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Baisse de popularité des conservateurs et manifestations pro-avortement en Pologne

Une femme tient deux pancartes, dont l'une, en anglais, dit : ne foutez pas en l'air ma liberté.

Les gens manifestent depuis presque deux semaines en Pologne contre une décision du Tribunal constitutionnel qui a proscrit l’avortement en cas de malformation grave du foetus.

Photo : Getty Images / Omar Marques

Agence France-Presse

Les conservateurs au pouvoir en Pologne ont fortement plongé dans les sondages à la suite d'une décision du Tribunal constitutionnel qui a proscrit l’avortement en cas de malformation grave du fœtus le 22 octobre, ce qui a provoqué des manifestations de masse sans précédent qui secouent ce pays depuis plusieurs jours.

Lundi, des manifestants ont une nouvelle fois bloqué de nombreux axes de circulation dans différentes villes de Pologne, dont Varsovie, Lodz, Poznan et Bydgoszcz.

Le parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir depuis 2015, bénéficie maintenant du soutien de 30,9 % des personnes interrogées, contre 40,5 % il y a une douzaine de jours, selon un sondage réalisé pour le quotidien Dziennik Gazeta Prawna et la radio RMF FM le 31 octobre auprès de 1000 Polonais.

L'opposition libérale de la Coalition citoyenne (KO) est créditée de 25,3 % des intentions de vote dans un scrutin éventuel, contre 23,3 % dans un sondage mené les 18 et 19 octobre.

Le troisième parti en lice est le mouvement centriste Pologne 2050, créé au début de l'année, qui bénéficie du soutien de 14,7 % des voix contre 9,3 % dans le sondage précédent.

La gauche bénéficie d'un soutien stable de 6 %.

Selon un autre sondage, réalisé pour le quotidien Rzeczpospolita, plus de 70 % des Polonais souhaitent le départ du chef de PiS, Jaroslaw Kaczynski.

M. Kaczynski, qui est le vice-premier ministre et le responsable de la sécurité nationale, est considéré comme l'homme politique réellement décisionnaire dans les affaires les plus importantes. Selon les analystes, il est derrière le verdict du Tribunal constitutionnel du 22 octobre, qui a statué que l’avortement en cas de malformation grave du foetus est incompatible avec la Constitution.

Le jugement restreint donc le droit à l'avortement aux seuls cas de danger de mort pour la femme enceinte et de grossesses résultant d'un viol ou d'un inceste.

Défiant la pandémie et les menaces de groupes d'extrême droite, des centaines de milliers de personnes manifestent depuis la décision du tribunal dans toute la Pologne, dont quelque 100 000 à Varsovie vendredi, selon la mairie.

De nouvelles manifestations sont annoncées pour les prochains jours.

Dimanche, les militants pro-avortement polonais qui animent ces manifestations ont esquissé leur programme de lutte. Parmi leurs revendications figurent notamment le droit à l'avortement, les droits des personnes LGBT, l'État laïque et la fin du financement public de l'Église et du catéchisme à l'école.

Par ailleurs, s'inscrivant dans l'effervescence générale, un cortège funéraire composé d'artistes a marché vers le ministère de la Culture, à Varsovie, pour marquer la déception face aux mesures de protection du milieu proposées par le gouvernement.

Il y a moins de 2000 avortements légaux par an en Pologne, selon les données officielles, et la grande majorité d'entre eux sont effectués à cause de fœtus malformés. Les organisations féministes estiment que plus de 200 000 avortements sont cependant réalisés illégalement ou effectués à l'étranger chaque année.

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