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Québec repousse l’adoption de sa stratégie de prévention pour le cannabis

Une main tenant une pipe pour fumer du cannabis.

Sans stratégie, Québec a tout de même investi plus de 23 millions de dollars en recherche et prévention sur le cannabis.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Prévue pour l’automne 2020, l’adoption d'une stratégie relative aux méfaits du cannabis, par le ministère de la Santé, est remise en raison de la pandémie de COVID-19.

Nous pouvons vous confirmer que le tout chemine bien et que la stratégie avance. Le gouvernement fera les annonces en moment opportun, indique une porte-parole du ministère dans un échange de courriels. C’est définitivement la pandémie et tout ce qui s’y rattache qui a retardé le processus de développement de la stratégie.

Cette stratégie servira notamment à guider les investissements du Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis (FPRMC) sur plusieurs années, selon les besoins prioritaires, avec tous les acteurs pertinents, expliquait le ministère de la Santé l’hiver dernier.

Si la pandémie explique le retard du côté du ministère, elle devrait plutôt servir de prétexte pour « bonifier » la prévention, estime la porte-parole en matière de santé pour le Parti libéral du Québec (PLQ), Marie Montpetit.

Les faits démontrent que la pandémie et le confinement ont favorisé l'augmentation de consommation d'alcool et de cannabis au sein de la population

Marie Montpetit

La députée de Maurice-Richard ajoute qu'il est donc important de poursuivre et de bonifier la prévention des impacts de la consommation de marijuana.

Plan rapproché de Mme Montpetit.

Marie Montpetit est porte-parole du Parti libéral en matière de santé.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le Fonds de prévention est alimenté par un autre fonds, celui des revenus provenant de la vente du cannabis (FRPVC) qui est garni par les profits de la Société québécoise du cannabis (SQDC) et par les droits d’accises distribués par Ottawa à la province.

Lors du dévoilement du dernier budget provincial, on estimait que le FRPVC avait engrangé 56 millions de dollars lors de la dernière année financière et que cette somme pourrait grimper à 98 millions $ dès l’an prochain.

Si des documents du Conseil du Trésor indiquent que la majorité des revenus issus de la vente de cannabis au Québec doit être transférée au Fonds de prévention, un porte-parole du ministère des Finances précise plutôt que ces revenus sont principalement séparés 50-50 entre la Santé et la Sécurité publique.

Un homme ayant remonté son chandail pour se cacher le visage attend devant une succursale de la Société québécoise du cannabis.

Le Fonds de recherche est alimenté en partie par les revenus de la SQDC.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Ainsi, l’an dernier, 28 millions $ ont été transférés au Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis du ministère de la Santé. Un montant qui grimpera à 49 millions $ en 2020-2021, selon le Conseil du Trésor.

Des projets toujours à l’étude aux CISSS

Ces sommes doivent notamment servir à financer des activités et de programmes de surveillance et de recherche concernant les effets du cannabis sur l’état de santé de la population.

À cet effet, le ministère confirme avoir octroyé pour 23,5 millions $ en financement à divers projets de recherche et de formation au cours de l’année 2019-2020, et ce, malgré l’absence d’une stratégie provinciale.

Un peu plus du tiers de cette somme (8 millions $) a été investi pour bonifier les services de proximité en dépendances. Un autre montant de 3 millions $ a permis la mise sur pied d’un programme pour les personnes mineures contrevenant à la Loi sur le cannabis.

Le Centre hospitalier de l'Université de Montréal met également la main sur 1,2 million $ pour de la recherche et la mise à jour de la formation des employés de la SQDC.

Finalement, 2,6 millions $ reviennent aux différentes directions régionales de santé publique pour des projets locaux.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie confirme d’ailleurs avoir reçu 201 200 $ à l’été 2019 de la part du Fonds de recherche et de prévention.

Or, les organismes qui bénéficieront de cette aide financière ne sont pas encore connus.

À la suite de l’embauche d’un chargé de projet, nous approcherons les organismes communautaires cet automne pour les inviter à participer aux interventions qui permettront de promouvoir une bonne santé mentale en tenant compte de la dimension de la consommation des psychotropes.

Clémence Beaulieu-Gendron, porte-parole du CISSS,

Même situation au Bas-Saint-Laurent, où la pandémie de COVID-19 est également pointée du doigt pour expliquer les retards dans l’octroi de subventions.

Puisque toutes les équipes de la santé publique ont été affectées aux enquêtes, il faut s'attendre à des délais supplémentaires [pour l’étude de soumissions], expliquait en septembre la porte-parole du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Ariane Doucet Michaud.

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