•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Abolition d’une mesure discriminatoire envers les femmes dans le RQAP

Une femme travaille sur un ordinateur tout en tenant son bébé dans les bras.

Le Régime québécois d'assurance parentale existe depuis 2006.

Photo : iStock

Avec l’adoption du projet de loi 51 sur le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP), l’Assemblée nationale met fin à une mesure inégale envers les femmes. Dorénavant, les mères qui souhaiteront reprendre le travail graduellement durant leur congé de maternité pourront continuer à percevoir leurs prestations hebdomadaires.

Cette mesure était pourtant permise pour les pères. La décision découle d'une approche qui vise également des effets positifs à long terme sur le cheminement professionnel des mères, souligne le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale dans un communiqué.

Jean Boulet s’est réjoui de l’adoption à l'unanimité du projet de loi, plus tôt cette semaine. Les associations qui représentent les femmes tout autant.

Ce sont de grandes avancées, notamment sur la controverse de l’iniquité entre les hommes et les femmes, affirme Sylvie Lévesque, porte-parole de la Coalition pour la conciliation famille-travail-études.

Avant, si une mère obtenait une rémunération durant son congé, ce montant était automatiquement retiré de ses prestations du RQAP. Dès janvier 2021, sa prestation ne sera pas réduite, pourvu que sa rémunération demeure inférieure à son revenu hebdomadaire moyen.

C’est vraiment important pour la société, qui a beaucoup évolué. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas que les mères restent avec leur enfant, mais maintenant, elles pourront rester plus connectées avec le monde du travail, sans être pénalisées, si elles le souhaitent, ajoute Mme Lévesque.

Un plus pour les parents adoptants

La Loi visant principalement à améliorer la flexibilité du régime d’assurance parentale corrige également une inégalité entre les parents biologiques et les parents adoptants.

Les deux groupes auront droit au même nombre de semaines de prestations, soit 55 semaines.

Cette nouvelle mesure n’est pas une surprise. Le gouvernement de la CAQ avait déjà indiqué qu’il souhaitait mettre fin à l’écart de 13 semaines de prestation qui existait entre les deux groupes de parents.

On voit vraiment une meilleure flexibilité pour les parents adoptants. Ils peuvent eux aussi prendre leur congé sur une période d’un an et demi, pas seulement un an, et ont accès au même nombre de semaines que les autres parents, mentionne le porte-parole de Québec solidaire en matière de Travail, le député Alexandre Leduc.

Ce dernier a également proposé un amendement qui touche les mères monoparentales sans père inscrit au registre.

Plusieurs mères m'expliquaient qu’elles devraient pouvoir avoir accès aux cinq semaines normalement payées aux pères, puisqu'il n'y a pas de père, souligne M. Leduc.

Avec la nouvelle loi, ce sera désormais possible. Nous avons parlé avec le ministre et il a fait ses calculs et a confirmé que la mesure était possible, ajoute-t-il.

Au Québec, on enregistre environ 2000 naissances sans père déclaré chaque année.

La Coalition pour la conciliation famille-travail-études et la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées faisaient partie des groupes qui revendiquaient un tel changement depuis plusieurs années.

La mesure n'entrera cependant en vigueur qu’en janvier 2022.

Avec la collaboration de Jean-François Blanchet

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !