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Outaouais : un retour en zone orange serait imprudent selon des professionnels de la santé

Caroline Dufour en entrevue devant l'Hôpital de Gatineau.

Caroline Dufour, assistante infirmière-chef à l'Hôpital de Gatineau, estime qu'il serait imprudent que l'Outaouais retourne aux mesures de la zone orange.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que des voix s’élèvent pour inciter Québec à refaire de l’Outaouais une zone orange, des acteurs du milieu de la santé sont catégoriques : si le taux de transmission communautaire augmente, le système ne pourra pas combler tous les besoins.

L’épuisement se fait ressentir au sein du personnel de l’Hôpital de Gatineau, note Caroline Dufour, assistante infirmière-chef à l’urgence de l’établissement, en entrevue à Radio-Canada.

En raison des protocoles, prodiguer des soins demande aux infirmières  deux à trois fois plus de temps qu’auparavant, dit-elle. Mais le nombre de personnes hospitalisées, lui, ne diminue pas.

Je comprends le maire de vouloir retourner en zone orange. Comme personne, j’ai envie de retourner en zone orange. Mais comme infirmière, je ne peux pas conseiller aux gens que ce serait une bonne chose.

Une citation de :Caroline Dufour, assistante infirmière-chef à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau

Le manque de personnel se fait déjà sentir depuis longtemps, ajoute Caroline Dufour, mais la pandémie l’a exacerbé. Vendredi, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais a réaffecté du personnel de quatre départements, notamment du bloc opératoire, vers des services liés à la COVID-19.

Caroline Dufour craint qu’un retour en zone orange ne se retourne contre la population et la prive d’autres types de soins, comme ce fut le cas pendant quelques jours en septembre, lorsque le manque de personnel a causé une interruption de service aux soins intensifs à l’Hôpital de Gatineau.

« Je pense qu’il faut se donner un autre mois pour voir ce que [les mesures] donnent et pour voir ce qu’on peut faire au niveau des hôpitaux pour essayer de diminuer l’impact que ça a sur nous, sinon on va avoir plus de soignants qui vont se blesser, plus de surmenages et plus d’abandons de la profession », prévient-elle.

Éviter l'engorgement

En Outaouais, la première vague de COVID-19 a frappé un système déjà précaire et insuffisant par rapport aux besoins de la population, signale le président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, Patrick Guay, en entrevue avec Radio-Canada. Avant même la pandémie, notamment, la pénurie de personnel a forcé la fermeture du département d’obstétrique de l’hôpital de Shawville. Et c’est encore fermé, rappelle-t-il.

Au printemps, le centre désigné COVID-19 du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) pouvait accueillir jusqu’à 11 ou 12 patients hospitalisés lors des journées les plus achalandées. On en soigne maintenant une trentaine lors des pics, note Patrick Guay.

Maintenir la région en zone rouge aidera à prévenir de mauvaises surprises, constate-t-il.  C’est sûr et certain que si demain matin il y a 15 ou 20 nouveaux cas d’hospitalisation avec la COVID, on n’aura pas les professionnels pour ces besoins-là. 

Un autre facteur dont il faut tenir compte : la situation frontalière de l’Outaouais, souligne le Dr Marcel Guilbault, président de l’Association des médecins omnipraticiens de l’ouest du Québec (AMOOQ). On risquerait d’avoir de la visite de gens d’Ottawa qui pourraient augmenter notre nombre de cas en Outaouais, s’inquiète-t-il.

Le Dr Guilbault appelle à rester courageux pour les prochains mois.  Les vaccins qui s’en viennent semblent bien fonctionner. Les résultats semblent positifs. Il faut garder en tête qu’on aura, si pas un Noël sans virus, un été sans COVID. Il ne faut pas lâcher. L’hiver va être primordial : il faut que tout le monde respecte les mesures sanitaires pour qu’on passe à travers tous ensemble.

Avec les informations d'Estelle Côté-Sroka

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