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L'Hôtel Place Dupuis comme solution de rechange au campement Notre-Dame

L'établissement offrira des chambres cet hiver aux itinérants qui ont passé les derniers mois dans leur tente.

Une personne dort dans un parc à Montréal.

L'itinérance a doublé à Montréal depuis le début de la pandémie. On estime actuellement à 6000 le nombre de sans-abri dans la métropole.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le gouvernement Legault et l'administration Plante pensent avoir finalement trouvé une solution au problème causé par la présence du camping illégal érigé depuis le printemps le long de la rue Notre-Dame Est, dans le quartier Hochelaga, à Montréal.

Dans les prochaines semaines, les itinérants seront invités à se rendre gratuitement à l'Hôtel Place Dupuis, où ils pourront passer l'hiver.

Québec et Montréal espèrent que cette offre poussera la centaine de campeurs de la rue Notre-Dame à quitter les lieux. La mairesse Plante ne voudrait pas avoir à les évincer de force lorsque l'hiver se sera installé.

On ne va pas y aller avec la force. L'idée n'est pas de rendre les gens encore plus vulnérables. Mais il faut les amener vers les ressources, oui.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Mme Plante avait promis, il y a deux mois, de ne pas démanteler de force le camping Hochelaga, mais jeudi, elle a admis qu'elle n'était pas confortable à l'idée que des Montréalais dorment dehors à -40 oC, soulignant qu'il y avait une nécessité de protéger la personne. Si c'est pour mettre la santé des gens en jeu, on ne va pas hésiter, a-t-elle affirmé.

Gros plan de Valérie Plante, la tête légèrement penchée.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Situé tout près de services offerts aux personnes en situation d'itinérance, l'Hôtel Place Dupuis a accepté de libérer 380 lits pour la bonne cause, après avoir accueilli, plus tôt cette année, des personnes ayant contracté la COVID-19.

Des espaces seront prévus pour les hommes, les femmes, les couples et les personnes transgenres ainsi que celles à mobilité réduite.

Les animaux seront également admis. Cette mesure pourrait contribuer à l'abandon du camping Hochelaga, où plusieurs itinérants s'étaient installés afin de garder leur compagnon avec eux en tout temps, ce qui est impossible pour les usagers des refuges traditionnels.

Un chien de type pitbull dans un sac de couchage.

Même si les chiens sont habituellement interdits dans les refuges, plusieurs itinérants en possèdent un.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

D'autres itinérants, au contraire, préféreront passer l'hiver dehors autant que possible. C'est le cas de Jacques Brochu, qui prépare actuellement sa tente aux conditions hivernales avec des couches isolantes.

Moi, je me dis : si le plan d'urgence de la mairesse, c'est pour aider les gens qui sont en situation d'itinérance, ce serait bien de prioriser ceux qui n'ont pas de tente au lieu de s'acharner sur ceux qui ont des tentes et qui se débrouillent quand même assez bien, a-t-il expliqué en entrevue à Tout un matin, quelques heures avant l'annonce, jeudi.

Presque deux fois plus de places que l'an dernier

L'unité de débordement de l'Hôtel Place Dupuis sera créée dans le cadre d'un plan visant à aider les sans-abri de Montréal pendant la saison hivernale, dévoilé jeudi après-midi. En tout, 1650 places seront offertes cette année, soit 700 de plus qu'à l'hiver 2019-2020.

Un grand centre de jour pouvant accueillir 300 personnes sera également mis en place au Grand Quai du port de Montréal grâce à la collaboration de l'Administration portuaire. On y trouvera entre autres un service d'aide alimentaire.

De plus, neuf « haltes-chaleur » sont aménagées un peu partout dans la ville, notamment dans les arrondissements de Ville-Marie, du Plateau-Mont-Royal, de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et de Montréal-Nord.

Ces mesures seront déployées progressivement à compter du 1er novembre et demeureront en vigueur jusqu'au 31 mars.

La COVID-19 n'aide pas

L'itinérance a doublé à Montréal depuis le début de la pandémie. À l'heure actuelle, on estime à 6000 le nombre de sans-abri dans la métropole.

Or, les besoins des personnes en situation d'itinérance ne cesseront pas après la pandémie, a rappelé jeudi le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) par communiqué.

Selon l'organisme, des mesures hivernales aussi nombreuses que celles développées cette année doivent devenir la norme, et non une exception justifiée par la COVID-19.

Le RAPSIM rappelle que l'augmentation des prix des loyers, le bas taux d'inoccupation ainsi que le manque de financement pour le logement social contribuent chaque jour à faire basculer des gens dans la rue.

La crise des surdoses, en outre, se poursuit, rappelle le Réseau. Celui-ci souligne que le mois de juillet dernier a été le plus meurtrier depuis 2014, avec 23 décès constatés par les autorités de santé publique.

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