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L'enquête sur Lionel Desmond, qui avait tué sa famille, est encore reportée

Lionel Desmond en uniforme militaire assis en Afghanistan, son fusil d'assaut repose sur ses genoux.

Lionel Desmond souffrait d'un trouble complexe de stress post-traumatique à la suite de son service militaire avec les Forces armées canadiennes en Afghanistan.

Photo : Facebook

La Presse canadienne

Des avocats qui participent à l'enquête publique sur les raisons pour lesquelles l'ancien soldat Lionel Desmond a tué sa famille avant de se suicider, en 2017, affirment que les audiences ne reprendront que l'année prochaine -- un retard qu'ils ont du mal à s'expliquer.

Le 3 janvier 2021, quatre ans se seront écoulés depuis la tragédie survenue à Upper Tracadie, en Nouvelle-Écosse. Le vétéran de la guerre en Afghanistan avait utilisé un fusil semi-automatique pour abattre sa femme Shanna, âgée de 31 ans, leur fille de 10 ans, Aaliyah, et sa mère, Brenda Desmond, âgée de 52 ans.

Des photos de Shanna et Aaliyah Desmond dans des cadres posés sur un meuble.

Shanna Desmond, 33 ans, et Aaliyah Desmond, 10 ans, ont été tuées le 3 janvier 2017.

Photo : CBC / Eric Woolliscroft

Les avocats rappellent qu'on prévoyait d'abord déplacer les audiences de Guysborough vers un lieu plus vaste près de Port Hawkesbury, en septembre, afin d'assurer la distanciation physique, mais des circonstances imprévues ont forcé un nouveau délai, jusqu'au 16 novembre.

Or, l'avocate Tara Miller, qui représente l'une des sœurs de M. Desmond, a appris cette semaine que l'enquête ne reprendrait pas avant le début de 2021, parce que le ministère provincial de la Justice n'avait pas encore approuvé le changement de lieu. Je ne comprends pas pourquoi il a fallu autant de temps au gouvernement [...] pour donner son accord, déplorait-elle mercredi. Elle rappelle que le juge Warren Zimmer, qui préside l'enquête, avait annoncé dès le mois de juillet que les audiences devraient être déplacées à Port Hawkesbury.

L'avocat Adam Rodgers, qui représente une autre des sœurs de M. Desmond, croit lui aussi que le ministère de la Justice est responsable de ce plus récent report. Il estime que le juge Zimmer est soumis à des « restrictions déraisonnables » de la part du ministre de la Justice.

Un porte-parole à la Justice a expliqué que le ministère travaillait avec la commission pour trouver des solutions de rechange afin que les audiences puissent se poursuivre conformément aux exigences de santé publique. Le ministre Mark Furey déclarait le 1er octobre dernier qu'il revenait au juge Zimmer de décider de la reprise de l'enquête.

Me Miller rappelle qu'avec le temps, les souvenirs des témoins clés commencent à s'estomper et que d'autres anciens combattants en difficulté attendent des conclusions et des recommandations qui pourraient les aider. Elle suggère que le gouvernement de Nouvelle-Écosse est peut-être très occupé par la mise en place de l'enquête fédérale-provinciale sur la tuerie d'avril, qui a fait 22 morts. Mais elle rappelle que la date limite pour le rapport final de cette enquête avait déjà été fixée à mai 2022, deux ans seulement après les meurtres, alors que l'enquête Desmond pourrait se terminer cinq ans après les faits.

Cette enquête avait été annoncée pour la première fois en décembre 2017, lorsque les sœurs jumelles de Lionel Desmond ont soulevé des questions sur l'incapacité de l'ancien combattant à obtenir un traitement adéquat pour le trouble de stress post-traumatique, après sa libération de l'armée en 2015.

La commission avait finalement amorcé ses audiences en janvier dernier, trois ans après la tragédie; elle avait suspendu ses travaux en mars et devait reprendre en mai, mais la pandémie s'est installée entretemps. Or, on arrivait alors au cœur de l'affaire : le témoignage des fonctionnaires fédéraux impliqués dans le dossier du vétéran Desmond.

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