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Conseils d'un psy pour soigner sa santé mentale en pleine 2e vague de COVID-19

Un femme la tête penchée portant un masque pendant la pandémie.

Le psychologue James Robinson partage quelques conseils afin d’adoucir cette période difficile.

Photo : getty images/istockphoto

La deuxième vague de COVID-19 vient avec son lot d’incertitudes : l’isolement, la crainte d’avoir des ennuis de santé ou des problèmes financiers ne sont que la pointe de l’iceberg pour plusieurs. Le psychologue James Robinson partage quelques conseils afin de passer à travers cette période difficile sans y laisser votre santé mentale.

L’incertitude et le stress

L’incertitude, c’est probablement la chose qui guette la plupart des gens indique le psychologue James Robinson. Selon lui, la COVID-19 est un problème que la majorité des citoyens n’aurait pu anticiper. Je n’ai pas encore rencontré une personne qui était familière avec ce type de stress, ajoute-t-il. Il est donc normal de vivre plusieurs émotions.

Il y a l’usure aussi, donc on parle d’un stress chronique, et les gens ont de la difficulté à voir la journée où ça va devenir mieux, et qu’est-ce qui va rester après.

Le psychologue James Robinson

Le psychologue James Robinson rappelle qu'il est normal de se sentir déboussolé en raison de la pandémie.

Photo : Radio-Canada

La pandémie a aussi des répercussions partout, et n’est pas encore terminée. La majorité des individus sont donc plus dans un espèce d’épuisement plutôt que dans une dynamique de post-trauma, selon le psychologue.

Deuil, perte financière, maladie, crainte du futur : c’est large, c’est illimité, dit-il. Il faut éviter de glisser trop facilement dans la panique.

L’anxiété

Le psychologue James Robinson explique que l’anxiété fait partie d’un instinct de survie : elle est tout à fait normale. C’est une émotion qui nous prépare à anticiper le danger.

Par contre, lorsqu’un danger est mal évalué, ou lorsqu’il est trop hypothétique, l’être humain peut se faire toute sorte de scénarios de catastrophe auxquels il réagit.

Un homme dans son lit se tient la tête

L'anxiété liée la COVID-19 nous suit jusque dans nos rêves, selon ces chercheurs.

Photo : Shutterstock / poramesstock

Puisque l’information sur la COVID-19 est parfois contradictoire, cela peut augmenter l’anxiété chez certains individus.

Une des choses qu’on fait en consultation, moi, je vais souvent amener les gens à pouvoir préciser davantage, quelle partie de toute cette histoire-là les a affectés le plus explique James Robinson. À ce moment-là, on peut adresser cette partie-là du problème de façon plus efficace.

Tous dans le même bateau

Le psychologue James Robinson rappelle que tout le monde est concerné, et que chaque citoyen a sa propre histoire à raconter par rapport à ce que la COVID a été pour lui.

Je pense qu’à un moment donné, il faut peut-être vivre au jour le jour et faire confiance que ça va se replacer.

James Robinson, psychologue

Il ajoute que la plupart des gens ont une réaction légitime en ce moment et qu'il est normal d’être touché et déboussolé par la pandémie.

Le défi de l’isolement

Pendant la saison estivale, avec la bulle atlantique, les Néo-Brunswickois ont eu un moment de répit, il y avait alors très peu de cas dans la province.

Pour les gens de la région du Restigouche, en phase orange actuellement, le défi de l’isolement prend une allure encore plus grande, selon James Robinson.

L’incapacité de maintenir des liens sociaux et familiaux peut être très difficile mentalement. Certains individus d’une zone isolée peuvent aussi sentir un manque de compassion d’autrui.

C’est tout à fait normal de vivre cela, dit James Robinson. Il faut que tous les gens [du Nouveau-Brunswick] soient sensibles à cette question là de compassion, parce que ça pourrait être quelqu’un d’autre, une autre région à n’importe quel moment [qui pourrait rétrograder en orange].

Avoir un bon système de soutien

L’accès aux services de psychologie est difficile au Nouveau-Brunswick, autant dans le secteur privé que le secteur public. Le service était déjà pas mal contre le mur, il n’y a pas beaucoup de ressources additionnelles, et puis là ça à monter beaucoup, les demandes sont assez grandes, admet James Robinson.

Selon ce dernier, plusieurs choses peuvent toutefois être faites pour diminuer l’impact des problèmes de santé mentale.

Une femme parle à quelqu'un à l'aide de téléphone cellulaire.

Malgré la distanciation physique, parler au téléphone avec ses proches est un bon moyen de maintenir le contact.

Photo : getty images/istockphoto / Viktoriia Hnatiuk

Il faut premièrement rester à l’affût des éléments dépressifs, anxieux, et nerveux. Il faut aussi arriver à faire confiance à quelqu’un, et surtout à soi-même dans le cheminement.

Quand on veut trouver des façons d’aider les gens à gérer un stress comme cela qui perdure, c’est se rabattre sur nos ressources, sur les gens autour de nous, se garder au courant, mais auprès de sources qui sont fiables.

James Robinson, psychologue

Le psychologue rappelle aussi qu’il est important de pouvoir parler de son stress lié à la COVID-19, mais d’en parler le plus brièvement possible et passer autre chose.

Se créer une routine

Plusieurs individus ont vu leurs habitudes changer depuis le début de la pandémie en mars : que ce soit le travail à la maison ou l’école à la maison, la routine est chamboulée.

Certaines personnes se retrouvent aussi avec beaucoup de temps libre. Selon le psychologue, il est primordial de structurer son temps.

Une femme fait des abdos sur un tapis de yoga dans son salon en regardant un écran d'ordinateur.

Plusieurs sites Internet offrent des séances gratuites de sports à la maison, ce qui peut être un bon moyen de gérer l'anxiété.

Photo : iStock

Il ne faut surtout pas demeurer assis et regarder le temps passer ou se laisser aller dans la lassitude. Il faut plutôt essayer de revenir à une structure ou un horaire qui nous aide à normaliser les choses, dit-il.

S’ajoutent à cela les bonnes habitudes de vie qui ont beaucoup d’impacts sur la santé mentale : bien manger, bien dormir, rester actif, et demeurer positif le plus possible.

Avec les informations de Karine Godin.

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