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BAPE sur GNL Québec : un seul mémoire en faveur mardi

Le méthanier brise-glace « Christophe de Margerie » dans le port de Sabetta, en Russie.

Le dossier des méthaniers est revenu sur le tapis lors de la séance de mardi. Sur la photo, le méthanier brise-glace « Christophe de Margerie » dans le port de Sabetta, en Russie.

Photo : Reuters / Olga Maltseva

Un seul mémoire sur la quinzaine déposée mardi après-midi lors des audiences du BAPE sur GNL Québec a été présenté par un participant favorable au projet de construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à La Baie.

Citoyen de Saint-Ludger-de-Milot, Dany Saint-Pierre est d’avis que le gaz naturel présente une option de transition intéressante, particulièrement pour l’industrie du transport. Il estime aussi que la région pourrait devenir un chef de file dans le domaine de la production de gaz naturel liquéfié.

Mis à part Dany Saint-Pierre, tous les autres intervenants aux audiences virtuelles de mardi après-midi ont rejeté le projet, certains avec aplomb. Les impacts environnementaux du projet ont dominé les discussions. Il s'agissait de la seule séance de la journée de mardi. La dernière aura lieu mercredi soir.

La taille des méthaniers inquiète

Le géographe Yves Beaudoin a rappelé que les quelque 400 passages annuels des méthaniers qui navigueraient sur le Saguenay chaque année, si le projet de complexe de GNL Québec voyait le jour, auraient un impact colossal sur les milieux naturels.

Ces navires feraient plus de 300 mètres de long et 50 mètres de large et auraient un tirant d'eau de 12 mètres, a mis en relief Yves Beaudoin, un géographe qui vit tout l’été à Tadoussac.

Le géographe a expliqué que ces bateaux transporteraient l'équivalent de la consommation d'un an en gaz de la ville de Lyon, en France.

Il croit d’ailleurs que ces milieux ne sont pas suffisamment pris en compte et protégés par les gouvernements. Yves Beaudoin a déposé un mémoire cosigné par une biologiste.

Partout dans le monde, les milieux naturels comme le fjord du Saguenay sont préservés, alors que ce n'est pas le cas chez nous , a-t-il déploré, d’emblée, citant en exemple des pays comme l’Autriche et le Costa Rica, qui chérissent leurs environnements respectifs.

L’impact du passage de ces mastodontes des mers représente un enjeu important, a signalé Yves Beaudoin, parce que cette richesse qu’est le fjord du Saguenay est irremplaçable .

Ce serait étonnant avec ce type d’engin-là que le milieu ne soit pas affecté. Quelle sera la dimension de l’impact? Difficile à quantifier. Chose certaine, il va y en avoir un impact, qui ne se chiffre pas juste en termes d’argent, mais aussi en termes de retombées sur le milieu environnemental , a-t-il renchéri, avant de conclure que cette situation est triste à voir .

On espère que ce projet va arrêter rapidement. Du moins, c’est ce qu’on souhaite de tout cœur , a affirmé Yves Beaudoin.

La ZIP sonne l’alarme pour la survie du béluga

Raphaëlle Dancette et Audrey Bédard de l’organisme ZIP Saguenay-Charlevoix sonnent elles aussi l’alarme en ce qui concerne les répercussions anticipées de la hausse du trafic maritime sur le Saint-Laurent et sur le Saguenay.

Actuellement, la population de bélugas de l’estuaire connaît un déclin annuel de 1 % à 1,5 % et ce déclin ne considère pas le passage de navires supplémentaires des projets industriels en cours sur les abords du Saguenay, dont fait partie le projet de GNL Québec. Ce déclin pourrait donc être revu à la hausse si ces projets se concrétisent , a déclaré Raphaëlle Dancette.

Sa collègue a signifié aux commissaires du BAPE que le béluga est cher aux Québécois.

Le béluga est une espèce charismatique, facilement aimée du grand public, et a d’ailleurs été suggérée comme emblème animal pour le Québec, en plus d’être une espèce parapluie pour d’autres espèces , a résumé Audrey Bédard.

Les représentantes de ZIP Saguenay-Charlevoix ont aussi dénoncé le retrait d’une portion du Saguenay de la liste des aires protégées projetées du ministère de l’Environnement du Québec pour des raisons économiques.

Non!

Marion Toucas de l’organisme saguenéen Eureko! a joint sa voix aux intervenants qui l’ont précédée pour clamer haut et fort que la population ne tolère plus la dégradation de son milieu de vie.

La venue de GNL est inacceptable d’un point de vue écologique, social et culturel. Ce n’est plus à démontrer , a-t-elle exprimé.

Elle a aussi abordé l’impact ravageur de ce projet dans les relations sociales des Saguenéens et des Jeannois.

Nous observons des clivages importants dans tous les milieux. Des individus et des organisations subissent les contrecoups de leurs opinions par rapport au projet de GNL Québec. C’est aberrant et honnêtement, c’est triste juste d’y penser, que des relations personnelles ou d’affaires soient brisées , se désole Marion Toucas, qui croit que ce n’est qu’un début.

Si ce projet se concrétise, croit Marion Toucas, il viendra annuler au centuple tous les efforts de protection de l’environnement déployés à l’échelle régionale au cours des 40 dernières années. Ceci provoquerait un effet de démotivation environnementale , selon elle.

Sachez que nous sommes impatients d’analyser des projets ambitieux, respectueux de l’environnement, innovants et qui ne remettent pas en cause l’intégrité de nos milieux de vie […]. Nous sommes opposés à ce projet et nous lui disons non !, a tranché Marion Toucas.

L’avocat, activiste et journaliste Dimitri Lascaris, qui est arrivé au second rang dans la course à la chefferie du Parti vert du Canada, est lui aussi venu déclarer son opposition à Énergie Saguenay.

La Planète s’invite au Parlement et le Regroupement des scientifiques ont eux aussi successivement condamné la construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à La Baie. Le projet est évalué à 9 milliards de dollars.

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