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Des chercheurs tentent de quantifier la haine politique en ligne

Une photo d'un écran de téléphone montrant différentes icônes d'applications, dont celle de Twitter, au centre.

Les chercheurs ont répertorié et classé 3000 gazouillis.

Photo : iStock / DKart

Radio-Canada

Un nouveau rapport publié par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) tente de quantifier la haine et le harcèlement auxquels font face les candidats aux élections sur Twitter.

Bien au fait que les histoires de haine ou de harcèlement en ligne à l’endroit de politiciens sont monnaie courante, l’historienne et professeure en politiques publiques Heidi Tworek et son cochercheur, Chris Tenove, souhaitaient mieux quantifier le phénomène en analysant des messages adressés aux candidats lors des élections fédérales de 2019.

L’équipe a répertorié quelque 3000 gazouillis, qu’elle a qualifiés de positifs, neutres, faiblement négatifs, modérément négatifs ou extrêmement négatifs. Ses membres ont également interrogé des candidats pour savoir comment ils qualifieraient certaines publications.

Un programme informatique a également été utilisé pour permettre l’analyse d’autres publications à partir de la classification faite manuellement.

1 million de tweets analysés

Après l’analyse d’un million de gazouillis, les chercheurs en sont venus à une conclusion qui les surprend peu, affirme Heidi Tworek.

On a trouvé, sans doute sans surprise pour ceux qui fréquentent Twitter, que ce réseau n’est pas une place publique particulièrement positive.

Seuls 7 % des gazouillis adressés à des politiciens étaient réellement positifs, alors que la vaste majorité d’entre eux étaient négatifs.

On ne parle pas d’un simple engagement dans un débat musclé à propos de politiques publiques, mais d’attaques personnelles s’appuyant sur le sexe, la race, la sexualité ou autre chose, précise Mme Tworek.

Environ 40 % des gazouillis analysés étaient considérés comme déplacés, alors que 16 % étaient abusifs, voire menaçants.

Si la tendance se maintient...

Parmi les candidats ayant fait l’objet de propos négatifs, la prévalence est marquante, disent les chercheurs. En effet, ceux qui ont été attaqués l’ont été souvent.

Les 10 candidats ayant fait l’objet du plus de gazouillis ont reçu 61 % de ceux qui étaient abusifs, note Heidi Tworek.

Les femmes et les candidats racialisés n’ont pas nécessairement fait l’objet de plus de commentaires négatifs, selon le rapport.

Les chercheurs notent toutefois que le harcèlement numérique était généralement accompagné de menace, de harcèlement ou de marginalisation hors ligne.

En 2019, par exemple, la députée néo-démocrate Jenny Kwan a raconté à CBC qu’à l’époque où elle oeuvrait en politique provinciale, outre la haine en ligne, les pneus de son véhicule ont été crevés et les fenêtres de son bureau ont été brisées.

Oublier la politique pour fuir la haine

Selon Heidi Tworek, le genre de haine numérique répertoriée lors de l’étude a un effet néfaste sur la démocratie.

En voyant le genre de commentaires que reçoivent ceux qui s’impliquent, beaucoup de gens préfèrent éviter l’engagement politique, notamment ceux qui font partie de groupes minoritaires dans la société.

La chercheuse propose toutefois des pistes de solutions afin d’améliorer la qualité du discours politique.

D’abord, souligne-t-elle, les candidats devraient élaborer une stratégie de réaction en cas de harcèlement en ligne. Cette stratégie devrait inclure, en amont, des règles de netiquette qui prévoient une certaine forme de censure, si nécessaire.

Les partis politiques devraient, croit la chercheuse, offrir plus de soutien aux candidats, particulièrement à ceux qui ont moins d’expérience ou qui risquent d’être l’objet de commentaires haineux.

Parallèlement, Mme Tworek recommande aux gouvernements de clarifier les lois et de donner aux policiers des directives d’interventions claires, surtout lorsque les propos deviennent menaçants.

Enfin, la chercheuse propose de cultiver une certaine positivité. Elle précise que les candidats eux-mêmes peuvent s’unir pour dénoncer l’intimidation.

Avec les informations de l’émission On The Coast

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