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Hôtel-Dieu de Lévis : des médecins payés 1500$ par jour pour faire de la surveillance

À ce jour, 36 cas de COVID-19 ont été recensés chez les usagers de l’Hôtel-Dieu de Lévis, 67 cas chez les travailleurs ainsi que 17 décès.

L'Hôtel-Dieu de Lévis

L'Hôtel-Dieu de Lévis

Photo : Radio-Canada / Raymond Routhier

Devant l’ampleur de l’éclosion de COVID-19 à l’Hôtel-Dieu de Lévis, la direction fait appel à des médecins spécialistes pour faire de la surveillance des équipes sur le terrain et s’assurer qu’elles respectent les mesures de protection, a appris Radio-Canada. Pour une journée de travail complète, le forfait COVID leur permettrait de toucher autour de 1500$ par jour.

Ces médecins sont réaffectés par la direction du CISSS Chaudière-Appalaches qui est récemment passée à une autre étape du délestage en annulant pour deux semaines les rendez-vous des consultations externes de toutes les spécialités.

Une vidéo de formation et quelques consignes de préparation à leur première journée de vigie ont été transmises à ces médecins par courriel.

Un membre de l’équipe PCI (prévention et contrôle des infections) vous accompagnera et vous expliquera votre rôle ainsi que le fonctionnement de l’unité de soins où vous effectuerez la vigie , lit-on dans ce message obtenu par Radio-Canada.

Le comité coordonnateur à la réaffectation y précise aussi qu’ une liste sommaire du rôle et des tâches vous sera également acheminée sous peu .

Cher payé

Avec le forfait COVID, des médecins vont ainsi toucher plus de 1500$ par jour pour faire de la surveillance. C’est cher payé pour faire une surveillance de police sur les départements , estime un médecin spécialiste qui a demandé de protéger son identité.

Nous sommes prêts à faire notre part, mais faire cette vigie au lieu de s’occuper des patients, ça devient douteux.

un médecin de Lévis

Je trouve ridicule qu’on nous demande ça. Je trouve qu’on serait beaucoup plus utiles à continuer de faire notre job , ajoute ce médecin.

On lui a expliqué que la direction prend le pari que le personnel réagirait peut-être plus si le message était véhiculé par des médecins, les infirmières étant habituellement dociles et respectueuses envers eux. Ces médecins peuvent également être appelés à intervenir sur des patients en cas d'urgence, explique-t-on.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches confirme avoir demandé un coup de main à une quinzaine de médecins pour aider à l'application des mesures de prévention.

Pour le forfait COVID, ça c'est des forfaits qui sont négociés entre le ministère et la Fédération des médecins spécialistes du Québec, moi j'ai pas vraiment de contrôle là-dessus, précise la docteure Monique Saint-Pierre, directrice des services professionnels.

À circonstances exceptionnelles on met en place des mesures exceptionnelles.

Dre Monique Saint-Pierre, directrice des services professionnels au CISSS de Chaudière-Appalaches

Le plus récent bilan fait état de 36 cas de COVID-19 chez les usagers de l’Hôtel-Dieu de Lévis et 67 cas chez les travailleurs ainsi que 17 décès.

Infirmières déployées sans formation

Appelés à prêter main-forte en zone rouge, certains médecins ont été surpris de constater que des membres du personnel ne respectaient pas le protocole de protection.

Mais ils ont été encore plus surpris d’apprendre que des infirmières ont été déployées dans des zones COVID sans avoir reçu la formation nécessaire au préalable. C’est le bordel, on fait ce qu’on peut , nous confie une infirmière qui a demandé de protéger son identité par crainte de représailles.

On veut aider, mais c’est la façon de faire le problème , nous confie une autre. Quand la direction nous réaffecte, on nous appelle à la dernière minute, on nous change de département, on nous change de quart de travail et on menace de nous enlever notre ancienneté si on refuse .

À cela, la direction répond que le personnel est bel et bien formé.

Elles sont préparées, elles le savent qu'elles se rendent dans une zone rouge ou qu'elles pourraient être appelées, mais c'est évident que parfois on est obligé de le faire très vite, explique la directrice des services professionnels.

Un autre médecin remet en question la protection du masque de procédure. Les doutes sur la transmission aérienne, ce n’est pas réglé , dit ce médecin qui a aussi requis l'anonymat. J’essaie de pousser mon point de vue, mais ça bloque à la santé publique [du CISSS de Chaudière-Appalaches].

La Dre Saint-Pierre assure que le CISSS suit à la lettre les consignes de l'Institut national de santé publique (INSPQ). Si l'INSPQ fait évoluer ses recommandations, c'est claire que le CISSS va les suivre, ajoute-t-elle.

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