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Se loger dans le Grand Nord coûte toujours trop cher

Des maisons sur pilotis à Iqaluit, au Nunavut.

L'offre de logements dans les territoires du Nord relève davantage des sociétés d'habitation gouvernementales que dans le sud du pays.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Radio-Canada

Le plus récent rapport de la Société canadienne d’hypothèque et de logements (SCHL) sur l’état du logement dans les territoires du Nord confirme les échos des habitants de la région : les logements ne sont pas abordables.

Au banc des accusés trône la rareté des terrains propres à l’habitation, soit parce que le développement est insuffisant ou parce que le relief est inhospitalier. Vient ensuite, selon le rapport (Nouvelle fenêtre), un manque de variété au niveau des types de logements offerts. 

Tableaux montrant les données du rapport.

Bien que les besoins en matière de logement soient importants dans les trois territoires, la situation au Nunavut est plus criante encore selon le rapport annuel de la Société canadienne d'hypothèques et de logement.

Photo : Radio-Canada / source: Société canadienne d'hypothèques et de logement

Le rapport souligne d’entrée de jeu que les gouvernements territoriaux, contrairement à ceux du reste du pays, fournissent une bonne proportion des logements abordables à travers les sociétés d’habitation locales.

La Stratégie nationale sur le logement, annoncée par le gouvernement fédéral en 2017, devait également aider à remédier au manque de logements abordables dans le Nord. Bien que certains projets aient été mis en chantier, les lacunes demeurent importantes, selon la SCHL.

Le rapport a été rédigé par trois auteurs chacun se spécialisant sur l’une des capitales des territoires. Voici les explications de Goodson Mwale (G.M.) pour Whitehorse, Christien Arkikley (C.A.) pour Yellowknife, et Heather Bowyer (H.B.) pour Iqaluit lors d’une entrevue auprès de Radio-Canada.

Quels sont les thèmes communs entre les trois territoires?

G.M.: C’est, certainement, à quel point les défis entourant l’abordabilité continuent d’être une préoccupation du marché du logement dans le Nord. 

H.B.: Dans les trois territoires, ce qui sous-tend la problématique, ce sont les défis du prix élevé des terrains qui empire les problèmes d’abordabilité, ainsi que la pénurie de terrains pour de nouveaux développements, ainsi que la pénurie de main-d'oeuvre.

Un immeuble entouré de neige

Le rapport de la SCHL relève que les changements démographiques à Yellowknife ont augmenté la demande pour les logements locatifs.

Photo : Radio-Canada / Hilary Bird (CBC)

La question de l’abordabilité toutefois n’est pas nouvelle, c’est une préoccupation dont on parle depuis des années, comment expliquer cela?

H.B.: Particulièrement à Iqaluit, alors que la demande augmente et continue d’augmenter dans le territoire, il est difficile d’y répondre, de construire de nouveaux logements, quand il est difficile d’y acheminer des matériaux de construction, quand la disponibilité de terrains est très faible.

C.A: Il est important de noter que quand on parle d’abordabilité, on parle de dépenser 30 % ou moins [de son revenu] sur les frais de logement. Donc tout ce qui est au-dessus [de ce montant] est considéré comme inabordable.

Comment les changements démographiques d’une année à l’autre ont un impact sur la demande?

C.A.: À Yellowknife, par exemple, la démographie des jeunes couples a diminué en 2019. [Ce sont] des gens considérés comme premiers acheteurs, ce qui a un impact sur la demande pour l’accès à la propriété.

G.M.: Le Yukon a la population la plus vieillissante des trois territoires. Donc on voit que les 65 ans et plus augmentent à un rythme plus rapide que les autres catégories d'âge, ce qui soulève un besoin particulier pour la construction de logements pour aînés. Mais en même temps, quand on regarde l'offre de logements locatifs, l’un des principaux facteurs démographiques est les jeunes qui commencent, par exemple, un nouvel emploi. À Whitehorse, on voit cette tranche de population diminuer. L’autre aspect est l’immigration internationale ou la migration interprovinciale, un aspect touché par la pandémie, qui aura un impact ensuite sur le marché locatif.

Des affiches d'agents immobiliers et de candidats électoraux devant une série de maisons.

À Whitehorse, l'offre limitée de logements fait monter les prix du marché immobilier.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Quelles seraient vos recommandations?

H.B. : Une chose qu’on peut dire c’est qu’il existe des défis dans toute l’offre de logements, pas seulement chez un seul groupe d’âge ou un type de logement, il y a des besoins pour plus d’options de tous genres.

G.M. : Notre intention dans le rapport était de démontrer l’état de la situation entourant le logement au Nord, mais également de s’assurer qu’on ne regarde pas seulement le marché immobilier, mais les défis qui existent dans toute l’offre de logements et combien ces défis ont été adressés par la Stratégie nationale du logement.

Les chercheurs soulignent en conclusion qu’il existe un grand manque de données dans les territoires, particulièrement en ce qui a trait aux plus petites collectivités. Le rapport annuel ne se penche que sur la situation dans les capitales. Les experts de la SCHL espèrent ainsi élargir dans l’avenir l’étendue et la portée du rapport annuel.

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