nord, l'Américain Virgil Benoît, qui est septuagénaire, est attristé par les divisions dans son pays. Il y a des gens qui ne veulent pas donner aux autres, la question d'égalité et d’équité est très, très, très difficile dans tous les pays du monde. Et c’est accentué ici par la rhétorique, affirme-t-il avant de préciser qu’il entrevoit un avenir meilleur grâce à l’éducation.

Il va falloir enseigner les aspects du rôle civil du citoyen encore plus qu’avant, parce qu’il y a des gens qui ne savent pas comment fonctionne un gouvernement, mentionne-t-il.

On ne veut pas dire : "Il faut que ce soit démocrate, il faut que ce soit républicain." Il faut tout simplement que cela soit humain.

Virgil Benoît, professeur de français à la retraite de l'Université du Dakota du Nord

Virgil Benoit est un partisan démocrate. Il croit que les États-Unis seront dans un meilleur état si Joe Biden accède au pouvoir, puisqu’il gouvernera le pays avec tous les départements étatiques.

Joe Biden a de l’empathie pour les autres, dit-il avant d’ajouter que l’une des plus grandes tâches à accomplir sera de ressouder les alliances avec divers pays.

Taux de participation record

La participation de la 59e élection présidentielle des États-Unis s'annonce plus élevée que jamais, comme le démontre la popularité sans précédent du vote par anticipation, selon le chercheur à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, Christophe Cloutier-Roy.

Plus de 100 millions d'Américains ont déjà voté par anticipation, en personne ou par correspondance, pour éviter entre autres des bureaux de vote bondés en pleine pandémie. Cela représente 75 % du nombre d'électeurs total de 2016.

Le scrutin se déroule en pleine épidémie de COVID-19, qui a déjà fait 230 000 morts chez nos voisins du Sud et touche toujours 90 000 personnes par jour.

Le Texas est un des États où la participation atteint des sommets, mentionne Christophe Cloutier-Roy.

Le phénomène est le même du côté du Minnesota. selon Virgil Benoît, qui précise que c’est l’un des États américains où il y a le plus de gens qui votent. Plus de 80 % de la population vote, mais elle parle rarement de politique en dehors des émissions de radio ou à la télévision, dit-il.

On est surpris ce matin de voir un grand nombre de jeunes de moins de 30 ans qui votent. Ils se rendent aux urnes en grand nombre.

Virgil Benoît, professeur de français à la retraite à l'Université du Dakota du Nord

Christophe Cloutier-Roy remarque que le peuple américain est motivé face à cette élection qui prend l'allure d’un référendum sur le premier mandat de Donald Trump.

N’habitant plus aux États-Unis depuis un grand nombre d’années, Karen Loeb ne se prévaut plus de son droit de vote. Elle croit que cette décision ne lui revient pas et que son vote ne changerait pas la donne.

Elle suivra toutefois attentivement le résultat mardi soir et pendant les jours suivants. Dans le cas d’une victoire contestée ou non complète pour l’un des deux camps, la citoyenne américaine s’attend à tout de la part de Donald Trump : C'est un homme imprévisible, tout est possible avec lui.

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