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L’appel de Québec aux infirmières retraitées a-t-il été entendu?

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, plusieurs appels ont été lancés afin de rappeler au travail des infirmières retraitées. En Mauricie et au Centre-du-Québec, régions où l'on compte l'un des plus importants ratios de départ d'infirmières depuis mars dernier, seulement 9 % du personnel recruté sont des retraités. Le CIUSSS MCQ voudrait tripler ce nombre.

Une formatrice fait une présentation devant un tableau.

Sylvie Rancourt, 62 ans, retraitée depuis 5 ans, a décidé de reprendre du service pour le CIUSSS MCQ.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Dans une salle du quatrième étage du centre Saint-Joseph, à Trois-Rivières, Sylvie Rancourt explique à deux futures préposées aux bénéficiaires le protocole à suivre lorsqu’un usager s’étouffe en mangeant. Les deux étudiantes seront bientôt déployées dans le réseau, en centre hospitalier ou en CHSLD.

Jusqu’au printemps dernier, madame Rancourt, 62 ans, savourait sa retraite depuis cinq ans. Pendant ses 40 années comme infirmière, elle a touché à plusieurs facettes du métier. À l’époque où le centre Saint-Joseph était un hôpital, elle a travaillé en chirurgie. Elle a ensuite exercé sa passion dans plusieurs départements de l’hôpital de Nicolet, dans des CLSC, avant de se mettre à enseigner dans une école professionnelle.

Lorsque l’ancienne ministre de la Santé, Danielle McCann, a demandé, au printemps 2020, aux infirmières retraitées de revenir travailler dans le cadre de la pandémie, Sylvie Rancourt n’a pas hésité une seconde.

Je me suis sentie tout de suite interpellée parce que je me sentais en bonne forme, je suis en bonne santé. Bon, je donne mon nom, raconte-t-elle.

Quand elle s’est inscrite sur le site Je contribue, la mère de 3 enfants et grand-mère de 7 petits-enfants était certaine d’être envoyée au front en CHSLD. Le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) a plutôt opté pour qu’elle forme les nouveaux préposés aux bénéficiaires. Elle n’a aucun regret. Quand ça fait presque cinq ans que tu as pris ta retraite, un moment donné, tu as fait pas mal le tour, confie-t-elle. Ce qui me tient à cœur encore, c’est peut-être d’aller encore en voyage, mais ce n’est plus là.

De retour au travail à 69 ans

Un homme au téléphone, assis à son bureau, prend des notes dans un dossier.

Alain Héroux est chargé d’appeler les nouveaux préposés aux bénéficiaires afin de s’assurer que leur intégration se déroule bien.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Le Shawiniganais Alain Héroux donne lui aussi de la formation. L’homme de 69 ans compte plus de 30 années d’expérience dans le réseau, comme préposé, infirmier et gestionnaire. Il est également chargé des suivis post-embauches des préposés aux bénéficiaires nouvellement engagés. Une affectation sécuritaire considérant qu’il est diabétique et cardiaque.

Si on pense à monsieur Biden aux États-Unis, il peut être président des États-Unis à 77 ans. Je peux peut-être donner de la formation à 69 ans, souligne-t-il en riant.

Comme Sylvie Rancourt, il considérait avoir fait le tour après 14 ans à la retraite. C’est la meilleure décision que j’ai prise depuis le début de ma retraite, s’exclame-t-il. Pour moi, ce n’est pas un travail. C’est un plaisir.

Un travail à temps partiel plaisant au point de lui donner envie de le faire à temps plein.

Les retraites interrompues sont peu nombreuses

Les infirmières retraitées sont toutefois peu nombreuses à être tentées par un retour au travail. Alain Héroux dit les comprendre.

Elles anticipent de revivre la même pression qu'il y avait avant la retraite, croit-il. Il y a beaucoup de pression dans le réseau.

Recrutement : encore plus de 600 infirmières recherchées

On compte 5 000 infirmières et infirmières auxiliaires en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Depuis avril, 331 ont été embauchées. Lorsqu'on soustrait les 250 qui ont quitté leurs fonctions dans les derniers mois, il s'agit d'un ajout net de seulement 81 nouvelles infirmières alors que l'objectif est d'en recruter 700.

Un rapport attendu sur les causes des nombreux départs

La Mauricie est l’une des régions québécoises où le ratio d’infirmières ayant délaissé la profession depuis le début de la pandémie est le plus élevé. Le nouveau directeur des ressources humaines du CIUSSS MCQ ne cache pas sa préoccupation. Il a commandé une analyse approfondie.

Le directeur des ressources humaines dans son bureau.

Jean-François Equilbec est directeur des ressources humaines au CIUSSS MCQ depuis quelques semaines.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Qu’est-ce qu’on peut faire pour éviter ces départs-là, pour éviter ces départs en maladie de nos collègues de travail? En amont, au départ. Et qu’est-ce qu’on peut faire pour ramener nos collègues de travail? s’interroge-t-il.

D’ici à ce qu’il obtienne des réponses, il mise notamment sur les retraités pour traverser la crise. Il souhaiterait tripler le nombre d’embauches. Trente et un infirmiers retraités, dont madame Rancourt et monsieur Héroux, ont actuellement été engagés.

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