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Élection en Côte d'Ivoire : un scrutin émaillé d'incidents

Un homme tient un bulletin de vote dans ses mains.

Le dépouillement dans le cadre de l'élection du président de la République de Côte d'Ivoire a commencé dans un bureau de vote d'Abidjan, le 31 octobre.

Photo : afp via getty images / Issouf Sanogo

Agence France-Presse

Les Ivoiriens ont voté samedi à une élection présidentielle marquée par de multiples incidents, surtout dans les fiefs de l'opposition, malgré l'appel au calme du chef de l'État Alassane Ouattara, en quête d'un troisième mandat controversé.

L'opposition a d'ores et déjà qualifié d'échec ce scrutin, dénonçant la décision de M. Ouattara de se représenter après deux mandats. L'ancien chef rebelle et premier ministre Guillaume Soro, en exil en Europe, a affirmé ne plus reconnaître le président Alassane Ouattara et appelé à oeuvrer à son départ.

Les bureaux de vote ont commencé à fermer à 18 h, heure locale. Le taux de participation de cette présidentielle sera déterminant pour mesurer si l'appel de l'opposition à le boycotter a été suivi.

Les quelque 7,5 millions d'électeurs sur 25 millions d'habitants avaient le choix entre quatre candidats : M. Ouattara, 78 ans, l'ex-président Henri Konan Bédié, 86 ans, chef du principal parti d'opposition, Pascal Affi N'Guessan, 67 ans, ancien premier ministre de Laurent Gbagbo et l'outsider Kouadio Konan Bertin, 51 ans, indépendant.

Le président, qui vise une victoire dès le premier tour, s'est montré confiant, parlant d'une dizaine d'incidents et affirmant que les Ivoiriens étaient sortis nombreux pour voter.

Ses opposants, MM. Bédié et Affi N'Guessan, avaient appelé au boycottage du scrutin, même s'ils n'ont pas formellement retiré leurs candidatures, et à la désobéissance civile.

Ce coup d'État électoral a été un échec. Le peuple ivoirien a réussi à faire échec à cette élection.

Le porte-parole de l'opposition Pascal Affi N'Guessan

Des incidents à travers le pays

Barrages, routes coupées, urnes saccagées, matériel électoral bloqué, heurts avec la police... De nombreux incidents, en majorité dans les fiefs de l'opposition, se sont produits tout au long de la journée.

La police anti-émeute tire des gaz lacrymogènes, à Abidjan.

La police antiémeute disperse des manifestants à Abidjan, lors de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire.

Photo : afp via getty images / Issouf Sanogo

Des affrontements avec des personnes armées de machettes ont même eu lieu à Yopougon, quartier populaire d'Abidjan, et à Gboguhé (centre-ouest) selon des témoins. Il n'était pas possible d'établir un bilan dans l'immédiat.

Depuis le mois d'août, une trentaine de personnes sont mortes lors de manifestations qui ont viré aux affrontements interethniques après l'annonce de la candidature de M. Ouattara.

Crise majeure redoutée

L'élection en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, fait craindre une nouvelle crise dans une région éprouvée par des attaques djihadistes incessantes au Sahel, par un putsch au Mali et une contestation politique chez le géant voisin nigérian.

Des milliers d'Ivoiriens ont quitté les grandes villes pour rentrer dans leurs villages. Beaucoup craignent une crise majeure, dix ans après celle qui avait suivi la présidentielle de 2010, faisant 3000 morts, à la suite du refus de Gbagbo, qui était au pouvoir depuis 2000, de reconnaître sa défaite face à M. Ouattara.

Laurent Gbagbo, acquitté en première instance de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI), était sorti jeudi depuis la Belgique d'un silence médiatique de neuf ans pour appeler au dialogue, sous peine de catastrophe.

Pour Sylvain N'Guessan de l'Institut de stratégie d'Abidjan, Ouattara va être réélu, mais il a perdu son aura, il est devenu un président africain comme les autres, qui s'accroche au pouvoir.

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