•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Victoria, la capitale hantée

Le hall de l'hôtel Fairmont Empress à Victoria.

En 1962, un couple de touristes californiens séjourne à l’hôtel pour sa lune de miel. En arrivant sur les lieux, leurs bagages auraient été pris en charge par Bill, un homme dans la soixantaine portant un uniforme bleu. L’homme en question serait toutefois un ancien employé de l’hôtel, décédé une semaine avant cette histoire.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

À Victoria, presque chaque bâtiment historique compte son lot d’anecdotes inexpliquées et d’histoires de fantômes, y compris l'édifice du parlement. Qu’on y croit ou non, les Victoriens sont nombreux à penser que leur ville est hantée et certains en ont même fait leur métier.

Plusieurs théories cherchent à expliquer la forte présence d’activités paranormales dans la capitale britanno-colombienne. L’eau salée qui entoure l’île est souvent évoquée par les amateurs de fantômes comme l’une de ces raisons, puisqu’elle emprisonnerait les énergies sur l’île.

Que fait-on dans les films d’horreur quand on veut se débarrasser d’un fantôme? [...] On met du sel aux quatre coins pour ne pas que le fantôme puisse entrer. Mais ça fonctionne dans les deux sens, ça les empêche aussi de sortir, illustre Marie-Hélène Bourret, guide pour la marche des fantômes à Victoria.

Des sépultures autochtones dérangées, déplacées ou saccagées lorsque les colons se sont établis sur l’île, moult crimes violents qui remontent à l’époque de la ruée vers l’or et la condamnation à mort de certains innocents sont autant de raisons qui expliqueraient une concentration élevée d’énergie à certains endroits de la ville.

Victoria est la ville la plus hantée dans tout le Pacifique Nord-Ouest.

Marie-Hélène Bourret, guide historique pour la compagnie Discover the Past

Les gens sont curieux, ils veulent savoir s’il y quelque chose après la mort, explique Ken Turpin qui administre un groupe Facebook, au sujet des fantômes de la ville, nommé Victoria Ghosts.

Cette curiosité semble engendrer un engouement pour les histoires de fantômes puisque le groupe a accepté 750 nouvelles adhésions dans le dernier mois uniquement, souligne son administrateur.

Profession : Chasseur de fantômes

Les activités paranormales, Dawn Kirkham en a fait sa passion et son métier. Avec son équipe, Beyond Belief Paranormal, elle parcourt les lieux les plus hantés de Victoria à la recherche de preuves de l’existence des esprits.

Dawn Kirkham assise sur un banc.

Originaire du Royaume-Uni, Dawn Kirkham se spécialise dans les activités paranormales depuis 25 ans. Elle a fondé son groupe Beyond Belief Paranormal il y a une dizaine d’années à Victoria.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Elle n’en est pas à sa première expérience au site historique de Point Ellice House, l’ancienne résidence de la famille O’Reilly. La demeure est restée la propriété des O’Reilly durant 108 ans et beaucoup de visiteurs se demandent si les fantômes des membres qui ont vécu toute leur vie entre ces murs hantent encore l’endroit.

Il y a certainement des esprits ici et ils veulent nous parler.

Dawn Kirkham, médium

Depuis que la maison est devenue un site historique et un musée, dans les années 1960, les histoires d'apparitions, de bruits de pas, de loquets qui se verrouillent et de lumières qui se ferment et s’allument s’accumulent.

Bien sûr, ce ne sont que des histoires, nuance le directeur du site, Kelly Black, mais le musée fait maintenant appel à l’équipe de Dawn Kirkham afin de discerner le vrai du faux et essayer d’accumuler certaines preuves.

Nous tentons d’entrer en contact, de communiquer avec les esprits, de répondre à des questions que nous pourrions avoir et que nous pourrions enregistrer sur nos appareils, explique celle qui prend part à des activités paranormales depuis 25 ans.

Pour ce faire, les membres de Beyond Belief Paranormal ont une panoplie de caméras et de détecteurs de mouvement qu’ils installent partout dans la maison avec l’espoir de capter quelque chose.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Victoria, capitale hantée?

Qu’on trouve des preuves solides ou non, je pense que nous sommes toujours heureux de voir l’intérêt des gens pour cet endroit, souligne le directeur du site, Kelly Black.

