•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Douze médecins publient une lettre pour demander le confinement au Manitoba

Une affiches indiquant le service des urgences.

Douze médecins estiment que le Manitoba a déjà deux à trois semaines de retard dans la prise de mesures d'urgence.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

Douze médecins demandent, dans une lettre ouverte adressée au gouvernement du Manitoba, de prendre des mesures de confinement relatives à la COVID-19 « avant qu’il ne soit trop tard ».

La lettre est publiée dans le Winnipeg Free Press alors que le nombre de cas de COVID-19 est en forte progression depuis plusieurs semaines et que le système de santé manitobain atteint ses limites. L’Hôpital Saint-Boniface a, par exemple, été le premier à indiquer, jeudi soir, qu’il n’avait plus de places disponibles en soins intensifs.

Les médecins indiquent dans la lettre qu’ils ont senti qu’il était de leur devoir de faire part de leurs inquiétudes au sujet de l’évolution de la situation et de la direction que prend actuellement la pandémie dans la province.

Nous sommes d’accord avec vous que toute la population manitobaine doit prendre au sérieux la situation de la COVID-19 et éviter d’avoir des activités qui ne peuvent que propager le virus, peut-on lire dans la lettre. Cependant, nous avons largement dépassé le stade où même une réponse communautaire solide ralentirait considérablement l'épidémie. Heureusement, votre gouvernement nous a déjà montré ce qu'il faut faire.

Fermetures importantes

Il est nécessaire de retourner à des fermetures importantes comme cela a été le cas au Manitoba et ailleurs au printemps, au début de l’émergence du SRAS-CoV-2, ajoute la lettre.

Deux des médecins signataires ont exprimé des inquiétudes similaires à CBC/Radio-Canada cette semaine, soit Anand Kumar, médecin de l'unité de soins intensifs au Centre des sciences de la santé et spécialiste des maladies infectieuses, et Philippe Lagacé-Wiens, microbiologiste médical et médecin à l’Hôpital Saint-Boniface.

Les médecins signataires :

  • Anand Kumar
  • Dan Roberts
  • R. Bruce Light
  • Eric Jacobsohn
  • Steven Kowalski
  • Allan Ronald
  • Greg Hammond
  • Fred Aoki
  • Philippe Lagacé-Wiens
  • Terry Wuerz
  • Shelly Zubert
  • Faisal Siddiqui

Ils affirment que cette approche a, de manière efficace, aplati la progression de l'infection en quelques semaines en raison de la collaboration généralisée entre les communautés et le gouvernement pour entrer dans un confinement de plusieurs semaines.

Ils notent aussi que les Manitobains ont supporté d'énormes difficultés en raison de ce confinement pour protéger les personnes vulnérables, mais que la levée des restrictions a permis au coronavirus de revenir.

Ils estiment que le même sacrifice est à nouveau justifié maintenant que les preuves suggèrent que la propagation en est aux premiers stades de croissance exponentielle.

Deux à trois semaines de retard

Ils citent l'exemple de la ville d’El Paso, au Texas. Cette ville a à peu près la même population que Winnipeg et est un exemple de la raison pour laquelle l'approche ciblée progressive actuelle utilisée au Manitoba ne permettra pas de contrôler la situation.

L’approche ciblée a consisté en la mise en place de façon progressive de restrictions, avant de les retirer petit à petit, au fur et à mesure que les conditions s’amélioraient

Cette ville des États-Unis connaissait une augmentation quotidienne des cas de COVID-19 située en moyenne entre 150 et 200 à partir du 1er octobre. À la mi-octobre, ce nombre avait explosé pour atteindre 350 à 500 cas quotidiens.

Cette approche progressive n’est pas adaptée aux épidémies impliquant une infection progressant rapidement et dangereuse comme le nouveau coronavirus. Et elle échouera, écrivent les médecins.

Au moment où les preuves définitives de l'échec de l'approche ciblée progressive pour arrêter la progression de l'épidémie sont apparentes, il est trop tard. Il y a deux ou trois semaines de retard, affirment-ils.

Une intervention ciblée, lancée aujourd'hui, pourrait fonctionner si cette intervention avait un impact immédiat. Or, ce n’est pas le cas. Le nombre d’infections que nous constatons actuellement a été déterminé par nos interventions (ou l’absence d’interventions) il y a plusieurs semaines, concluent les médecins.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !