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Le taux de reproduction des fous de Bassan est à la hausse

Un couple de fous de Bassan.

Depuis plusieurs années, les fous de Bassan de l'île Bonaventure connaissent des taux de reproduction très faibles, notamment en raison du déclin du maquereau dans le Saint-Laurent.

Photo : getty images/istockphoto / Zwilling330

Après une année particulièrement difficile, le taux de reproduction des fous de Bassan de l'île Bonaventure connaît une hausse encourageante. Or, les chercheurs constatent qu'ils sont encore forcés de modifier leurs habitudes pour nourrir leurs petits, ce qui n'est pas sans conséquence.

David Pelletier, enseignant et chercheur doctorant au Département de biologie au Cégep de Rimouski, observe près de 200 nids de fous de Bassan sur l'île Bonaventure depuis maintenant 12 ans.

Cette année, sa visite sur le terrain a été retardée d'un mois en raison de la pandémie, ce qui l'empêche d'évaluer précisément le taux de jeunes à l'envol à la fin de la saison, par rapport au nombre d'œufs pondus.

Le chercheur estime néanmoins que ce taux se situe entre 44 et 50 %; une excellente nouvelle, puisqu'en 2019, ce taux ne s'élevait qu'à 14 % à peine.

La quantité de nourriture disponible à proximité de l'île Bonaventure explique en partie ce rétablissement.

Quand la ressource diminue ou s'éloigne de l'île Bonaventure, les parents doivent chercher plus longtemps, indique M. Pelletier.

Sur l'île Bonaventure, des centaines d'oiseaux regardent vers le ciel où d'autres volent.

La colonie de fous de Bassan de l'île Bonaventure est la plus accessible du monde.

Photo : Radio-Canada / Laurie Dufresne

Souvent, ce qu'on observe au mois d'août, c'est que les jeunes sont laissés à eux-mêmes et c'est là qu'ils sont plus vulnérables aux assauts des autres fous de Bassan et des prédateurs. Il y a beaucoup de chamaillage entre eux, et ça peut souvent mener à la mortalité des jeunes, ajoute-t-il.

Le mystère du sébaste

Historiquement, l'éclosion des œufs était synchronisée à l'arrivée du maquereau dans le golfe du Saint-Laurent, selon M. Pelletier, ce qui permettait aux fous de Bassan de s'en nourrir.

Or, l'alimentation des oiseaux est de plus en plus diversifiée.

Cette année, il y avait autant de sébaste que de maquereau dans leur alimentation. Ce qui nous étonne beaucoup, parce que c'est un poisson de fond qui se retrouve à plus de 200 mètres de profondeur, alors que le fou de Bassan plonge en moyenne à 4-5 mètres.

David Pelletier, chercheur doctorant au Département de biologie au Cégep de Rimouski

On se demande d'où ça vient, ce sont peut-être des pêches accidentelles de sébaste qui sont remises à l'eau par les crevettiers, avance le chercheur. Il précise toutefois qu'une étude serait nécessaire pour mieux comprendre l'origine de tout ce sébaste dans l'alimentation des fous de Bassan.

Des fous de Bassan en plein vol.

Lorsque la nourriture se fait rare, les fous de Bassan sont forcés de chasser plus loin, et plus longtemps, pour se nourrir.

Photo : Getty Images / AFP / Johannes Eisele

Le fou de Bassan a une forte capacité d'adaptation, constate M. Pelletier. Il observait d'ailleurs déjà cette flexibilité alimentaire en 2019. On trouvait plein de calmars, des crevettes, de petits crabes de roche, énumère-t-il en riant.

Ils sont capables de modifier leur comportement pour aller plus loin, de modifier leur régime alimentaire en fonction des proies disponibles. Ils vont prendre ce qui va passer, mais ça a des répercussions, prévient cependant le chercheur.

Tout ce qui se trouve dans le golfe ne représente pas nécessairement un bon repas équilibré pour les jeunes fous de Bassan en pleine croissance.

Le maquereau, c'est une espèce super intéressante au point de vue nutritif pour nourrir les jeunes. Alors ils ne pourront pas remplacer ad vitam æternam le maquereau, parce que les autres espèces présentent des densités énergétiques et des qualités nutritives moins intéressantes, ce qui peut limiter la croissance des jeunes et leur survie, explique M. Pelletier.

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