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Analyse

La plus extraordinaire course à la présidence américaine

Peu importe le résultat de mardi soir ou des jours suivants en cas de victoire contestée et non complète pour l’un des deux camps : cette course à la Maison-Blanche est unique en son genre et à bien des égards. Des records ont déjà été atteints alors que d’autres vont s’y ajouter. Un petit pronostic avec ça?

Portraits côte à côte de Joe Biden et de Donald Trump.

Qui de Joe Biden ou Donald Trump sera élu mardi?

Photo : afp via getty images / Jim Watson

Il suffit de voir les longues files d’attente pour aller voter par anticipation ou le nombre de personnes qui ont déjà voté par correspondance pour constater qu’il se passe quelque chose aux États-Unis. Jamais au grand jamais, ce vote n’a atteint une telle proportion. Dimanche, on avait déjà dépassé le chiffre incroyable de 93 millions d'électeurs qui ont fait leur choix.

Cette mobilisation est-elle seulement due aux conditions difficiles liées à la pandémie et à la peur de voir son bulletin se perdre par correspondance? Est-ce l’expression d’une volonté de changement, de maintien ou un peu des deux? Attendez-vous à un autre record, celui de la participation de mardi lorsque les républicains, habitués à voter le jour de l’élection, vont venir gonfler les rangs.

Une campagne à 14 milliards de dollars

Les chiffres des dépenses électorales sont aussi astronomiques. L’ensemble de l’argent dépensé pour les courses à la Maison-Blanche, à la Chambre des représentants et pour le Sénat totalisera environ 14 milliards de dollars américains, soit le double du montant pour l’élection de 2016. Juste pour le combat Biden-Trump, on parle de 6,6 milliards de dollars. Et c’est la télévision qui ramasse la plus importante somme, avec un peu moins de 2 milliards de dollars en frais publicitaires.

Records en série

Comme il clame à qui veut l’entendre que tout ce qu’il fait n’avait jamais été fait avant lui, que l’économie ne s’est jamais aussi bien portée dans toute l’histoire (c’est faux) et qu’il est le plus grand créateur d’emplois que Dieu a jamais créé (vraiment?), Trump pourrait, s'il gagne, engranger des records, véritables cette fois-ci.

Il serait en effet le premier président à gagner un deuxième mandat après avoir été destitué par la Chambre des représentants, mais aussi le plus âgé de ses prédécesseurs à retourner à la Maison-Blanche. S’il perd, Trump serait le premier président à avoir été battu par un vice-président et, qui plus est, par le candidat victorieux le plus âgé de l’histoire présidentielle américaine.

Donald Trump à contre-jour

Pour prendre les rênes de la Maison-Blanche, Joe Biden doit défaire le président actuel, Donald Trump.

Photo : Getty Images / BRENDAN SMIALOWSKI

Joe Biden ne serait pas en reste non plus pour les records. Outre son âge, il serait le premier vice-président démocrate à revenir à la Maison-Blanche et être élu président. S’il gagne bien sûr. Pas mal, pour un candidat qui était déclaré mort politiquement en février lors d’un début de primaire démocrate désastreux, mais qui a finalement réussi à devenir le candidat investi presque privé d’argent pour y arriver.

Deux candidats pas vraiment idéaux

Lors de ces cinq semaines passées à sillonner une dizaine d’États, le constat sur le terrain est évident : les Américains sont très polarisés, divisés et les tensions sont souvent palpables quand les deux camps se rencontrent.

Ce qu’on y entend par contre, c’est que bien des électeurs voteront pour leur parti respectif même s'ils ne sont pas toujours convaincus personnellement par les deux candidats. Les républicains sont très nombreux à nous avoir confié que le président est un intimidateur et est loin d’être un chic type qui respecte les règles du jeu.

Biden prend la parole lors d'un débat.

Joe Biden lors du débat présidentiel l'opposant à Donald Trump, le 22 octobre 2020

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Quant aux démocrates, Joe Biden ne leur inspire aucun enthousiasme débordant. Face à un candidat plus que discret, certains diront même trop, la dynamique de mobilisation du vote est en effet plutôt faible, mais probablement plus forte qu’il y a quatre ans, alors que bien des démocrates ont boudé Hillary Clinton.

Alors, qui va gagner?

Ce qui est sûr, c’est que Donald Trump ne battra probablement pas son score de 2016 au collège électoral. Tout au plus, il pourrait améliorer son nombre de votes obtenus grâce à une participation accrue.

Après avoir souvent appelé à l’esprit du plus petit commun dénominateur contre les immigrants, la presse, les démocrates (ces fameux radicaux de gauche qui n’aiment pas le drapeau américain, selon lui, et qui vont détruire l’Amérique), il n’a pas vraiment cherché à agrandir son bassin d’électeurs. Au contraire, il s’est aliéné le vote de bien des femmes de banlieue et autres catégories d’électeurs essentielles à sa réélection.

La question est plutôt de savoir quand le vainqueur va être déclaré, car il ne faudra pas se surprendre de voir deux scénarios possibles se concrétiser. D’abord, si jamais les maisons de sondages ne se trompent pas, la soirée électorale pourrait être plus courte que l’on pense avec un vainqueur clair en la personne de Biden qui serait capable de remporter la Rust Belt (Wisconsin, Michigan et peut-être la Pennsylvanie), le Nevada et la Caroline du Nord.

Un concept où un poignet bleu confronte un poignet rouge devant un drapeau américain.

Le 3 novembre, les Américains devront choisir entre deux visions, deux styles que tout oppose.

Photo : getty images/istockphoto / Eblis

Et il peut toujours rêver au Texas (ce qui serait inespéré pour les démocrates et une sérieuse gifle pour le président républicain) et la Floride (bataille très, très serrée qui semble balancer en faveur de Trump). Il aurait de toute façon suffisamment de votes pour remporter la Maison-Blanche avec peut-être 274 votes sur 538. Ou même 301, 321, ou encore 359. Tout est possible.

À moins d’un raz-de-marée démocrate le 3 novembre, qui ne laisserait aucun doute sur la victoire de Biden, attendez-vous à ce que Donald Trump et ses républicains usent de tous les stratagèmes à leur disposition pour rester au pouvoir. Il suffit de voir le nombre de cas d’invalidation de bulletins de vote qui sont portés devant les tribunaux par le Parti républicain dans une kyrielle d’États.

Rappelons-nous que Donald Trump a déclaré, la semaine dernière, qu’il préférerait avoir une victoire claire le 3 novembre et qu’il trouve inapproprié que l’on doive attendre deux semaines avant que tous les votes ne soient comptabilisés. C’est pourtant la base de la démocratie. Mais si le président est en avance mardi soir, même avant que les votes par la poste ne soient comptabilisés, l’autoproclamation sera à l’ordre du jour. Extraordinaire, n’est-ce pas?

En attendant, Joseph Robinette Biden ou Donald John Trump? Les paris sont ouverts.

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