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Les éléments constitutifs du langage sont apparus bien avant l’Homo sapiens

Représentation artistique d'un Homo erectus.

La capacité à suivre les relations syntaxiques entre les mots, en particulier lorsqu'ils sont distants, est une faculté essentielle au langage humain, même si ses origines évolutives restent mal comprises.

Photo : Smithsonian's National Museum of Natural History

Radio-Canada

La capacité d’établir un lien entre des sons est apparue chez les ancêtres des humains et des singes au moins 40 millions d’années avant le langage lui-même, affirment des scientifiques européens.

Partout sur la planète, notre espèce s’est épanouie en partageant des pensées, des cultures, des informations grâce à une technique de communication complexe qui n'est utilisée par aucune autre espèce : le langage.

Jusqu'ici, la plupart des chercheurs s’entendaient pour dire que les éléments constitutifs du langage se sont développés avec l’arrivée de l’Homo sapiens anatomiquement moderne, il y a quelque 200 000 ans.

Or, les travaux de Simon Townsend, professeur à l’Université de Warwick, au Royaume-Uni, et de collègues européens et américains tendent à redéfinir notre compréhension du moment où une composante cognitive clé du langage est apparue.

Selon eux, la capacité de comprendre les relations entre les mots dans une phrase – un fondement clé du traitement du langage – serait probablement apparue chez le dernier ancêtre commun des singes et des humains.

Pour arriver à cette hypothèse, les auteurs ont analysé les capacités de traitement du langage des chimpanzés, des ouistitis communs et des humains.

Pouvoir traiter les relations entre les mots d’une phrase est l’une des principales capacités cognitives qui sous-tendent le langage, expliquent les chercheurs dans un communiqué.

Quand les mots sont proches les uns des autres, il s’agit d’une dépendance adjacente. Lorsqu’ils sont éloignés les uns des autres, il s’agit d’une dépendance non adjacente. Par exemple, dans la phrase le chien qui a mordu le chat s’est enfui, nous comprenons que c’est le chien qui s’est enfui plutôt que le chat, grâce à la possibilité de traiter la relation entre la première et la dernière phrase.

Dans leurs systèmes de communication naturels, la plupart des animaux ne produisent pas de dépendances non adjacentes, affirme le Dr Stuart Watson, de l’Université de Zurich.

Les chercheurs ont voulu comprendre s’ils étaient quand même en mesure de les comprendre. Pour leurs expériences, les scientifiques ont créé des grammaires artificielles dans lesquelles des séquences composées de tons sans signification au lieu de mots ont été utilisées pour examiner les capacités des sujets à traiter les relations entre les sons.

Il a ainsi été possible de comparer la capacité à reconnaître des dépendances non adjacentes entre les trois espèces de primates différentes, même si elles ne partagent pas une langue commune.

Les chercheurs ont constaté que les trois espèces étaient facilement capables de traiter les relations entre les éléments sonores adjacents et non adjacents.

Le traitement des dépendances non adjacentes est donc très répandu dans la famille des primates.

Notre découverte est importante : elle montre que cette caractéristique essentielle du langage [dépendance non adjacente] existait déjà chez nos anciens ancêtres primates, et précédait l’évolution du langage lui-même d’au moins 30 à 40 millions d’années.

Simon Townsend

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Science Advances (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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