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COVID-19 : l'Ontario rouvrira bars, restos et gyms dans ses zones chaudes

Une femme devant des étagères pleines de bouteilles d'alcool.

Victoria Colombe remplit un verre au bar-restaurant Door Fifty Five pendant la pandémie de COVID-19 dans le quartier de Port Credit, à Mississauga, en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Les bars, les restaurants et les gyms pourront rouvrir à l'intérieur avec des mesures strictes, dès le 7 novembre dans les zones chaudes d'Ottawa, de York et de Peel, et à Toronto dès le 14 novembre.

Les mesures qui touchent Toronto entreront en vigueur une semaine après celles des autres zones chaudes concernées, à la demande du maire de la ville, John Tory.

Ce relâchement des mesures sanitaires est annoncé alors que l'Ontario rapporte aujourd'hui son nombre le plus élevé d'infections quotidiennes de nouveau coronavirus.

Du vert au rouge

Le premier ministre Doug Ford a également annoncé mardi une nouvelle classification des régions sanitaires. Cette dernière ressemble à celle du Québec, avec des zones vertes, jaunes, oranges et rouges. Toutefois, les critères sont différents. Jusqu'ici, le premier ministre ontarien écartait pourtant les paliers d'alerte par couleurs, disant qu'ils causaient beaucoup de confusion .

Les zones oranges seront Toronto, Peel, Ottawa, York et l'Est ontarien. Les jaunes seront le comté de Brant, Hamilton, Durham et Halton. Toutes les autres régions de l'Ontario se retrouveront en zone verte.

En zone orange, les bars, les restaurants et les gyms pourront rouvrir à l'intérieur, avec un maximum de 50 personnes à la fois. La vente d'alcool devra se terminer à 21 h, et le nombre de personnes par table sera limité à quatre. Dans les gyms, le couvre-visage sera obligatoire, sauf au moment de l’exercice. Le karaoké sera autorisé, mais les bars de danseuses resteront fermés.

Le nombre de personnes autorisées pour les rassemblements à la maison demeure de 10 à l'intérieur et de 25 à l'extérieur. Par contre, les événements publics organisés pourront accueillir jusqu'à 50 personnes à l'intérieur et jusqu'à 100 à l'extérieur.

Aucune région de l'Ontario en zone rouge

Au stade rouge, les bars et les restaurants demeurent ouverts à l'intérieur, mais ne peuvent accueillir plus de 10 clients. Les gyms restent ouverts, avec un maximum de 10 personnes à l'intérieur et de 25 à l'extérieur. Le nombre de personnes autorisées pour tous les rassemblements, publics ou privés, est de 10 personnes à l'intérieur et de 25 à l'extérieur. Les cinémas et les salles de spectacles sont fermés.

La couleur des régions pourrait changer d'ici ou après le 7 novembre en fonction de l'évolution des cas de COVID-19. La décision finale revient à la province, mais les autorités locales de santé publique peuvent en tout temps ajouter des restrictions.

Outre les couleurs, les nouvelles classifications auront des noms : Prévenir (vert), Protéger (jaune), Restreindre (orange), Contrôler (rouge) et Confinement (gris).

L'Ontario se fixe aussi un nouvel objectif de 100 000 tests par jour d'ici décembre. Avec moins de 25 300 tests de dépistage effectués au cours des dernières 24 heures, toutefois, elle est bien loin de sa cible actuelle de 50 000 tests par jour.

La province a par ailleurs rendu publics les critères qui pourraient mener les différentes régions à basculer d’une catégorie à une autre.

La propagation du virus dans la communauté, le nombre de cas dépistés, la capacité des hôpitaux et la capacité de traçage des contacts sont les critères qui vont influencer la décision de la province.

Le maire de Toronto satisfait

John Tory a quant à lui souligné que le nouveau système de couleurs présente un chemin qui peut donner aux commerces les moyens d’ouvrir leurs portes de manière sécuritaire.

Il ajoute avoir toujours souhaité que les restaurants et les gyms ouvrent leurs portes de manière sécuritaire et s’estime heureux d’avoir reçu une période de grâce d’une semaine de la part de la province.

Il affirme avoir écouté les experts de la santé publique afin de s’assurer que Toronto ne fasse pas face à une croissance exponentielle du virus dans la communauté.

