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Liberté d'expression : en désaccord avec Trudeau, Legault appuie Macron

François Legault s'adresse aux journalistes.

Le premier ministre du Québec, François Legault, considère que la défense de la liberté d'expression est non négociable et sans compromis.

Photo : Ivanoh Demers

Le premier ministre du Québec se dit en accord avec le président français, Emmanuel Macron, sur la défense sans compromis de la liberté d'expression dans le contexte des récents attentats islamistes entourant les caricatures de Mahomet.

On ne peut pas accuser des personnes qui ont fait des caricatures, a expliqué François Legault en marge d'une conférence de presse à Québec. On ne peut pas justifier de cette façon-là de la violence.

François Legault s’est par conséquent dit en désaccord avec les réserves exprimées par Justin Trudeau sur cette épineuse question.

Non je ne suis pas d’accord avec Justin Trudeau. Je suis d’accord avec Emmanuel Macron […] Il faut protéger la liberté d’expression, a lancé sans détour le premier ministre québécois.

À Ottawa, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s'est dissocié en Chambre du premier ministre du Canada.

La formation politique que je représente se dissocie sans équivoque (...) du grave manque de courage exprimé par le premier ministre du Canada quant à l'étendue de la liberté d'expression, a-t-il déclaré.

Plus tôt, lors d’un point de presse, M. Blanchet a accusé M. Trudeau de cautionner le pire .

En parlant de provocation, il a cautionné le pire en laissant croire qu'il pouvait s'agir là d'une explication, d'une circonstance atténuante, à un geste qui ne peut être que, totalement et sans condition, dénoncé, a-t-il déclaré.

Les conservateurs étaient sur la même longueur d’onde que le Bloc québécois.

« Ce premier ministre-là qui, lui, doit défendre la liberté d'expression, au contraire, il met des conditions. Pourquoi? »

— Une citation de  Gérard Deltell, leader parlementaire du Parti conservateur du Canada

Nous devrions éviter de politiser cette question. [...] Tous les Canadiens et les Canadiennes ont été horrifiés par les récents attentats qui ont été perpétrés en France. Nous sommes, bien évidemment, solidaires [des] Français, lui a rétorqué le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne.

Ces échanges se sont déroulés en l’absence du premier ministre.

Vague de protestation contre Macron

Le président français fait actuellement l’objet de vives contestations dans plusieurs pays musulmans, notamment en Turquie, pour s’être porté à la défense de la laïcité et de la liberté d’expression, notamment celle de publier des caricatures, même celles de Mahomet.

Les hostilités entre Paris et Ankara se sont exacerbées au lendemain du discours d'Emmanuel Macron à la suite de l'assassinat, le 16 octobre dernier, de Samuel Paty, un professeur d'histoire de la banlieue de Paris décapité en pleine rue par un jeune islamiste tchétchène parce qu'il avait montré des caricatures de Mahomet en classe.

Le président français apparaît à la droite de l'image

« Ils ne passeront pas », a affirmé le président français après l'assassinat de Samuel Paty.

Photo : Reuters

Pour le président français, la liberté d’expression et la laïcité doivent être défendues sans compromis face aux assauts dont elles sont l’objet. Nous n’y céderons rien , a-t-il martelé au lendemain de l’attaque menée dans une église de Nice, qui a fait trois morts.

Une liberté qui a ses limites, selon Trudeau

Une position dont la fermeté tranche avec la prudence affichée par certains gouvernements occidentaux ces derniers jours, dont celui de Justin Trudeau.

Tout en condamnant à plusieurs reprises les récents actes terroristes en France, le premier ministre a expliqué que bien que la liberté d'expression soit fondamentale à toute société libre, elle comporte malgré tout des limites.

« C’est une question de respect, de ne pas chercher à déshumaniser ou à blesser délibérément »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Dans une société pluraliste, diverse et respectueuse comme la nôtre, nous nous devons d’être conscients de l’impact de nos mots, de nos gestes sur d’autres, particulièrement ces communautés, ces populations qui vivent énormément de discrimination encore dans un système qui continue de discriminer, a expliqué M. Trudeau.

Il a également évoqué un débat à avoir sur de possibles exceptions à la liberté d’expression. Dans une société qui se veut basée sur le respect de l’autre, l’écoute et l’apprentissage, ayons ces conversations complexes d’une façon responsable, a-t-il suggéré.

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