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Celui qui gagnera dans cet État recevra les clés de la Maison-Blanche

Il y a le poids électoral de la Floride, mais la Pennsylvanie demeure un trophée incontournable pour remporter la présidence. Et celui qui gagnera cet État l'emportera probablement dans les autres États de la Rust Belt, le Michigan et le Wisconsin.

Un chandail avec une image de Donald Trump.

«Enfin, quelqu'un avec des couilles» est-il écrit sur le chandail que vend Frank Archambault.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

En ce début d’après-midi frisquet, Frank Archambault, vétéran âgé de 72 ans, est assis dans son petit camion, à un carrefour près de Washington en Pennsylvanie. Accrochés à son véhicule, des chandails sur lesquels il a lui-même imprimé des photos de Donald Trump avec des phrases comme : Finally someone with balls (Enfin quelqu'un de courageux!).

Vous venez d’un pays socialiste, me dit-il.

Si vous le dites, je lui réponds.

Frank Archambault au volant de sa camionnette.

Frank Archambault est un vétéran.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Si vous lui parlez de Biden, il se lance dans une longue tirade sur le fait que les démocrates sont des profiteurs, alors que les républicains veulent bâtir et faire en sorte que chacun soit motivé à être autonome.

Dans ce coin de pays où la fracturation hydraulique pour extraire le pétrole est devenue un nouveau gagne-pain pour certains propriétaires comme Frank, les déclarations de Biden sur la réduction de l’octroi de nouveaux permis d’exploitation ne lui font pas plaisir. Il va tuer l’économie.

Trump, homme fort de la campagne

Dans la grisaille de l’automne, sur la route de Pittsburgh qui mène vers Philadelphie, le nom de Trump apparaît souvent, comme dans la petite ville ouvrière de Washington, à 30 minutes de la ville des Penguins.

Patty Fisher-Weissert, une coiffeuse, résume bien notre coup de sonde. C’est environ 72 % pour Trump, le reste pour Biden, calcule-t-elle, selon l’opinion de ses clients. J’aime bien Biden comme personne, mais il ne ferait pas un bon président.

La cour avant d'une maison décorée pour Halloween sur le gazon de laquelle est plantée une pancarte pour Joe Biden.

Le bleu démocrate resurgit dans les banlieues, comme ici dans celle de la ville de Media.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Si l’ouest de la Pennsylvanie est surtout pro-Trump, à l’exception de Pittsburgh et de sa banlieue, il y en a quand même qui font encore partie des 45 % des électeurs en moyenne qui ne votent pas aux États-Unis, et cette élection n’y fera pas exception pour Ron Richards, un peintre en bâtiment en train de rénover un vieil édifice. Je n’ai aucun espoir de changement pour mon pays, peu importe le vainqueur, ce sont les entreprises qui gèrent tout de toute façon.

Une économie qui se relève

Plus à l’est, dans les petites villes qui fonctionnent au ralenti à cause de la pandémie, il y a la municipalité la plus pauvre de l’État, Johnstown, une ville qui vibre au rythme de son équipe de hockey, les Tomahawks.

Dans l’aréna, on croise son directeur, Jean Desrochers, un Québécois originaire de Dalhousie. Il n’est pas peu fier de nous faire visiter un petit musée en l’honneur du film Slapshot, le film mythique dans lequel jouent Paul Newman et Yvan Ponton, un méga-succès au Québec dès sa sortie grâce à sa version doublée en québécois.

Une pièce du musée.

Musée en l’honneur du film Slapshot, à Johnstown, en Pennsylvanie.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Trump a fait beaucoup de choses pour Johnstown, qui a longtemps été démocrate, me confie-t-il. Il appelle ensuite un des plus célèbres habitants, Steve Carlson, ex-joueur de la Ligue nationale et acteur dans Slapshot.

Avec ses lunettes légendaires, l’un des trois frères Hanson n’a que de bons mots pour Johnstown, qui va mieux depuis quatre ans. Et pas question qu’un éventuel président démocrate y change quoi que ce soit. Je ne veux pas voir le pays reconfiné à nouveau, c’est ce dont parle Biden et cela nous ferait très mal. Nul doute qu’il choisira Trump sur son bulletin de vote mardi.

Steve Carlson.

Steve Carlson est un ex-joueur de la Ligue nationale et acteur de Slapshot.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Villes et banlieues pro-Biden

Que ce soit dans la région de Pittsburgh ou de Philadelphie, ou d’ailleurs comme dans beaucoup d’autres États qui ont basculé dans le camp républicain il y a quatre ans, le bleu démocrate resurgit dans les banlieues, si l’on se fie au nombre de pancartes électorales devant les maisons. Ce qui devrait inquiéter les républicains, car ces banlieues sont très riches en votes et risquent de faire toute la différence d’ici le 3 novembre.

Dans la ville de Media, qui fait partie du comté de Delaware, Joe Biden est l’homme providentiel, selon les jeunes familles que l‘on rencontre sous la pluie battante en ce jeudi matin. Les gens se réveillent et voient ce qui se passe, et ils utilisent leur voix pour se faire entendre, c’est très positif, explique Justin, un jeune Afro-Américain père de deux enfants.

Ras-le-bol de l’élection

Au fur et à mesure des rencontres d’est en ouest, même si, à l’image des États-Unis, la Pennsylvanie est très divisée politiquement, il y a malgré tout quelque chose qui unit ces citoyens : le ras-le-bol de cette campagne qui a exacerbé la polarisation entre eux. Howard et Christine Hornickel en avaient déjà marre il y a 6 mois d’entendre parler de la course à la Maison-Blanche. Vous savez, on sera encore vivants mercredi ou jeudi après l’élection et cela ne va pas changer grand-chose dans nos vies, peu importe celui qui va gagner. Ils voteront quand même pour le président… pour être sûrs.

Des chandails blancs imprimés accrochés à une voiture.

Frank Archambault vend des chandails pro-Donald Trump dans sa camionnette.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Au fait, Frank Archambault, qui est toujours dans son véhicule, a-t-il vendu beaucoup de chandails depuis le début de cette campagne? Pas un seul! Parfois même je les donne. Ce n’est pas grave, Trump va gagner quand même.

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