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Des Mauriciens vivant aux États-Unis fébriles avant le jour du scrutin

Un drapeau américain flottant devant le sommet d'un édifice.

Les Américaines iront aux urnes mardi prochain pour élire leurs représentants et leur prochain président.

Photo : AP / Andrew Harnik

C’est une Amérique divisée qui élira un nouveau président des États-Unis ce mardi. Des Mauriciens vivant au sud du 49e parallèle attendent avec fébrilité les résultats de cette élection.

Les tensions sont très élevées en ce moment. On est nerveux , souligne d’entrée de jeu, Dominique Lemire. La Mauricienne d’origine vit depuis 20 ans aux États-Unis. Ce sont ses études qui l’ont fait quitter son Trois-Rivières natale pour poursuivre sa maîtrise.

Elle demeure actuellement dans l’état de la Pennsylvanie, un état clé dans l’élection présidentielle actuelle. Tout pourrait s’y jouer et pour l’instant, les sondages ne donnent pas d’idée claire de qui l’emportera.

Dominique Lemire croit qu’il y a davantage de supporteurs du président sortant, Donald Trump. Selon elle, plusieurs collègues ou voisins votent républicain pour des considérations fiscales.

Dominique Lemire demeure aux États-Unis depuis plus d'une vingtaine d'année. La résidente de la Pennsylvanie estime que la course est très serrée dans son état.

Dominique Lemire demeure aux États-Unis depuis plus d'une vingtaine d'année. La résidente de la Pennsylvanie estime que la course est très serrée dans son état.

Photo : Courtoisie

Les gens ont leur idée faite déjà. Dans mon milieu de travail, beaucoup sont supporteurs de Trump. Alors je garde ma bouche fermée pour ne pas avoir de chicanes avec les gens. C'est difficile de discuter de politique en ce moment à cause des tensions , estime-t-elle.

C’est sans compter les nombreuses manifestations sous fond de tension raciale dans la dernière année. Elle craint les conséquences que pourrait avoir une réélection de Donald Trump.

On se dit qu’une guerre civile pourrait même être possible, avec les tensions extrêmes qu’on a vues dans les derniers mois. Alors, on a l’impression que Kamala Harris et Joe Biden ont la capacité d’unir les gens et de mettre un peu un pansement sur les blessures de beaucoup de gens aux pays , soutient-elle.

Autre facteur de stress pour Mme Lemire : le fait que les résultats pourraient prendre jusqu’à trois jours pour être connus dans son état.

De républicain à démocrate

Un homme avec un casque de vélo jaune fluorescent regarde la caméra.

Louis Draper, originaire de Shawinigan, réside en Californie depuis près d'une vingtaine d'années.

Photo : Courtoisie

Depuis qu’il est devenu citoyen américain en 1997, Louis Draper avait toujours voté rouge. Il adhère aux mesures fiscales du parti républicain. Tout a changé quand Donald Trump a remporté l’investiture républicaine.

C’était clair en 2016, comme c’est aussi clair aujourd’hui, que Trump a pas d’allure.

Le banquier d’affaires dans la Silicon Valley originaire du secteur Grand-Mère à Shawinigan a toutefois dû se boucher le nez pour voter démocrate en 2016.

Ça été très facile cette année. On a voté pour Joe Biden. Et pour les autres positions en élection, on a voté démocrate d’un bout à l’autre. Ça, c’est la première fois que je fais ça, souligne-t-il. Normalement, il votait toujours républicain au sénat et au congrès.

Pour lui, Donald Trump n’a pas la stature d’un chef d’État. Il déplore ce qu’il estime être de l’instabilité.

Il est là pour lui. Il n’est pas là pour servir le peuple. Il est menteur. Il n’a aucune intégrité. Je ne peux pas accepter cela comme président, indique M. Draper.

Le résident de la Californie déplore le tempérament imprévisible du président. Il croit que Donald Trump n’a aucun plan économique clair. Pour lui, il ne fait aucun doute que Joe Biden l’emportera le 3 novembre.

Malgré tout, il estime que l’ambiance est bonne en Californie et qu’on sent peu les tensions. Le banquier estime que l’état a bien géré la crise de la COVID-19 et il est satisfait des politiques locales.

Un irréductible supporteur du président

Denis Rivard, originaire de Shawinigan, demeure en Floride. Il est un supporter de Donald Trump de la première heure.

