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En zone de turbulence, l'industrie aéronautique craint un manque de relève

L'industrie aéronautique craint que les pertes d'emplois dans le secteur ne découragent la relève.

L'industrie aéronautique craint que les pertes d'emplois dans le secteur ne découragent la relève.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

L'industrie aéronautique traverse une crise, mais songe déjà à la reprise qui s'amorcera dans quelques années. Elle s'inquiète que la relève ne soit pas au rendez-vous, découragée par les pertes d'emplois qui s'additionnent dans le secteur.

C'est aussi ce que craint le directeur de l'École nationale d'aérotechnique (ENA), Pascal Désilets.

L'établissement qu'il dirige tiendra mercredi ses portes ouvertes, afin de présenter ses programmes à de futurs étudiants potentiels. En ce contexte de pandémie, l'événement sera entièrement virtuel.

Ce dont on a peur avec les mauvaises nouvelles qu'on entend en ce moment, c'est qu'il y ait moins d'inscriptions pour la prochaine année et qu'on ait un creux dans le nombre d'étudiants qui vont venir. Puis, quand ils vont sortir et que ça va marcher à pleine vapeur, qu'on ne soit pas en mesure de fournir le nombre d'emplois nécessaires à l'industrie, explique M. Désilets.

Depuis le début de la pandémie, plus de 4000 postes ont été abolis dans le secteur aéronautique au Québec.

De grandes entreprises bien connues, comme Bombardier, Airbus, Héroux Devtek et Pratt & Whitney ont annoncé des pertes d'emplois.

Avant la crise sanitaire, on estimait que plus de 60 000 postes seraient à pourvoir dans l'industrie sur une période de 10 ans.

Quand ça va repartir, la pénurie qu'il y avait avant va être encore là, elle va même être pire.

Pascal Désilets, directeur de l'École nationale d'aérotechnique

Des entreprises tirent le même constat. Quand les industries aérienne et aéronautique redécolleront, elles auront besoin de main-d'œuvre qualifiée.

Le Groupe MSB, qui offre des services d'ingénierie et qui fabrique des composantes intérieures pour les avions, espère que la relève sera au rendez-vous.

Tous les plans qu'on met en place, c'est en fonction de la reprise. Donc à la reprise, c'est important que les jeunes soient là pour que le domaine puisse persister au Québec, affirme le responsable du recrutement de l'entreprise, Robert Lalonde.

C'est le même son de cloche chez AAR, à Trois-Rivières. La compagnie, qui se spécialise dans la maintenance et la réparation d'aéronefs, cherche même à pourvoir une vingtaine de postes en ce moment.

On va revenir à un manque de personnel en aviation. Étant donné que les différentes formations sont d'un an et demi, deux ans, trois ans selon les programmes, ce sera le plein emploi quand les jeunes vont sortir de l'école , dit le vice-président des opérations, Stéphane Rochette.

Pas d'effet sur les inscriptions cette année

Si l'ENA craint une baisse des inscriptions l'an prochain, les difficultés de l'industrie aéronautique ne semblent pas avoir eu de conséquences cette année.

Avec 875 étudiants, l'établissement a connu en septembre une légère hausse des inscriptions dans ses programmes techniques de maintenance d'aéronefs, d'avionique et de génie aérospatial.

Le nombre d'étudiants en formation continue a quant à lui bondi de 36 %. Il y en a qui ont perdu leur emploi et qui décident d'aller chercher un diplôme supplémentaire, explique Pascal Désilets.

C'est ce que fait présentement Joalie Lamarche, qui a terminé sa formation de technicienne en maintenance d'aéronef en décembre dernier à l'ENA. Elle a ensuite décroché un emploi dans une entreprise pour effectuer l'entretien d'hélicoptères, mais l'a perdu peu de temps après.

J'ai commencé à travailler puis la COVID est arrivée. Donc, je me suis dit que tant qu'à chercher du boulot, je vais juste faire une formation de plus à l'ENA pour rajouter une corde à mon arc.

Joalie Lamarche

Elle étudie présentement pour obtenir une attestation d'études collégiales d'agente de méthode, un emploi qui consiste entre autres à décider comment seront usinées des pièces conçues par des ingénieurs.

Je voulais vraiment me donner une chance d'avoir une formation tout autre qui va me donner la possibilité de travailler dans l'aéronautique, dit-elle.

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