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Québec pressé par l'opposition de reconnaître la crise en santé mentale

Dominique Anglade s'adresse aux médias.

Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec et de l’opposition officielle, presse le gouvernement de François Legault de faire des enjeux liés à la santé mentale « une priorité nationale ».

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Les partis d'opposition ont tour à tour dénoncé le fait que le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, se refuse à parler d'une situation de crise en matière de santé mentale, à l'heure où le gouvernement du Québec injecte 100 millions de dollars dans ces services.

Mardi, lors de points de presse successifs, les représentants de l'opposition ont exprimé leur tristesse devant la tragédie survenue dans le Vieux-Québec, samedi en soirée, et qui a fait deux morts et cinq blessés.

La cheffe de l'opposition officielle et du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a appelé à la création d'une commission parlementaire transpartisane. Il faut maintenant que l'enjeu de la santé mentale soit élevé au rang de priorité nationale, a-t-elle affirmé.

Lors de l'annonce de financement qu'il a faite lundi, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, avait déclaré qu'à son avis, la situation [était] préoccupante, mais qu'elle [était] sous contrôle. C'est pour ça que j'évite le terme de crise, a-t-il expliqué.

La nécessité de collaborer

L'enveloppe de 100 millions de dollars que consacre le gouvernement Legault à la santé mentale doit notamment réduire l'attente pour les gens ayant besoin de voir un psychologue.

Dominique Anglade a rappelé que l'automne dernier, sa formation avait proposé l'adoption d'un programme universel de couverture publique pour des services en psychothérapie.

Au même moment, a-t-elle ajouté, Québec solidaire pressait le gouvernement de pourvoir les nombreux postes de psychologues vacants dans le réseau public. Mme Anglade dit ne pas douter que la CAQ et le PQ soient eux aussi préoccupés par la situation.

Travaillons ensemble, a-t-elle insisté.

Appel à un débat de société

Au lendemain de la tuerie, les appels se sont fait plus pressants pour qu'on traite mieux la détresse psychologique au Québec. Le maire de Québec, Régis Labeaume, a d'ailleurs réclamé un débat de société sur les maladies mentales.

Répondons présents, a déclaré Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire au sujet de la demande formulée par le maire de Québec.

Mais ce débat doit être fait comme il faut, a prévenu Mme Massé. C'est important de ne pas stigmatiser les personnes avec un problème de santé mentale en laissant sous-entendre que ça mène directement à la violence, a-t-elle souligné.

Une femme parle au micro devant trois fleurdelisés.

Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques pour Québec solidaire, affirme que le Québec entier est en deuil à la suite de la tragédie ayant fait deux morts et cinq blessés dans le Vieux-Québec, le soir du 31 octobre 2020.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le gouvernement ne peut plus nier [...] qu'il y a une crise de santé mentale au Québec.

Une citation de :Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques

Quelqu'un qui se casse le fémur, a-t-elle cité en exemple, n'accepterait jamais d'être pris en charge deux ans plus tard. Eh bien, c'est exactement ce qui arrive aux gens avec des détresses psychologiques au Québec et ce n'est pas acceptable.

Ça fait trop longtemps qu'on balaie cet enjeu sous le tapis et qu'on oublie la question de la santé mentale quand on rédige des budgets, a renchéri Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire.

L'Assemblée nationale a rejeté, mardi, une motion des députés solidaires réclamant la reconnaissance d'une crise au Québec dans ce domaine.

Consulter les gens de terrain

La crise se vit sur le terrain par les intervenants, par les personnes atteintes de maladie mentale surtout, et par leurs familles, a de son côté dénoncé Joël Arseneau, du Parti québécois (PQ).

Le PQ réclame de la Commission de la santé et des services sociaux (CSSS) qu'elle tienne des auditions sur l’accessibilité et la prestation des services en santé mentale.

Un homme parle devant le drapeau québécois.

Le député des Îles-de-la-Madeleine pour le Parti québécois, Joël Arseneau, demande au gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) d'instaurer une commission parlementaire pour régler les « problèmes structurels » en matière de santé mentale au Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Selon Joël Arseneau, il faut entendre les gens qui sont sur le terrain, afin qu'ils puissent aider à diagnostiquer le problème.

Et il cite les signaux d'alarme suivants : les compressions budgétaires des dernières années, le sous-financement des organismes communautaires, les délais d'attente qui peuvent être de six à 24 mois pour obtenir des rendez-vous, l'exode des psychologues du système public vers le privé, le manque de psychiatres...

Le gouvernement peut utiliser un autre vocabulaire, mais la situation est réelle et elle est urgente aussi.

Une citation de :Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

On ne peut pas tout prévenir, dit François Legault

Les soins en santé mentale ont été négligés pendant plusieurs années, a reconnu le premier ministre François Legault mardi en conférence de presse. On a commencé à réinvestir, même avant la pandémie, et il va falloir en faire plus.

On ajoute des employés dans le réseau public et on achète des services du privé, a-t-il précisé.

Le premier ministre a évoqué la possibilité d'adjoindre aux patrouilles policières des intervenants outillés pour s'occuper de problèmes de nature sociale.

Maintenant, malgré tous les efforts qu'on pourra faire, on ne pourra jamais prévenir 100 % des actes violents comme on a vu en fin de semaine, a-t-il dit. Il y a des cas où des gens ne veulent pas se faire soigner, où ça arrive subitement [...].

L'Assemblée nationale débat par ailleurs mardi d'une motion présentée par le PQ pour honorer la mémoire des victimes de la tuerie de Québec, Suzanne Clermont et François Duchesne, et souhaiter un prompt rétablissement aux blessés.

La motion salue également le travail des premiers répondants.

Avec les informations de La Presse canadienne

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