Des normes considérées comme laxistes dénoncées

L’opposition à Queen’s Park n’a pas manqué de critiquer l’annonce aujourd’hui, demandant notamment au gouvernement des explications au sujet des critères épidémiologiques qui sont utilisés pour catégoriser les régions.

La députée Taras Natyshak, du NPD, accuse le gouvernement Ford de « déplacer les objectifs en mettant en place des catégories plus larges alors que le dépistage et le traçage des contacts sont en baisse et que les indicateurs de transmission sont en hausse ».

Elle ajoute que le gouvernement a pris des décisions qui vont faire durer la pandémie plus longtemps.

Elle demande au gouvernement de dépenser de l’argent pour mettre en place des mesures de protection plus importantes.

Du côté du Parti vert, on salue la volonté du gouvernement Ford de rendre publiques ces données afin de réduire la confusion pour les familles, les municipalités et les bureaux de santé publique.

Mike Schreiner, le chef du parti, affirme par contre que ces nouvelles directives permettent qu'une trop forte hausse de la transmission communautaire se produise avant que de nouvelles restrictions soient mises en place.

M. Schreiner dit craindre que la santé publique soit mise de côté au profit de l’économie.

J’ai peur pour la culture de notre ville

Shamez Amlani, qui est propriétaire des restaurants Drom Taberna et La Palette à Toronto, se dit déçu que la Ville décide de repousser le moment de l’ouverture des salles à manger des restaurants et retire du même coup le droit de placer des terrasses improvisées devant les restaurants.

C’est surprenant que John Tory ait demandé de repousser au 14 novembre la réouverture de notre salle à manger alors que le programme [de terrasses extérieures] a été annulé deux semaines plus tôt que prévu cette semaine.

Shamez Amlani, propriétaire des restaurants Drom Taberna et La Palette à Toronto

Il ajoute que les restaurants de Toronto seront dans une situation difficile jusqu’à l’ouverture de leurs salles à manger.

Un graphique montrant des restrictions dans les restaurants selon le statut de l'unité sanitaire dans laquelle ils se trouvent. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les restaurants pourront rouvrir leurs salles à manger dans les zones chaudes en Ontario, mais devront respecter de nouvelles restrictions.

Photo : Radio-Canada / Camil Gauthier

Nous ne pouvons servir ni à l’intérieur ni à l’extérieur, c’est horrible, déclare M. Amlani.

Il ajoute ne pas avoir confiance en l’aide des différents niveaux de gouvernement et craint que la culture de Toronto soit affectée par les contrecoups de la pandémie.

J’ai peur pour la culture de notre ville, j’ai peur pour le sort des plus petits commerçants, ajoute-t-il.

Une différence pour la communauté

Geordanne Thomas, gérant du United Boxing Club, un centre d’entraînement de boxe à Toronto, s’est vivement réjoui de la nouvelle annoncée par le gouvernement Ford.

Il croit qu’après une année en montagnes russes ces nouvelles consignes vont l'aider grandement.

Je suis très content. On ne pouvait recevoir qu'une vingtaine de personnes par jour; maintenant, on pourra en accueillir un peu plus, explique-t-il.

Un graphique montrant les différentes mesures sanitaires selon la couleur des zones de la province. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les gyms et les salles de sport devront respecter une série de mesures selon la gravité de la COVID-19 au sein de leur unité sanitaire.

Photo : Radio-Canada / Camil Gauthier

Puisque son établissement est considéré comme une salle de sport plutôt qu'une salle d’entraînement, M. Thomas a été en mesure de garder des employés et de rester ouvert, avec des restrictions importantes.

Selon lui, la réouverture va leur permettre de recommencer à occuper une place dans leur communauté.

On avait fermé nos portes aux non-membres pour se concentrer sur nos membres, mais avec les nouvelles consignes on va pouvoir recommencer à les accueillir. C’est bon pour nous et pour les instructeurs, mais c’est aussi bon pour notre communauté.

Geordanne Thomas, gérant du United Boxing Club

Il croit que la réouverture de son club va apporter un peu plus d’argent, mais aussi beaucoup plus de dynamisme dans la salle d'entraînement.

Avec les informations de Natasha MacDonald-Dupuis

Cadre d’intervention pour la COVID-19 : garder l’Ontario en sécurité et ouvert by Radio-Canada on Scribd

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