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L’isolement serait associé à l’hypertension, surtout chez les femmes, dit une étude

Un membre du personnel médical prend la tension d'un patient sur son bras.

Les chercheurs ne sont pas en mesure d'expliquer avec certitude les différences observées entre les hommes et les femmes (archives).

Photo : Getty Images / iStock / Andrey Popov

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) suggère que plusieurs facteurs d’isolement social sont associés à l’hypertension chez les adultes d’âge mûr, en particulier les femmes. Pour les hommes, cependant, le fait de vivre seul est associé à une plus faible probabilité de souffrir d’hypertension et la taille du réseau social a une relation positive avec la tension artérielle.

Les chercheurs se sont penchés sur quatre types de liens sociaux, soit l'état matrimonial, le fait de vivre seul ou avec d’autres, la taille du réseau social et la participation sociale, ou le nombre d’activités dans lesquelles une personne s'engage.

Nous avons constaté que ces quatre liens sociaux différents étaient tous importants. Ils étaient chacun indépendamment associés à l'hypertension et à une pression artérielle plus élevée, a déclaré la Dre Annalijn Conklin.

La Dre Conklin est professeure adjointe à la faculté des sciences pharmaceutiques de l’UBC et auteure principale de l’étude. Elle est également affiliée au centre d'évaluation de la santé et des sciences des résultats de l’hôpital St. Paul, à Vancouver.

Les données proviennent d’une cohorte de près de 30 000 Canadiens âgés de 45 à 85 ans tirée de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement.

L’étude qui fait l’objet de cet article est cependant transversale, de sorte qu’il n’est pas possible d'établir de lien de causalité entre l’isolement et l’hypertension.

Un facteur de risque non négligeable

Le fait de ne pas avoir de partenaire, d’avoir une participation sociale limitée (moins de deux activités sociales par mois) ou un réseau social de petite taille était associé à des chances plus élevées de souffrir d’hypertension chez les femmes, peut-on lire dans l’étude, publiée récemment dans la revue scientifique Journal of Hypertension.

Il ne s’agit pas d’un impact négligeable, disent les auteurs. L’isolement social a des effets comparables à la prise de poids ou à une plus grande consommation de sel sur la tension artérielle, précisent-ils. L’hypertension, quant à elle, est un facteur de risque bien établi pour les maladies cardiovasculaires, ajoutent-ils.

Le lien entre le célibat et l’hypertension chez les femmes était cependant mitigé lorsque celles-ci s’adonnaient à plus d’activités sociales.

Un résultat encourageant, selon la Dre Conklin. Nous voyons des opportunités d'intervention possible sur des aspects modifiables de notre environnement social, observe-t-elle.

À quoi pourraient ressembler ces interventions? Ce pourrait être une simple conversation entre le clinicien et la patiente, affirme la Dre Conklin. Juste de poser des questions à la patiente à propos de sa vie sociale pour comprendre qui sont les personnes qu’elle connaît et s’il y a des opportunités de contacts.

De curieuses différences

Pour la scientifique, l’isolement occasionné par la pandémie est une source d’inquiétude. Nous savons que les liens sociaux comptent vraiment pour notre survie et c’est une préoccupation, admet-elle.

Je pense que si nous refaisons notre étude avec des données d’après la COVID-19, nos résultats pourraient être encore plus forts, car il y aurait peut-être plus de personnes ayant des connexions et des contacts plus limités, déplore-t-elle.

Cela renforce la nécessité de vraiment créer des formes de soutien et de s'entretenir avec les personnes les plus vulnérables.

Si les risques pour la santé associés à l’isolement sont de plus en plus connus, la Dre Conklin a plus de mal à s’expliquer les résultats contre-intuitifs de l’étude concernant les hommes.

Il pourrait y avoir des aspects des rôles sociaux et potentiellement des conflits de rôle qui pourraient expliquer pourquoi un réseau social plus grand chez les hommes était lié à une pression artérielle plus élevée, avance-t-elle prudemment.

Quoi qu’il en soit, ces résultats témoignent de l’importance de s’intéresser aux différences de sexe ou de genre dans la recherche médicale, un champ d’études qui a reçu une considération limitée, selon la Dre Conklin.

Il est très bien établi maintenant que dans la recherche sur les maladies cardiovasculaires, en particulier, la santé des femmes ne reçoit pas autant d’attention, soutient-elle.

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