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Winnipeg : quel avenir pour le Jardin de sculptures une fois l'hôtel de ville vendu?

La photo montre l'édifice de l'hôtel de ville vu d'un coin du Jardin de sculptures. On y voit quelques sculptures, de la verdure et des sentiers.

Le Jardin de sculptures qui entoure l'ancien hôtel de ville de Saint-Boniface est une initiative de la Maison des artistes visuels.

Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Borduas

La Ville de Winnipeg cherche à vendre l’ancien hôtel de ville de Saint-Boniface. Qu’est-ce que ça signifie pour l’avenir du Jardin de sculptures qui entoure l’édifice et occupe le lot adjacent?

En novembre 2019, la Ville de Winnipeg a annoncé son intention de publier un appel de propositions pour la vente du bâtiment situé au 219, boulevard Provencher, ainsi que pour l’ancienne caserne de pompiers, située au 212 de la rue Dumoulin.

Dans une lettre publié dans La Liberté du 21 octobre 2020, le conseil d’administration des Amis des arts visuels du Manitoba s’inquiète pour le Jardin, réitérant qu’il fera tout en son pouvoir pour protéger l’héritage du Jardin [...] pour assurer que les futures générations de visiteurs puissent continuer de bénéficier de ce magnifique espace public, unique et précieux.

Alain Laurencelle, président des Amis des arts visuels du Manitoba, croit que la Ville met le Jardin et la Maison [des artistes visuels francophones] à risque en faisant un appel de propositions.

C’est que la Maison des artistes visuels francophones, qui s’occupe de l’entretien et du développement du Jardin de sculptures, est aussi située dans l’ancien hôtel de ville.

C’est d’ailleurs l’une des choses qui inquiète Alain Laurencelle. La Maison des artistes est tout près, on lui a confié l’entretien et l’aménagement du Jardin de sculptures. Le fait que l’on veuille essayer de distancer ces deux organismes fait en sorte que ça peut mettre à risque sérieusement le Jardin.

Écrit noir sur blanc

Le conseiller de Saint-Boniface, Mathieu Allard, estime que le Jardin des sculptures est protégé par l’appel de propositions de la Ville tel qu'il est rédigé.

Un homme dehors, portant des lunettes.

Le conseiller municipal de Saint-Boniface, Mathieu Allard

Photo : Radio-Canada

C’était une des conditions où j’ai été très ferme avec l’administration. Ils m’ont demandé les lignes directrices que j’étais prêt à appuyer, alors c’est clair comme de l’eau de roche, si on lit l’appel de propositons, que le Jardin de sculptures est protégé, explique le conseiller.

On y lit ceci : Ces propriétés forment une seule et même parcelle [...] avec une éventuelle division pour former les lots 1-4. Les lots proposés 1 et 2 doivent demeurer liés l’un et l’autre. La Ville demeurera propriétaire du lot proposé 4.

Le lot proposé 4, selon les plans fournis en annexe du document, comprend le Jardin des sculptures ainsi que le bâtiment situé au 233, boulevard Provencher, que loue le Festival du Voyageur. Alors, même s’il y avait une vente, le Jardin ne fait pas partie de cette vente-là, affirme Mathieu Allard.

Ailleurs sur le Web

Consultez ici la demande de propositions (Nouvelle fenêtre) de la Ville concernant la vente de l'ancien hôtel de ville.

Mais cela ne calme pas les inquiétudes du président d’Héritage Saint-Boniface, Walter Kleinschmit.

Walter Kleinschmit en entrevue dehors.

Walter Kleinschmit

Photo : Radio-Canada

L’emplacement du Jardin est exclu des éléments mis en vente par la Ville, concède-t-il, mais l’appel de propositions souligne tout de même que Winnipeg prévoit disposer des parties restantes.

L’annexe F du document, qui aborde les étapes de la vente, mentionne en effet que la Ville devra établir une stratégie en ce qui concerne la disposition de la partie restante de la propriété de la Ville.

Après la vente de l’ancienne caserne de pompiers et de l’ancien hôtel de ville, les seules parties restantes de la propriété de la Ville seront l’édifice abritant les bureaux du Festival du Voyageur, ainsi que le Jardin des sculptures, rappelle ainsi Walter Kleinschmit.

Demande d’une deuxième extension

La demande de propositions publiée à la fin de 2019 devait se clôturer le 28 février dernier, mais la Société de la francophonie manitobaine (SFM) a demandé une extension des procédures pour permettre aux différents acteurs de pouvoir se préparer et de bien consulter la communauté francophone.

Une session de consultation a eu lieu le 21 janvier, puis la pandémie de COVID-19 a interrompu les séances qui devaient avoir lieu par la suite, ralentissant le processus des consultations.

C’est pour cette raison que la SFM a demandé une nouvelle extension d’un an, alors que l’appel de propositions devrait normalement se clore le 6 novembre.

Le 27 octobre, le comité communautaire Riel a convenu de demander au Comité politique permanent des biens et du développement qu’il prolonge d’une autre année l’appel de propositions.

Ce comité en discutera le 16 novembre prochain, à 9 h 30, à un moment qui arrive 10 jours après la fermeture de l’appel de propositions.

Pour Alain Laurencelle, c’est essentiel, c’est obligatoire pour la Ville de considérer une extension de cet appel de propositions-là.

On espère que la Ville va considérer le cas exceptionnel d’une année pandémique où la communauté n’a pas eu la chance d’être consultée, renchérit-il.

Le directeur adjoint de la SFM, Jean-Michel Beaudry, partage les inquiétudes des Amis des arts visuels du Manitoba et aimerait que l’engagement de la Ville envers l’avenir du Jardin soit clarifié.

Jean-Michel Beaudry devant des drapeaux

Le directeur général adjoint de la Société de la francophonie manitobaine, Jean-Michel Beaudry

Photo : Radio-Canada

On ne sait pas comment c’est fait au niveau de la Ville, alors on espère avoir plus de détails de ce côté-là, quelque chose d’écrit qui nous confirme que le Jardin des sculptures ne sera jamais mis en vente par la Ville de Winnipeg, mentionne Jean-Michel Beaudry.

La SFM est devenue un acteur dans le débat depuis que la directrice de la Maison des artistes visuels francophones, Alexandra Kleim, a demandé lors d’une assemblée générale annuelle, que l’organisme prenne un rôle de leadership quant aux questions entourant l’avenir de l’ancien hôtel de ville de Saint-Boniface.

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