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Il faut un « message d’espoir » pour la culture, dit l’ex-ministre Liza Frulla

En tournée médiatique pour la parution de sa biographie, l’ancienne ministre Liza Frulla a accepté notre invitation à commenter les récentes décisions du gouvernement en matière de santé publique, plutôt que de refaire le film de sa vie.

Liza Frulla dans un studio radio.

L’ex-ministre Liza Frulla lance un cri du cœur concernant les secteurs de la culture et du tourisme québécois.

Photo : Radio-Canada / Thomas Lafontaine

Reconnue pour ne pas avoir la langue dans sa poche, celle qui est maintenant à la tête de l’organisme Culture Montréal et de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) ne se fait surtout pas prier pour parler de politique...

Son livre, écrit par la journaliste Judith Lussier, s’intitule Passionaria, en référence à son côté militant et à son acharnement à défendre les causes qui lui tiennent à cœur. Parmi celles-ci : la culture et le tourisme québécois.

Elle profite de notre entrevue pour lancer un véritable cri du cœur concernant ces deux secteurs. Il ne faut pas que les jeunes lâchent! On va tellement en avoir besoin! s’exclame-t-elle, inquiète que ceux-ci désertent les milieux culturel et touristique à cause de la pandémie.

Même si l’avenir apparaît plutôt sombre en confinement, elle est convaincue que les perspectives d’emploi dans ces secteurs vont redevenir ce qu’elles étaient, et mieux encore. Après la Deuxième Guerre mondiale, il y a eu une renaissance, et la reprise [a été] deux fois plus forte. C’est sûr que ça va reprendre et que ça va exploser! lance-t-elle.

Mme Frulla prétend qu'il est maintenant de la responsabilité du gouvernement d’envoyer un message d’espoir pour leur rappeler que les mesures sanitaires strictes ne sont que temporaires.

Le temps de se perfectionner

En attendant la reprise normale des activités, elle invite les jeunes qui aspirent à faire carrière dans les domaines de la culture et du tourisme à profiter de ce moment pour s’améliorer plutôt que de se décourager. Elle pense même que ce sera un remède psychologique à la pandémie.

Ce qui est important, c’est de continuer sa formation, d’aller se spécialiser. Formez-vous pour que, quand ça va reprendre, on va non seulement retrouver l’excellence dont on fait preuve, mais ce sera une coche au-dessus, affirme-t-elle.

Il faut faire passer le message que de la culture, il va toujours y en avoir.

Liza Frulla

Sa grande crainte, c’est qu’on est en train de déstructurer le secteur du tourisme et il ne faut pas que ça arrive.

Montréal est la capitale de la gastronomie nord-américaine. On ne peut pas perdre ça, ce n’est pas possible! Il faut passer au travers de la tempête et, en attendant, il faut que les jeunes se perfectionnent… c’est la clé, estime-t-elle.

Compatir avec le gouvernement

Liza Frulla a dirigé le ministère de la Culture, à Québec comme à Ottawa. Après avoir doté le Québec de sa première politique culturelle, elle a créé le Conseil des arts et des lettres du Québec ainsi que la Société de développement des industries culturelles (SODEC).

Son livre raconte notamment les tractations pour l’adoption et la signature de la Convention internationale de l’UNESCO sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques.

Son expérience personnelle la pousse à compatir avec l’actuelle ministre Nathalie Roy, qui gère une crise énorme en ce moment.

Même si Mme Frulla s’est interrogée ouvertement sur la pertinence du reconfinement du milieu culturel dans une lettre ouverte aux médias, elle considère que l’aide financière annoncée par le gouvernement est un très bel effort, même si ça ne couvre pas tout, et que les autorités font ce qu’elles peuvent.

Liza Frulla ne se gêne habituellement pas pour donner une opinion franche, selon ce que relate sa biographie. L’auteure la décrit comme une femme qui défonce des portes, après avoir été la première femme à mettre les pieds dans le vestiaire du Tricolore en tant que journaliste, à diriger le marketing d’une grande brasserie et à avoir porté le pantalon au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

Critiquer le gouvernement, tous partis confondus, elle l’a fait pendant plusieurs années comme analyste et animatrice. Cette fois, elle se garde de lui jeter la pierre, malgré son désaccord sur certaines des mesures actuelles.

Selon elle, tant et aussi longtemps que le gouvernement Legault fera preuve de cohérence dans la gestion de la crise sanitaire, les milieux culturels et touristiques le suivront.

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