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COVID-19 et dépenses fédérales : « Il n'y a pas de chèque en blanc », dit Freeland

Portrait de Chrystia Freeland.

La ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Si Ottawa se dit prêt à dépenser le nécessaire pour aider les citoyens et les entreprises qui subissent les contrecoups de la crise sanitaire, la ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, a tout de même tenté vendredi de rassurer ceux qui pourraient s'inquiéter de voir la dette devenir hors de contrôle.

Il n’y a pas de chèque en blanc ni rien de gratuit, a-t-elle convenu lors d'un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), non sans avoir longuement justifié la nécessité actuelle de soutenir les travailleurs et les entrepreneurs qui sont malmenés par la COVID-19.

Or, la vaste approche que nous adoptons sur le plan budgétaire pour lutter contre le coronavirus ne s’étendra pas à l’infini, a prévenu la ministre.

Elle a ses limites et elle sera mise en place temporairement. Un gouvernement sensé et prudent s’impose des limites au lieu d’attendre que les forces extérieures brutales des marchés de capitaux internationaux s’en chargent, a-t-elle déclaré.

Mme Freeland n'a toutefois pas détaillé ces limites. J'en aurai plus à dire bientôt, s'est-elle contentée de dire. Et, surtout, il est encore bien trop tôt pour réduire les dépenses.

La ministre a ainsi indiqué qu'avant toute chose, le gouvernement prévoit des investissements ciblés et soigneusement réfléchis à grande échelle afin de s'assurer d'une reprise économique vigoureuse lorsque le temps sera venu. Encore là, elle a indiqué qu'elle dévoilerait davantage d'information à ce sujet au cours des prochaines semaines.

Nous vivons aujourd’hui dans un monde où les risques de l’inaction financière pèsent plus lourd que les risques associés à l’action. Il est plus dangereux et il pourrait être plus coûteux d’en faire trop peu que d’en faire trop.

Chrystia Freeland, ministre des Finances

Les ressources au rendez-vous

Plus tard, en entrevue avec Gérald Fillion à l'émission Zone économie, elle a repris les grandes lignes de ce discours qui semble mettre la table pour son premier budget – un exercice très attendu – ou, du moins, sa première mise à jour économique.

On a les ressources pour faire ce qu'on doit faire, a ainsi assuré la ministre Freeland en entrevue. Je suis absolument convaincue de ça. Le Canada est entré dans la crise avec une position fiscale très forte. Comme vous avez constaté, les taux d'intérêt sont à de très bas niveaux aujourd'hui; on peut faire ce qu'on doit faire.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Entrevue avec Chrystia Freeland

Depuis le début du mois d'octobre, près de 1,8 milliard de dollars ont été distribués à plus de 1,1 million de personnes par le biais des programmes d'aide qui ont remplacé la Prestation canadienne d'urgence (PCU), selon l'Agence du revenu du Canada.

  • Prestation canadienne de la relance économique : 1,48 G$ versés à près de 920 000 personnes
  • Prestation canadienne de maladie pour la relance économique : 89,6 M$ versés à près de 110 000 personnes
  • Prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants : 220,9 M$ versés à plus de 161 000 personnes

Mme Freeland est en poste depuis la mi-août, après un remaniement ministériel rendu nécessaire en raison de la démission de Bill Morneau, plongé dans la tourmente engendrée par l'affaire UNIS.

Le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau n'a pas présenté de budget depuis son élection, en octobre 2019.

En juillet, M. Morneau avait tout de même offert un « portrait de l'économie » canadienne, afin de faire le point sur l'état des finances publiques depuis le début de la pandémie. Il prévoyait alors un déficit record de 343 milliards de dollars pour l'exercice 2020-2021, du jamais vu au Canada.

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