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Le Manitoba contraint d'adapter son système de santé pour faire face à la COVID-19

La forte augmentation des cas est à l'origine des mesures.

Une vue sur l'entrée de l'Hôpital Saint-Boniface.

L'Hôpital Saint-Boniface a déjà dû annuler des dizaines d'opérations chirurgicales.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Le Manitoba se trouve contraint de réorganiser en partie son système de santé pour faire face à l’explosion des cas de COVID-19 dans la province. L'augmentation du nombre de cas pousse certains services hospitaliers vers leur limite de capacité d'accueil.

Vendredi, les autorités sanitaires ont annoncé 480 nouveaux cas de COVID-19 et 104 malades se trouvaient à l’hôpital, un record.

Parmi ces 480 cas, certains ont été annoncés avec du retard et se répartissent ainsi: 2 cas le 25 octobre, 4 cas le 26, 44 cas le 27, 193 cas le 28 et 237 cas le 29 octobre.

Cette forte hausse oblige les responsables à trouver des solutions pour faire face à l’augmentation des hospitalisations. À Winnipeg, les soins intensifs avaient atteint 96 % de leur capacité vendredi matin, selon l’infirmière en chef de Soins communs, Lanette Siragusa.

Soixante-huit des 71 lits étaient occupés et parmi ceux-ci, 19 étaient pris par des malades de la COVID-19, a-t-elle précisé lors d’une conférence de presse donnée en compagnie du médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin.

Ces nombres sont inquiétants et avec de telles augmentations de cas quotidiennes, on peut s’attendre à ce qu’il y ait plus d’hospitalisation au cours des deux prochaines semaines, a-t-elle ajouté.

Les opérations non urgentes suspendues

Pour être en mesure de faire face, les autorités sanitaires ont donc décidé d’annuler à nouveau toutes les opérations chirurgicales non urgentes. Une telle mesure avait déjà été prise au printemps, lors de la première vague de COVID-19.

À partir de lundi, les opérations et les endoscopies non urgentes seront suspendues. À ce jour, 99 ont déjà été annulées, dont 72 à l’Hôpital Saint-Boniface, a déclaré Lanette Siragusa.

Cela concerne les procédures médicales pour lesquelles la vie des personnes n’est pas en danger immédiat et qui peuvent attendre. Les patients impactés par ces changements seront appelés directement.

Mais, quand le temps compte, les opérations seront maintenues. Celles qui sont liées au cancer, les chirurgies de traumatologie cardiaque continueront d'être effectuées au besoin, a développé l’infirmière en chef de Soins communs.

D’autres opérations peuvent aussi avoir lieu si elles sont jugées urgentes par les professionnels de la santé. Cela sera évalué au cas par cas, par le leadership chirurgical dans chaque région sanitaire.

Des patients déplacés hors des hôpitaux

Par ailleurs, Lanette Siragusa a fait savoir que la province allait devoir déplacer des lits en dehors des hôpitaux pour augmenter la capacité du système de santé et réserver les lits en milieu hospitalier aux patients les plus malades.

Au printemps, la province avait déjà planifié une telle éventualité et avait lancé un appel d’offres pour recueillir des propositions de lieux pour accepter des malades en cas d'engorgement du système. Des hôtels, entre autres, y avaient répondu.

Ces expansions ne seraient pas pour des patients atteints spécifiquement de la COVID-19, mais pour des patients à faible risque, stables et qui ont encore besoin de soins, mais qui peuvent être donné dans un milieu non hospitalier, a-t-elle rappelé.

Cela implique aussi l'achat de nouveaux lits, d’équipements et fournitures, qui, selon l’infirmière en chef, ont déjà été commandés et sont prêts à l'emploi.

À ces mesures s’ajoute la limitation du nombre de visiteurs pouvant entrer dans les hôpitaux de Winnipeg à partir de lundi. Des exceptions seront toutefois possibles pour les patients en fin de vie, les accouchements et la pédiatrie.

Tous les visiteurs devront répondre à un questionnaire et des équipements de protection individuelle leur seront remis si la situation est appropriée, a ajouté Lanette Siragusa.

Un plan en trois phases

Tout cela fait partie de la première phase d’un plan qui en comporte trois. La première phase est celle qui peut être mise en place le plus rapidement.

En plus d’étendre la capacité concernant les lits, du personnel sera redéployé et des salles modifiées. Du personnel sera libéré des sites de dépistages dès que de nouvelles personnes actuellement en formation qui prendront le relais.

La deuxième phase du plan augmenterait encore la capacité et cela pourrait nécessiter de nouvelles modifications en termes d’espace et d’équipements.

La troisième phase concernerait l’expansion de la capacité des sites qui sont en dehors des hôpitaux.

Elle toucherait des patients qui ne sont pas atteints de la COVID-19 mais qui seraient assez stables, a-t-elle précisé.

Déplacer ces patients libérerait de l'espace pour des cas plus urgents, tels que les patients atteints de COVID-19.

De son côté, le syndicat des infirmières du Manitoba reproche au gouvernement progressiste-conservateur de ne pas avoir augmenté la capacité des hôpitaux et des services de santé alors qu’il savait qu’une deuxième vague allait arriver.

Le gouvernement de Brian Pallister avait des mois pour se préparer. Il est resté assis sans rien faire, a refusé d’investir dans notre système de santé publique et maintenant on est à un tournant, a déclaré la présidente du syndicat, Darlene Jackson, dans un communiqué.

Avec les informations de La Presse canadienne

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