Les résultats obtenus par les chasseurs de fantôme seront éventuellement partagés au public dans une vidéo qui s’inscrit dans le cadre d’une collecte de fonds. Tous les profits obtenus seront versés à Point Ellice House afin de préserver le site historique et les fantômes qui l'habitent peut-être.

Apparitions de fantômes au centre-ville

Marie-Hélène Bourret possède, dit-elle, la capacité de voir les fantômes depuis qu’elle est toute petite. Établie à Victoria depuis 7 ans, elle compte désormais parmi les guides des visites historiques de la capitale offertes par l’entreprise Discover the Past.

Ce que les gens ne savent pas, c’est que dès le début, Victoria était le centre du spiritisme. On faisait tourner les tables ici, on appelait les fantômes, explique-t-elle.

Au cœur de la vieille ville, Bastion Square figure parmi les endroits où il serait encore possible d’apercevoir des esprits, là où le musée maritime abritait autrefois la cour de justice et la prison. Les corps des prisonniers non réclamés y étaient enterrés à l’arrière.

Le musée maritime de Victoria.

Là où des banderoles se dressent aujourd’hui se tenait autrefois la potence où beaucoup de condamnés ont trouvé la mort.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Évidemment une mort violente, ça va laisser des fantômes, souligne Marie-Hélène Bourret.

Les morts ont d’autant plus été dérangés, avertit-elle, puisque certains squelettes ont été déterrés et déplacés, en tout ou en partie, lors de travaux effectués dans les années 1970. C’est l’une des raisons qui expliqueraient, selon elle, l’abondance d’activités paranormales dans le secteur.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Y a-t-il des fantômes dans la capitale britanno-colombienne?

En se promenant sur le bord des quais, au centre-ville de Victoria, il est difficile de ne pas apercevoir l’imposant hôtel Empress qui surplombe la rue Government tout près de l’édifice de l’Assemblée législative.

L'hôtel, conçu par l’architecte Francis Rattenbury, a ouvert ses portes en 1908. Depuis, plusieurs ailes ont été ajoutées au fil des années pour permettre l’agrandissement de l’établissement et presque chacune d’elle comporte ses légendes urbaines et ses histoires de fantômes, indique Marie-Hélène Bourret.

L’entreprise Discover the Past a répertorié près de 500 histoires de fantômes, d’apparitions et d’activités paranormales, uniquement pour la ville de Victoria.

Des fantômes, il y en a partout. Il faut vous habituer à l’idée que le voile [qui sépare les morts des vivants] se déchire, illustre Marie-Hélène Bourret, qui avoue que, malgré son métier, elle a encore toujours un peu peur de voir des spectres se promener.

Une visite au cimetière

Une quarantaine de personnes font patiemment la file sur le trottoir de la rue Fairfield, à Victoria, en ce jour d’octobre. De l’autre côté de la haie se trouve le cimetière Ross Bay où déambulent près de 300 visiteurs éparpillés autour des pierres tombales datant du siècle dernier.

Qu’est-ce qui pousse autant de Victoriens à se rassembler au cimetière par un superbe dimanche ensoleillé? De bonnes histoires de fantômes.

Chargement de l’image

Dix histoires de fantômes, dont l’histoire d’un meurtre à la fin du 19e siècle qui serait l’oeuvre de nul autre que Jack L’Éventreur, attendaient les visiteurs du cimetière Ross Bay.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Tous les dimanches, la Société des cimetières anciens organise une visite guidée thématique : visite de la tombe de soldats, de femmes célèbres ou de défunts liés à des meurtres sordides. C’est toutefois la visite qui relate les histoires de fantômes qui attire le plus les foules et cette année n’y fait pas exception.

Je n’ai jamais vu autant de gens. C’est le tour le plus populaire depuis le début, m’assure notre guide, Ron Armstrong.

COVID-19 oblige, les centaines de curieux ont été réparties en dix groupes d’une quarantaine de personnes chacun. On y fait ensuite le tour du cimetière et à chaque arrêt devant une tombe spécifique, des conteurs déclament les sinistres aventures du défunt.

Ces tours guidés permettent à la Société d’amasser l’argent nécessaire notamment pour l’entretien du cimetière, m’explique Ron Armstrong.

Elles permettent également aux Victoriens d’en apprendre davantage sur leur histoire tout en donnant une petite frousse si un fantôme venait à passer.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !