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Retour sur une fin de semaine mouvementée à la mine Westwood

La mine Westwood, à Rouyn-Noranda.

La mine Westwood

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

  • Piel Côté

Un tremblement de terre de magnitude 3,7 survenu vendredi après-midi vers 14 h 30 et a provoqué un effondrement sous terre à la mine Westwood. Le sauvetage d'un des travailleurs qui s’est retrouvé isolé a pris environ 30 heures.

C’est vers 16h45 vendredi après-midi, près deux heures après la puissante secousse sismique, qu’un premier décompte a confirmé qu’un des 109 travailleurs n’était pas revenu à la surface.

Les opérations d’urgence étaient déjà entamées depuis 16 h et se sont poursuivies jusqu’à 19 h le lendemain. Plusieurs missions de sauvetages ont été réalisées afin de venir en aide à l’employé pris sous terre, au niveau 132, du côté ouest de la mine.

Entre 19 h et 20 h samedi, le travailleur a finalement été localisé grâce à un conduit de ventilation et il a pu être remonté à la surface par la suite. Les équipes de sauvetage minier ont tenté au cours de la journée de lui fournir des denrées, sans succès.

Le travailleur avait avec lui de la nourriture et un thermos, donc son état général était très bon, indique le directeur général de la mine, Sylvain Collard.

Agnico Eagle suspend le dynamitage

La secousse sismique de 3,7 ressentie vendredi dans les installations de Westwood a trouvé écho jusqu’à la mine LaRonde.

Nous l’avons entendue et ressentie, confirme le directeur Christian Goulet. Rapidement, LaRonde a tenu à faire part, via son système d’alerte par message texte, que la secousse ne provenait pas de ses opérations.On a envoyé un avis à la population, ajoute-t-il.

La direction de l’opération de la mine LaRonde est entrée en contact avec ses vis-à-vis de la mine Westwood afin d’offrir les services de leur équipe de sauvetage minier, qui n’ont finalement pas été requis.

LaRonde a également suspendu son dynamitage. Normalement, Agnico Eagle effectue un sautage de production le jour, alors que les sautages de développement ont lieu soir et matin.

On voulait s'assurer que les équipes l’autre côté avait la conscience tranquille

Une citation de Christian Goulet, directeur général mine LaRonde

Le directeur général de la mine LaRonde explique avoir pris cette décision par solidarité pour ses voisins. Ce qu’on voulait faire, c’est éviter de créer un stress supplémentaire à leurs équipes et au travailleur sous terre puisqu’étant donné notre proximité, nos dynamitages sont entendu, précise Christian Goulet, ajoutant que cela n’a engendré aucun retard de production.

Je dois dire bravo aux gens de la mine. Leurs équipes ont fait un travail formidable, une histoire qui se termine bien alors on est bien heureux du dénouement, souligne-t-il.

Un événement imprévisible

La direction de la mine Westwood affirme pouvoir être en mesure de réduire les événements sismiques dans le futur.

La sismicité est une pression qui est sous terre, il faut avoir la bonne science, mais nous sommes confiants de réduire la sismicité, soutient Sylvain Collard, directeur général, de la mine Westwood.

La compréhension que nous avons de notre gisement évolue de jour en jour, mais avec nos nouvelles données que nous avons nous sommes en mesure de prédire ce que nous allons avoir comme réactions dans certains secteurs de la mine, explique-t-il.

Un homme pose dans un bureau devant une affiche Iamgold mine Westwood.

Sylvain Collard, directeur général de la mine Westwood

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Cet événement sismique n'est pas sans rappeler celui de mai 2015 où neuf travailleurs étaient restés pris sous terre pendant 18 heures. Pour l'incident de vendredi, un seul travailleur est resté pris au piège.

Sylvain Collard soutient que son équipe fait tout en son pouvoir pour maximiser la sécurité et mieux comprendre l’environnement dans lequel elle travaille.

Déjà, il y a près d’un an, la direction de la mine affirmait avoir complètement changé le plan minier de son gisement afin de l’exploiter de façon plus sécuritaire.

C'est pour cette raison que Westwood avait mis sur pied un projet, qui avait pour but de réunir une équipe d'experts du monde minier qui analyse la géomécanique de la mine. Leurs travaux doivent déterminer quelles seront les méthodes de minage les plus appropriées qui garantissent l'exploitation de la zone centrale, très riche, de façon sécuritaire.

Malgré tout, Sylvain Collard admet qu'il est impossible de prévoir toutes les réactions du massif rocheux.

Ça peut arriver que des événements comme celui du week-end sont le fruit du hasard et que mère Nature relâche quelque chose dont nous ignorons la provenance, souligne-t-il.

André Racicot, président du syndicat des métallos de la mine Westwood.

André Racicot, président du syndicat des métallos de la mine Westwood

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Le président du syndicat, André Racicot, s’est dit satisfait des mesures mises en place par l’employeur afin de garantir la sécurité des travailleurs.

Le comité santé-sécurité, du côté syndical, était rassuré de voir ce que l'employeur avait mis en place pour s'assurer de minimiser les coups de terrain dit-il.

Réduction de la production d’or : trop tôt, affirme Westwood

Au début de l’année 2020, la production attendue de la mine était de l’ordre de 90 000 à 110 000 onces d’or. La pandémie a peu affecté l’opération, avec une courte fermeture, mais la mine avait néanmoins réduit sa production envisagée pour 2020 dans la fourchette de 85 000 à 100 000 onces d’or.

Est-ce que le plus récent épisode sismique aura des conséquences? C’est trop tôt pour le dire parce qu’il faudra réviser l'ensemble de nos plans et comprendre ce qui vient de se passer, donc il est trop tôt pour commenter à ce sujet, explique Sylvain Collard.

Même si la pandémie de COVID-19 n’a pas affecté la production au premier trimestre de 2020, notamment parce que la fermeture temporaire de Westwood n’a duré que six jours en mars [les activités ont repris le 15 avril], la crise sanitaire aura des répercussions sur la mine

Ainsi, Iamgold a révisé à la baisse ses prévisions pour l’année en cours. De 90 000 à 110 000 onces d’or, la fourchette envisagée oscille à présent entre 85 000 et 100 000 onces d’or.

La mine LaRonde a tremblé elle aussi

L'extérieur d'un bâtiment minier d'Agnico Eagle, l'hiver.

La mine LaRonde, d'Agnico Eagle, est située à Preissac, en Abitibi.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Pendant qu’une très forte secousse secouait la mine Westwood vendredi après-midi, la mine LaRonde, propriété d’Agnico Eagle, à 10 kilomètres à l’ouest, a aussi eu sa part d’événements sismiques.

D’abord, vendredi matin, une secousse de 2,5 Richter et samedi soir, un autre ajustement du massif rocheux d’intensité similaire.

Les deux évènements se sont produits au sud du gisement, à l’extérieur des galeries et des infrastructures souterraines.

Selon le directeur général de la mine LaRonde, d’Agnico Eagle, Christian Goulet, ces deux secousses n’ont généré aucun protocole d’urgence et aucun arrêt de la production.C’est le secteur typique ou nous avons nos événements sismiques, dit-il.

  • Piel Côté

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