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Précarité : 57 % des musiciens et musiciennes pourraient changer de métier

Un musicien joue de la guitare sur scène.

Entre 2019 et 2020, la portion des membres de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec gagnant 20 000 $ et moins par an est passée de 20 % à 56 %.

Photo : iStock

Radio-Canada

Plus de la moitié des personnes pratiquant la musique à titre professionnel envisagent d’abandonner leur carrière, ou y réfléchissent, selon un sondage réalisé par la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ). Et la moitié des répondants et répondantes disent faire face à des difficultés financières en raison de la crise de la COVID-19.

La refermeture des lieux culturels situés en zone rouge, le 1er octobre dernier, est venue doucher les espoirs de reprise durable des activités qu’avait suscitée la rentrée chez les musiciens et les musiciennes. Depuis le mois de mars, 71 % des personnes ayant répondu au sondage de la GMMQ travaillent à 25 % ou moins de leur capacité, d’après ce sondage publié vendredi.

À la longue, l’effet commence à être difficile sur le moral des troupes, et sur les finances aussi, a expliqué Luc Fortin, président de la GMMQ, à Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18.

Entre 2019 et 2020, la portion des membres de la GMMQ gagnant 20 000 $ et moins par an est passée de 20 % à 56 %.

D’un orchestre à la SAQ

Bon nombre de personnes du milieu musical avaient l’habitude de travailler dans l’hôtellerie-restauration pour améliorer leurs revenus. Or ce secteur subit également de plein fouet les répercussions de la pandémie.

Si les musiciens et musiciennes, pour la plupart pigistes, ont l’habitude de vivre sans sécurité d’emploi, 57 % des membres de cette profession pensent aujourd'hui abandonner leur carrière, ou y réfléchissent, d’après le sondage publié vendredi.

L’insécurité a été multipliée par 10 avec la pandémie, il n’y a plus de travail, a-t-il ajouté.

Plus tôt cette semaine, le chanteur Pierre Lapointe faisait part de son inquiétude à ce sujet en entrevue avec Catherine Richer. J’ai des amis qui sont musiciens classiques, qui jouent pour de grands orchestres, [...] qui ont 20 ans de carrière et qui se retrouvent à [faire] des CV pour la SAQ, a-t-il déclaré.

Se trouver une nouvelle vie professionnelle est compliqué. Il n’y a pas beaucoup de domaines où il y a de bonnes perspectives d’emploi ces temps-ci, a déploré Luc Fortin. Retourner sur les bancs de l’école est une possibilité examinée par certaines personnes, mais décider de reprendre des études pendant 3 ans quand on a 55 ans est loin d’être facile. 

Un programme d’aide à la transition professionnelle

S’il existe un programme d’aide à la transition professionnelle pour les danseurs et danseuses, rien n’est prévu pour les personnes évoluant dans les autres disciplines artistiques.

La GMMQ est donc présentement en discussion, notamment avec l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l'image et du son (AQTIS) ainsi que l’Union des artistes (UDA) pour demander à Emploi Québec la création d’un programme spécialisé en transition professionnelle pour les personnes du domaine des arts.

L’objectif est d’aider les gens à élargir leurs possibilités, à avoir un plan B, explique Luc Fortin.

Manque de soutien gouvernemental

Les 750 personnes qui ont répondu au sondage de la GMMQ ont attribué une note de 62 sur 100 au gouvernement fédéral, qui a mis en place la Prestation canadienne d'urgence (PCU), et de 25 sur 100 au gouvernement provincial.

Les gens n’ont pas l’impression que l’argent [versé par Québec pour soutenir la culture] ruisselle jusqu’à eux, a-t-il déclaré pour expliquer cette insatisfaction marquée à l’égard du gouvernement provincial.

Mettre des centaines de millions dans un paquet de programmes, c’est bien, mais ça n’a pas fonctionné pour vraiment [compenser les pertes de revenus] des gens et qu'ils puissent s’en sortir, a-t-il ajouté. La preuve, c’est qu’on a un bon pourcentage [de musiciens et musiciennes] qui ne sont plus capables et qui pensent arrêter.

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