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Énergie Saguenay : Promotion Saguenay dicte ses conditions

Deux bateaux voguent dans le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

Vue du fjord du Saguenay, près duquel serait construit le projet d'usine de transformation de gaz naturel GNL Québec

Photo : Radio-Canada / Alexandre Shields

Favorable au projet Énergie Saguenay, la société de développement économique Promotion Saguenay pose toutefois 11 conditions au promoteur, GNL Québec, pour que l'usine de liquéfaction de gaz naturel puisse voir le jour à La Baie.

Le directeur général, Patrick Bérubé, a livré une présentation succincte, mais claire, lors des audiences du BAPE qui se sont déroulées de façon virtuelle toute la semaine.

Certaines conditions de Promotion Saguenay à GNL Québec : 

  • Mettre en place une cible de retombées économiques régionales à atteindre et les façons d’y parvenir;
  • Créer un comité de suivi permanent environnemental et économique;
  • Mettre en place un système de récupération de CO2 et mettre la chaleur à la disposition d’autres projets;
  • Construire une usine carboneutre;
  • S’engager à ce que les méthaniers construits respectent les conclusions des  études sur la survie des mammifères marins;
  • Installer un quai de chargement pour fournir d’autres entreprises désireuses d’obtenir du gaz naturel liquéfié;
  • Maintenir le siège social de GNL Québec à Saguenay;
  • Créer un fonds destiné au financement de travaux de recherche en énergies renouvelables;

Précaution et petit pas

L’organisme se dit guidé par deux grands principes : la précaution et les petits pas.

Pour nous, ce projet n’est pas une finalité, mais un point de départ pour trouver une nouvelle filière économique , a déclaré Patrick Bérubé.

Promotion Saguenay veut aussi qu’une desserte locale de gaz naturel liquéfié soit accessible, même si lors d’une première consultation, peu d’entreprises se sont montrées intéressées.

On veut éviter le fait qu’on ait des alumineries et qu’on soit incapables de mettre la main sur du métal brut.

Patrick Bérubé, directeur général, Promotion Saguenay

Dans le même esprit, la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, Sandra Rossignol, a déposé un mémoire vendredi après-midi. L’organisme appuie le projet et son conseil d'administration est persuadé que GNL Québec respectera son engagement de construire une usine carboneutre.

Un cadeau du Québec au monde entier

Les maires des villes de Grande Prairie, en Alberta, et de Dawson Creek, en Colombie-Britannique, croient que le Québec ferait un cadeau au monde entier si le gouvernement provincial donnait son aval au projet Énergie Saguenay, piloté par GNL Québec.

Bill Given et Dale Bumstead, qui dirigent des municipalités où se trouvent de nombreux puits d’extraction de gaz naturel qui servirait au projet Énergie Saguenay, se sont présentés devant les commissaires du BAPE pour livrer la seule présentation en anglais des audiences. Celles-ci ont débuté lundi.

Ils ont successivement affirmé qu’il s’agit là d’un projet structurant pour la province, pour le Canada et pour l’ensemble de la planète. L’usine de liquéfaction de gaz naturel, où 11 millions de tonnes seraient produites annuellement à des fins d’exportation, permettrait au Québec de faire le cadeau de la transition vers les énergies vertes au monde entier .

L’économie des deux municipalités de l’Ouest étant tributaire du pétrole et du gaz, les politiciens ont cru bon de sensibiliser les commissaires du BAPE au fait que des études crédibles prouvent que le Canada est un leader mondial en ce qui a trait aux meilleures pratiques d’extraction du gaz naturel.

Comme citoyen de l’Alberta qui est né et qui a grandi ici, mes inquiétudes pour l’environnement sont à l’avant-plan quand il est question de développement énergétique. Le gaz naturel est une composante-clé pour assurer que nous puissions aller de l’avant vers la transition pour une énergie verte , a déclaré Bill Given, dans sa langue maternelle.

Son homologue de Dawson Creek, qui a formulé un bref prélude en français, a assuré que les organismes qui encadrent l’industrie ont des règles bien strictes et que l’exploitation de la ressource de façon responsable prime en Colombie-Britannique.

Capture d'écran de Bill Givent et Dale Bumstead.

Les maires Bill Given et Dale Bumstead

Photo : Audiences du BAPE

Nous avons tous hâte à ce jour où nous pourrons réduire notre dépendance au gaz naturel et aux énergies fossiles , a exprimé Dale Bumstead, précisant toutefois que ce jour n’est pas encore arrivé.

Les deux maires ont assuré que l’extraction de la ressource par fracturation hydraulique se fait de façon sécuritaire et responsable et que les installations se trouvent à bonne distance des populations.

Énergie Saguenay est une opportunité économique énorme dont pourrait profiter la planète.

Dale Bumstead, maire de Dawson Creek

77 % des intervenants contre, dit la Coalition Fjord

Dans un communiqué de presse acheminé vendredi pour dresser le bilan de la première semaine des audiences du BAPE, la Coalition Fjord, qui s’oppose au projet avec véhémence, s’est appuyée sur des mémoires déposés cette semaine pour réfuter quatre arguments utilisés GNL Québec.

Selon l’organisme, il est faux de dire que le projet reçoit l’acceptabilité sociale puisque 77 % des mémoires présentés aux commissaires entre lundi et jeudi véhiculaient des positions défavorables à la construction d’une usine sur les rives du Saguenay.

Le co-porte-parole, Adrien Guibert-Barthez, soutient que GNL Québec, dans son étude de marché, tient uniquement compte de la demande et non de l’offre mondiale. La Coalition Fjord estime que l’économiste Éric Pineault en a fait la démonstration lors du dépôt de son mémoire.

L’organisme cite également le mémoire du géologue Marc Durand et ceux d’autres experts qui ont attiré l’attention sur le fait que les émissions mondiales du projet seraient de 50 millions de tonnes CO2 par année au minimum pendant 25 ans.

Cette quantité de GES, ce serait l’équivalent des émissions de 10 millions de voitures sur les routes chaque année , illustre Adrien Guibert Barthez.

Enfin, la Coalition, qui présentera son mémoire lundi, pense que le fait d’affirmer que le projet insufflera du dynamisme à l’économie relève d’un mythe.

Le ministère du Tourisme du Québec a présenté une mise en garde claire, expliquant que l’industrialisation et la navigation engendrées par le projet "pourraient poser des enjeux en matière de promotion de la destination et pourraient engendrer d’importantes conséquences sur l’image de celle-ci", a résumé Adrien Guibert-Barthez.

Des emplois de qualité, dit la jeune chambre

En début d'après-midi, vendredi, Simon McNicoll, vice-président de l’aile jeunesse de la Chambre de commerce et d’industries Saguenay-Le Fjord, est venu porter le message de la jeune génération de gens d’affaires.

Alors que les emplois de qualité se font de plus en plus rares au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la concrétisation d’Énergie Saguenay permettrait de diversifier l’économie et pourrait inverser la tendance décroissante de la population régionale , a-t-il dit.

Stéphane Boivin, du Groupe Alfred Boivin, a pour sa part expliqué aux commissaires comment son entreprise a intégré le gaz naturel dans ses activités.

Entre lundi et vendredi, 83 mémoires écrits ont été reçus par le BAPE. Dix-neuf intervenants ont fait une présentation verbale, sans déposer de document officiellement.

Les audiences ont pris fin pour cette semaine et reprendront lundi.

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