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Souveraineté : il y a 25 ans, l'Est-du-Québec disait OUI

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Une salle bondée de jeunes partisans joyeux.

L'atmosphère dans le camp du OUI était à la fête avant la douche froide.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 25 ans, le Québec vivait son deuxième référendum sur la souveraineté. Le résultat a été extrêmement serré, se soldant par une défaite crève-cœur pour bien des partisans dans l'Est.

L'option du NON a gagné avec 50,58 % des voix contre 49,42 % pour le camp du OUI, soit une majorité d'à peine 54 000 voix.

Dans l’Est-du-Québec, le résultat a été différent puisque le OUI a obtenu une majorité de voix au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie-Les-Îles et sur la Côte-Nord.

L'ex-députée fédérale de Rimouski Éva Côté et l'ex-maire de Rimouski, Philippe Michaud, dans le local réservé aux partisans du NON, attendaient patiemment les résultats du vote.

L'ex-députée fédérale de Rimouski Éva Côté et l'ex-maire de Rimouski, Philippe Michaud, dans le local réservé aux partisans du NON, attendaient patiemment les résultats du vote.

Photo : Radio-Canada

Le vote dans l'Est contrastait avec les résultats nationaux.

Pourcentages des votes pour le OUI par circonscription

  • Duplessis : 62,78 %
  • Gaspé : 58,5 %
  • Kamouraska-Témiscouata : 52,66 %
  • Matane (Haute-Gaspésie) : 62,46 %
  • Matapédia : 64,3 %
  • Rimouski : 63,73 %
  • Rivière-du-Loup : 54,59 %
  • Saguenay (Baie-Comeau) : 73,33 %

Le OUI perdait seulement dans Bonaventure, avec 48 % du vote.

Comme ailleurs au Québec, les taux de participation avoisinaient, voire dépassaient tous plus ou moins les 90 %.

Victoire régionale, défaite nationale

L'animateur Bernard Derome et le tableau indiquant les résultats.

Si la tendance se maintient... l'animateur Bernard Derome a annoncé la défaite pour le camp du OUI et la victoire du NON, avec une marge très serrée.

Photo : Radio-Canada

Le soir du 30 octobre 1995, les partisans du OUI à Rimouski encaissent une défaite nationale lorsqu’ils entendent l’animateur Bernard Derome déclarer : Radio-Canada prévoit que si la tendance se maintient, c'est l'option du NON qui remportera ce référendum.

Mais ils se consolent avec une victoire régionale.

Jamais. Jamais nous n'abandonnerons l'idée du peuple québécois d'avoir un jour un pays, avait martelé la députée péquiste de Rimouski, Solange Charest, à la suite de l’annonce des résultats.

Solange Charest.

La députée de Rimouski Solange Charest, le soir du référendum

Photo : Radio-Canada

La déclaration de Jacques Parizeau marquera la soirée et la suite des choses.

L’actuel député de Rimouski, le péquiste Harold LeBel, interprète à sa façon cette particularité régionale. Ce sentiment-là, de pouvoir décider pour nous-mêmes que porte le projet souverainiste, ça correspondait aux valeurs des gens de chez nous, croit-il.

Son collègue, le député de René-Lévesque Martin Ouellet, partage cette vision des choses. La Côte-Nord s'est développée par de grands chantiers, de grands bâtisseurs, rappelle-t-il. Pour nous, il y a toujours eu une ferveur d'être propriétaires de notre territoire, d'être maîtres chez nous.

C’est moins clair pour Rémi Bujold, ex-député de Bonaventure–Îles-de-la-Madeleine et président de la section Québec du Conseil pour l'unité canadienne. Essayer de trouver des explications, c'est très très difficile, estime-t-il. La seule explication que je vois, c'est que vous aviez trois comtés représentés par des députés du Parti québécois.

Résignation au lendemain du vote

Mais malgré la tension du moment, la tension d'un vote si serré, le lendemain, les Québécois sont simplement retournés à leurs affaires.

Il n'y a pas eu de débordement, il n'y a pas eu de violence, il n'y a pas eu de casse, se souvient Martin Ouellet. C'est ce qui fait la qualité du peuple québécois.

Des partisans du camp du oui découragés et en pleurs.

Des partisans du camp du oui découragés et en pleurs, le soir du référendum. Pour certains, la défaite a été difficile à accepter.

Photo : The Canadian Press / PAUL CHIASSON

Rémi Bujold croit aussi que la notion de respect a joué dans cette réaction. C'est ma seule explication, les gens étaient plus respectueux des opinions des autres. C'est ce qui a fait qu'il n'y a rien eu, explique-t-il.

Harold LeBel abonde dans le même sens. Tout le monde s'est respecté, commente-t-il. C'est une belle valeur des Québécois de faire cela comme cela.

Ce référendum fait maintenant partie de l'histoire du Québec, 25 ans plus tard. Certains estiment que le référendum a été « volé » par le camp du NON.

D’après le reportage de Denis Leduc

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