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100 M$ en santé mentale pour éliminer la liste d’attente

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Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services Sociaux

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services Sociaux

Photo : Radio-Canada

Au lendemain des attaques du Vieux-Québec, le gouvernement Legault annonce une nouvelle enveloppe de 100 millions de dollars dédiés aux services en santé mentale, dont le tiers ira au secteur privé, appelé en renfort pour combler le manque de ressources dans le système public.

Le ministre Carmant souligne toutefois que cette annonce était déjà prévue et que les sommes additionnelles ne sont pas directement liées à la tragédie qui a secoué le Vieux-Québec samedi soir.

On espère que sur la période qui va nous amener jusqu'à mars 2022, on va pouvoir couper de façon très significative, si ce n'est pas éliminer la liste d'attente , avance le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

Il précise qu’environ 16 000 personnes attendent des services au Québec et qu’une entente a été conclue avec l’Ordre des psychologues du Québec pour faire appel aux professionnels du secteur privé. Les patients pourront donc avoir accès au psychologue qui va être disponible le plus rapidement possible, soit dans le privé, soit dans le public à partir de maintenant.

Équipes sentinelles

Près de 20 millions de dollars seront également investis dans la création et l’implantation d’équipe sentinelles qui seront sur le terrain pour établir un meilleur contact avec les personnes vulnérables qui, souvent, n’ont pas recours aux services disponibles. Une première équipe du genre avait d’ailleurs été créée à Lac-Mégantic, dans la foulée de l’accident ferroviaire qui a tué 47 personnes et rasé une partie du centre-ville en 2013.

De l’argent sera aussi investi dans le maintien de l’offre additionnelle de service annoncée en raison de la pandémie, dans les organismes communautaires en santé mentale et dans le déploiement d’une stratégie numérique de prévention du suicide.

Les 100 millions de dollars annoncés lundi seront dépensés sur environ 18 mois, jusqu’en mars 2022. Il ne s’agit pas d’une enveloppe récurrente. Le gouvernement Legault mise sur son Programme québécois pour les troubles mentaux pour améliorer les services à long terme.

Lionel Carmant souhaite que les personnes ayant besoin d’aide soient soigner davantage en première ligne alors qu’actuellement, environ 70 % des services sont prodigués par des psychologues et des psychiatres. On veut inverser ça. On veut que 30 % se rendent là, mais que 70 % puissent être aidé en première ligne , avance le ministre.

Investissement de 100 M $

  • 35 M $ pour l’achat de services au secteur privé
  • 31 M $ pour le maintien du rehaussement des services
  • 19 M $ création et implantation d’équipes de sentinelles
  • 10 M $ financement des organismes communautaires
  • 5 M $ déploiement accéléré de la stratégie numérique

Une occasion manquée

La tragédie de la fin de semaine est une autre occasion tellement triste de mettre en grand relief l'ampleur de la crise en santé mentale devant nous, a déclaré le porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé mentale, le député libéral David Birnbaum, en entrevue avec La Presse Canadienne lundi. Il a toutefois refusé de lier clairement ce drame à la crise en santé mentale.

Le porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois croit pour sa part que l'annonce d'aujourd'hui démontre que l'angélisme de Lionel Carmant était devenu intenable , il déplore que les sommes annoncées ne sont pas récurrentes et n'iront donc pas au-delà de 2022.

Attention aux amalgames

Rappelons que la fête de l'Halloween a tourné au cauchemar dans le Vieux-Québec, dans la nuit de samedi à dimanche. Deux personnes ont été tuées et cinq autres ont été blessés lors d'un massacre perpétré par un homme vêtu d'un costume médiéval.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a vu dans ce massacre l’oeuvre d’une folie découlant visiblement de problèmes de santé mentale. Il a appellé à un débat de société sur les problèmes de santé mentale qui constituent, selon lui, la principale menace à la sécurité des grandes villes canadiennes pour les prochaines décennies.

Sans contredire le maire ni nier les besoins en santé mentale, Lionel Carmant a invité la population à la prudence et à ne pas confondre la détresse liée à la pandémie, les troubles mentaux et les événements de la fin de semaine. Selon lui, les gestes posés par l’accusé étaient tout à fait imprévisibles.

La très grande majorité des personnes souffrant de troubles mentaux ne sont pas violentes.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

D'un côté, il y a l'anxiété, la dépression et l'angoisse liées à une situation précise comme la pandémie, et de l'autre, les troubles mentaux, psychoses, maladies bipolaires et schizophrénie qui sont des maladies. On se doit d'éviter les amalgames. La distinction est importante et nous devons en tenir compte, surtout dans des situations comme cette fin de semaine.

Avec les informations de La Presse canadienne

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