Denis Rivard, originaire de Shawinigan, demeure en Floride. Il est un supporter de Donald Trump de la première heure.

Photo : Courtoisie

L’ambiance est bien différente dans les états rouges où Donald Trump a beaucoup de supporteurs. Le Shawiniganais d’origine, Denis Rivard, demeure en Floride. Il dit sentir beaucoup d’optimisme et d’enthousiasme lors de cette élection. Le citoyen américain est convaincu que le président sortant sera réélu pour un autre mandat. Il a d’ailleurs déjà voté par anticipation pour Donald Trump.

L’enthousiasme ici pour Trump, c’est incroyable! Il y a des véhicules, des chars allégoriques pour lui. Les gens organisent cela eux-mêmes. Il n’y aucun enthousiasme pour Biden. Je m’en fou de ce que disent les sondages, ils disent que Biden mène en Floride. Je crois que c’est impossible. Trump va gagner la Floride et avec une majorité confortable, estime M. Rivard.

Le Shawiniganais se définit comme un conservateur fiscal, mais un libéral social. Ce sont les politiques économiques du président sortant qui le séduisent.

Il est très pro entreprises. Il est pour qu’il y ait moins de légifération de l’état, moins de taxes et plus de libertés individuelles. Notre économie était la meilleure au monde avant la crise de la COVID-19. On avait aucun chômage, soutient-il.

Il croit que son candidat a aussi gagné beaucoup de points auprès des Afro-Américains et de la population hispanophone depuis la dernière élection.

Le vote des noirs et des Hispaniques va faire la différence cette année, croit M. Rivard.

Et sur les tensions actuelles entourant la politique aux États-Unis?

J’aime parler des faits! Il a tenu toutes ses promesses. C’est une discussion plus difficile pour ceux qui sont à gauche, souligne celui qui déplore que les médias américains soient, selon lui, du côté de Joe Biden.

Précarité étudiante

Anthony Laveault-Frigon et Elizabeth Fard sont étudiants à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Anthony Laveault-Frigon et Elizabeth Fard sont étudiants au doctorat à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Photo : Courtoisie

Pour des personnes au statut plus précaire en sol américain, le résultat des élections aura un impact majeur sur leur vie.

C’est le cas d’Anthony Laveault-Frigon qui est étudiant au doctorat à l’Université de la Californie à Los Angeles (UCLA) depuis 2017. Le mandat de Donald Trump a créé beaucoup d’incertitude quant à son avenir académique.

L’administration Trump avait menacé de révoquer certains visas pour les étudiants étrangers et ne pas permettre aux étudiants étrangers de revenir aux États-Unis après avoir quitté le sol américain. Ça m’empêcherait de retourner au Canada. Au niveau personnel, le fait que ce soit Trump ou Biden, je pense que Trump amène un niveau d’instabilité qui me rend incertain de ce que va être mon statut dans l’avenir, raconte M. Laveault-Frigon.

L’ambiance dans sa ville d’adoption est telle que le Trifluvien envisage de revenir au Québec avec sa conjointe qui elle est citoyenne américaine.

On a plusieurs personnes autour de nous qui ont entamé déjà le processus pour immigrer au Canada, qui discutent ouvertement du fait que s’il y a une réélection de Donald Trump, ils vont bouger. Il y a une perception que c’est beaucoup plus stable et qu’il y a une meilleure qualité de vie, mentionne M.Laveault-Frigon.

Ces proches sont des professeurs et des étudiants universitaires.

Les conséquences de l’élection sont telles, que UCLA a discuté de donner une pause aux étudiants advenant des résultats qui prennent plusieurs jours à être connus ou encore s’il y a une réélection du président sortant.

Si par exemple, le président actuel décide de ne pas quitter ses fonctions, même s’il perd. Il y a eu beaucoup de discussions dans le milieu académique sur si on devrait donner une pause aux étudiants, parce que pour les étudiants étrangers ou encore de couleurs, ils pourraient potentiellement avoir un traumatisme après le résultat de l’élection, souligne le candidat au doctorat.

Qu’ils soient rouge ou bleu, jeunes ou plus âgés, tous les Mauriciens demeurant aux États-Unis s’entendent pour dire que les opinions sont plus tranchées que jamais chez le voisin du sud. Ils attendent avec appréhension les résultats du scrutin de mardi.

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