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Labeaume veut un débat de société sur la santé mentale

Régis Labeaume, maire de Québec

Le maire de Québec, Régis Labeaume, est apparu ébranlé en point de presse, au lendemain de l’attaque au Vieux Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Au lendemain d’une nouvelle tuerie, les condoléances s’accompagnent d’autant d’appels à mieux traiter la détresse psychologique au Québec. Le maire de la capitale, Régis Labeaume, voit dans le massacre perpétré dans la nuit de samedi à dimanche l’oeuvre d’une « folie découlant visiblement de problèmes de santé mentale ».

Le maire appelle à la tenue d’un débat de société sur les maladies mentales, un message qu’il martèle depuis plusieurs années.

Les problèmes de santé mentale, selon lui, sont les plus grands problèmes de sécurité dans les grandes villes canadiennes pour les prochaines décennies.

Ça devient de plus en plus difficile à gérer dans les villes. Ça devient de plus en plus difficile pour nos policiers et policières, qui deviennent des intervenants sociaux, déplore l'élu. Ce n’est pas leur métier.

Une scène de crime dans le Vieux-Québec.

L'ensemble des partis politiques appellent à mieux traiter la santé mentale.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Le maire fait le parallèle de la plus récente tuerie avec une autre tragédie qui avait troublé sa ville, il y a trois ans : le massacre perpétré à la mosquée de Québec.

On retourne en janvier 2017, où un autre individu qui, je ne veux pas être présomptueux, mais qui avait probablement des problèmes de santé mentale a tué cinq personnes. On revient toujours au même problème : les problèmes de santé mentale

Une citation de :Régis Labeaume, maire de Québec

Ces mêmes problématiques de santé mentale ont aussi résonné récemment à Québec, après le double meurtre perpétré à Wendake à la mi-octobre.

Hors de la réalité

Ça ressemble beaucoup à un patient psychiatrique en psychose, indique le Dr Gilles Chamberland, spécialiste en psychiatrie légale à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal.

Plus c’est étrange, plus il faut suspecter que la personne et ses motivations ne sont pas dans la réalité. Ici, nous avons quelqu’un qui est habillé en médiéval, qui erre dans la rue et qui utilise une arme médiévale [...] Il n’a pas essayé de s’en sortir après, il a été retrouvé en boule, en hypothermie. Ça ressemble à une psychose.

Une citation de :Dr Gilles Chamberland, spécialiste en psychiatrie légale à l'Institut Philippe-Pinel

Le spécialiste rappelle toutefois que la maladie mentale, si elle est traitée, ne constitue pas un enjeu de sécurité publique en soi.

C’est lorsque la maladie n’est pas contrôlée que là, oui, ils peuvent être dangereux. Mais il ne faudrait pas stigmatiser tous les gens qui ont une maladie mentale, plaide-t-il.

Selon lui, il importe d’offrir un soutien adéquat permettant de détecter le moment où une personne glisse vers la violence.

Le Dr Chamberland admet que le traitement hospitalier n’est pas chose aisée, puisqu’il faut prouver qu’une personne est dangereuse pour l’interner. 

Il n’y a pas une semaine où je n’entends pas une famille dire : ‘’je l’ai amené à l’urgence et ils l’ont laissé partir’’. Il y a une difficulté à ce niveau-là, croit-il, parce qu’il faut être capable de démontrer un danger avant de faire traiter quelqu’un contre son gré.

Deux policiers de dos dans la rue.

L'attaque dans le Vieux-Québec relance le débat sur la santé mentale

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roussel

Consensus à l'Assemblée nationale

L’appel de Régis Labeaume a trouvé écho parmi l’ensemble des partis à l’Assemblée nationale.

La vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a évoqué un enjeu majeur qui a peut-être été trop longtemps et trop souvent oublié. 

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé croit que la situation imposée par la pandémie amène encore plus de détresse qu’à l’ordinaire.

La santé mentale, c’est comme l’enfant pauvre de notre système de santé depuis bien longtemps.  

Une citation de :Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Mme Massé juge inacceptable que les délais pour obtenir une aide de première ligne puissent atteindre six mois, un an, deux d’attente.

Manon Massé en point de presse.

Manon Massé

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral, assure que pour son parti la question de la santé mentale est au coeur de ce que nous faisons.

Le CIUSSS sur le terrain

Le CIUSS de la Capitale-Nationale dépêchera lundi une équipe d'intervention pour apporter un soutien psychosocial aux citoyens du Vieux-Québec.

Un [autocar] spécialement aménagé et situé au coin des rues Hébert et des Remparts, de 13 h à 20 h, tous les jours, pourra accueillir les équipes responsables de rencontrer et d’offrir le soutien psychosocial directement à ceux et celles qui s’y présenteront, précise le CIUSSS par communiqué.

Des intervenants du service Info-Social 811 sont également en poste pour répondre aux appels de ceux et celles qui auraient besoin de soutien.

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