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Le quotidien Le Droit change son modèle d'affaires

Le directeur général du Droit, Éric Brousseau devant le bâtiment où se trouve la salle de nouvelles.

Éric Brousseau est le directeur général de la coopérative Le Droit.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

Les internautes qui lisent Le Droit devront payer pour avoir accès à la totalité des articles sur le site Internet du quotidien francophone.

Le journal en a fait l'annonce vendredi sur son site.

Le Droit lancera sous peu son service d’abonnement numérique, une étape importante et nécessaire dans le déploiement de son nouveau modèle d’affaires. D’ici la fin de l’année, il faudra payer pour accéder en ligne à la totalité de nos contenus, que l’on peut actuellement consulter gratuitement sur ordinateur, tablette ou téléphone intelligent, peut-on lire.

On n'a pas le choix de passer à un abonnement numérique payant, c’est la seule voie de l’avenir, a commenté le directeur général de la coopérative Le Droit, Éric Brousseau, en entrevue à Radio-Canada.

La mise en place du modèle d’abonnement numérique est prévue pour le 21 novembre. Les lecteurs qui sont déjà abonnés à l'édition papier auront accès gratuitement à tous les articles du site. Les autres ont la possibilité de se créer un compte utilisateur pour accéder à un nombre limité d'articles gratuits. Enfin ceux qui souhaitent avoir accès à tout le contenu devront débourser 10 dollars par mois.

On charge parce que le modèle d’affaires nous pousse vers là. C’est un phénomène planétaire. [...] On atteint un point où on n'a pas le choix de s’adapter, a poursuivi M. Brousseau.

Ça coûte de l’argent d’avoir une salle d’informations, des journalistes de qualité qui fouillent la nouvelle, qui écrivent des reportages, ça a un prix.

Éric Brousseau, directeur général de la coopérative Le Droit

Fondé en 1913, le quotidien a connu de nombreux bouleversements dans la dernière année. Le groupe auquel il appartenait — Groupe Capitale Médias — s'est placé sous la protection de la loi sur les faillites, en août 2019. Depuis, la coopérative des travailleurs du journal a vu le jour et la salle de nouvelles a quitté ses locaux du marché By à Ottawa pour s'installer à Gatineau.

Un modèle qui s'impose

La décision d’aller vers le tout numérique est tout à fait appropriée, a commenté le professeur titulaire au département de communication de l’Université d’Ottawa, Pierre C Bélanger.

Il y a très peu de journaux qui vont vivre longtemps avec un modèle gratuit, il y a des frais, a-t-il expliqué. Si vous êtes un journal national d’un grand pays avec des millions de visiteurs tous les jours, évidemment, les publicités qui sont affichées sur votre site vont valoir d’autant, mais pour un quotidien régional comme Le Droit, le modèle payant s’impose de lui-même.

M. Bélanger croit aussi que le quotidien devra moderniser son offre, et qu'à l'instar du Devoir à Montréal, ce modèle payant pourra lui permettre de fonctionner correctement. Plus il y aura de lecteurs au rendez-vous, plus les publicitaires seront intéressés à venir, a-t-il rappelé.

Professeur au département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais, Aimé Jules Bizimana croit également que le modèle payant s'impose.

C’est une tendance de fond qui est là qui a été amorcée en 2011 avec le New York Times, a-t-il indiqué.

Plus généralement, il estime qu'il faut regarder l'ensemble de l’écosystème. L’éléphant dans la pièce, ce sont les géants du web qui continuent à siphonner les revenus publicitaires, et ça prend des politiques publiques réfléchies pour amener les gens du web à contribuer à la production de l'information nationale et locale.

Avec les informations de Marielle Guimond et de Kim Vallière

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