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GNL Québec : les Premières Nations demeurent neutres… pour l’instant

Denis Bergeron lors des audiences sur le projet Énergie Saguenay.

Le président du BAPE sur GNL Québec, Denis Bergeron.

Photo : Radio-Canada / Rémi Tremblay

Radio-Canada

Les trois communautés autochtones touchées par le projet Énergie Saguenay en raison de leurs droits ancestraux ne se positionnent ni pour ni contre l’implantation d’un terminal méthanier à La Baie.

De passage devant les commissaires du BAPE, des représentants du Conseil de la Première Nation des Innus Essipit, des Premières Nations de Mashteuiatsh et du Conseil des Innus de Pessamit ont rappelé que les gouvernements et le promoteur ont l’obligation constitutionnelle de les consulter en marge de ce projet.

Ils disent avoir eu des relations harmonieuses avec le promoteur, GNL Québec, depuis l’annonce du projet en 2014.

Les trois communautés, qui regroupent 12 000 membres du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Haute-Côte-Nord et de la région de Québec, veulent attendre la fin des analyses environnementales pour se prononcer officiellement.

Toutefois, Charles-Édouard Verreault, Carl Cleary et Martin Dufour ont rappelé que l’impact du projet sur la survie du béluga et des questionnements qui subsistent entourant la réelle substitution énergétique engendrée par le projet de GNL Québec les laissent sur leur faim

L’analyse séparée de l’usine de liquéfaction de gaz naturel et l’implantation d’un gazoduc est aussi déplorée par les représentants des Premières Nations. L’étude des deux composantes du projet de façon distincte a d’ailleurs été relevée plusieurs fois depuis le début des audiences lundi.

Selon les trois communautés, 245 000 km carrés de territoire ancestral, assorti de droits ancestraux reconnus par la Constitution canadienne, sont concernés par le projet Énergie Saguenay.

Cynisme ambiant

Anne Gilbert-Thévard, co-porte-parole de la Coalition Fjord, a prononcé un discours qui a semblé toucher l’un des commissaires du BAPE, Laurent Pilotto.

Après des milliers d’heures consacrées à l’organisme qui s’inscrit en faux contre le projet de GNL Québec, elle s’est sentie abattue par le manque d’écoute des milieux politiques et des conséquences de son militantisme sur sa propre vie de famille.

Je me suis rendu compte que la démocratie est un beau principe, mais que dans les faits, elle est très malléable. Je suis devenue cynique, a-t-elle dit.

Anne Gilbert-Thévard a repris son implication après s’être volontairement tenue à l’écart pendant plusieurs mois.

À son retour, elle affirme avoir eu une claque dans la face le premier soir des audiences du BAPE sur le projet en septembre, alors qu’elle s’est sentie interrompue dans son propos et brimée dans son droit de parole. Elle a malgré tout fait part de sa fierté de militer contre un projet qu’elle juge néfaste pour le Québec.

Le commissaire Pilotto a répondu qu’elle avait de quoi être fière de son implication citoyenne.

La culture se prononce

Le jeune comédien Antoine Desrochers a pris la parole par vidéoconférence en début de soirée pour condamner le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay.

J’ai le futur du Québec à cœur et j’ai envie que mes enfants puissent voir des bélugas. Je ne veux pas que ça se passe et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour pas que ça se passe, a martelé le jeune comédien.

L’écrivain saguenéen Kevin Lambert, auteur de Querelle de Roberval, s’est lui aussi exprimé en défaveur d’Énergie Saguenay.

Il a parlé de ce qu’il interprète comme une stratégie de GNL Québec pour masquer la provenance de l’argent en engageant des gens de la communauté.

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