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Il y a 20 ans, l’élection présidentielle américaine était minée par l’incertitude

Des manifestants en Floride exigent que leurs votes soient comptés lors de l'élection présidentielle de 2000.

En 2000, les Américains ont dû attendre 36 jours pour savoir quel candidat avait remporté l'élection présidentielle.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 7 novembre 2000, les Américains votaient pour choisir un nouveau président. Or, pour connaître le nouvel occupant de la Maison-Blanche, ils ont dû attendre jusqu’au 12 décembre suivant lorsque le recomptage des très contestés résultats de l’État de Floride a été arrêté, comme le rappellent nos archives.

Une soirée qui annonçait une victoire démocrate à la Maison-Blanche…

Al Gore [le candidat démocrate à la présidence] avait fait campagne toute la nuit en Floride. Un dernier effort qui a rapporté dans cet État où une défaite aurait pratiquement enterré son but de jeunesse de devenir président des États-Unis.

Guy Gendron, au Téléjournal/Le Point, 7 novembre 2000

Durant la journée du 7 novembre 2000, les électeurs américains s’étaient rendus aux urnes pour choisir notamment un successeur au président Bill Clinton.

On annonçait un résultat très serré.

La plupart des sondages publiés deux semaines précédant le jour du vote accordaient une mince avance au candidat républicain George W. Bush.

Mais une enquête d'opinion de la chaîne de télévision NBC donnait pour sa part deux points d’avance à Al Gore.

À 22 heures, le 7 novembre 2000, l’animateur Stéphan Bureau lance le Téléjournal/Le Point.

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Téléjournal/Le Point, 7 novembre 2000

À cette heure-là, comme le rapporte le reportage du correspondant à Washington Guy Gendron, Al Gore a remporté, selon les projections, l’État de la Floride.

Cela voudrait dire que le candidat démocrate a aussi remporté les 25 grands électeurs que la Floride envoie au Collège électoral qui, ultimement, élit le président américain.

Les victoires d’Al Gore en Pennsylvanie et en Californie lui donnent 260 des 538 grands électeurs que compte ce Collège.

Avec l’appui des 25 grands électeurs de la Floride, Al Gore remporterait l’élection présidentielle.

Sauf que plus la soirée progresse, plus les résultats en Floride deviennent incertains.

… provoque une confusion…

Le matin du 8 novembre 2001, c’est le candidat républicain George W. Bush qui mène en Floride… par 1700 votes sur plus de 6 millions de voix exprimées.

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Téléjournal/Le Point, 8 novembre 2000

Un reportage du correspondant à Washington Guy Gendron au Téléjournal/Le Point du 8 novembre 2000 montre clairement que, pendant la nuit, la confusion s’est installée sur le nom de celui avait remporté l’élection présidentielle.

La marge que possède George W. Bush est trop minuscule pour confirmer la victoire du républicain.

Vers quatre heures du matin, Al Gore, qui allait donner son discours de concession de la victoire à George W. Bush, se ravise.

Cette décision est liée au fait que les autorités de Floride attendent des milliers de bulletins de vote expédiés par la poste.

Ce n’est que le 10 novembre, au plus tôt croit-on, qu’on pourrait connaître les résultats définitifs de l’élection en Floride.

C’était une évaluation très optimiste.

… alimentée par les recomptages et les manœuvres politiques

Ce serait plus injuste et moins précis.

James Baker, porte-parole républicain, 11 novembre 2000

Trois jours plus tard, un troisième dépouillement, manuel cette fois-ci, des votes est en train d’être réalisé dans le comté floridien de Palm Beach.

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Téléjournal/Le Point, 11 novembre 2000

Comme le constate le correspondant à Washington Guy Gendron dans un reportage présenté au Téléjournal/Le Point du 11 novembre 2000, le Parti républicain manœuvre pour empêcher ce recomptage qui pourrait favoriser Al Gore.

Une injonction est demandée par l’équipe de George W. Bush pour que le recomptage cesse.

Le porte-parole républicain, James Baker, invoque qu’un vote manuel est injuste, moins précis et peut provoquer des tentatives de manipulation.

La situation est un peu ironique. Dans deux autres comtés de Floride, des recomptages manuels qui favorisaient le candidat républicain ont déjà eu lieu.

Et, rappelle Guy Gendron, George W. Bush a, du temps qu’il était gouverneur du Texas, signé une loi qui déclarait que devait se faire un recomptage manuel en cas d’élections contestées dans l’État.

L’impasse électorale en Floride, constate le correspondant à Washington, est en train de détériorer le climat politique aux États-Unis.

Ce n’est que le 12 décembre que la Cour suprême des États-Unis – par une décision de cinq contre quatre juges – arrête le recomptage des votes en Floride.

George W. Bush remporte alors la Floride par 537 votes.

Il n’est pas surprenant dans ce contexte que lors de son investiture comme président des États-Unis le 20 janvier 2001, le cortège de George W. Bush soit hué par des partisans démocrates qui l’accusent d’avoir volé la Maison-Blanche.

Le nouveau président doit même ce jour-là se réfugier dans une zone de haute sécurité pour éviter les quolibets et les projectiles de la foule.

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