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Immigration de préposés aux bénéficiaires : Québec fait fausse route, selon des avocats

Une femme aide un homme âgé qui marche avec un déambulateur.

Le nouveau programme de sélection du Québec pour les immigrants préposés est critiqué.

Photo : Getty Images / shapecharge

Si la ministre Nadine Girault espérait simplifier la vie des préposés aux bénéficiaires étrangers qui veulent immigrer au Québec, c'est raté, selon des avocats spécialisés en immigration, qui critiquent un nouveau programme dévoilé cette semaine.

C'est un coup d'épée dans l'eau, croit Me Maxime Lapointe au sujet du nouveau Programme pilote d'immigration permanente des préposés aux bénéficiaires.

Ce programme propose d'offrir un certificat de sélection du Québec (CSQ) à 550 préposés étrangers chaque année. Le but est qu'ils puissent entamer rapidement leurs démarches de résidence permanente au Canada.

Pour postuler, ils devront notamment avoir une bonne connaissance du français. Ils devront aussi avoir travaillé pendant 12 mois au Québec avant de soumettre leur candidature.

Le président de l'Association québécoise des avocates et avocats en droit de l'immigration (AQAADI), Guillaume Cliche-Rivard, peine à voir comment cette dernière exigence aidera à régler la pénurie de préposés dans le réseau de la santé.

Il va falloir que ce soit des gens qui sont déjà au Québec, [...] qu'ils aient déjà fait les démarches pour venir et travailler, alors ce ne sera jamais vraiment un programme de sélection de main-d'oeuvre fraîche.

Guillaume Cliche-Rivard, président de l'Association québécoise des avocates et avocats en droit de l'immigration
Guillaume Cliche-Rivard porte un veston gris et une cravate mauve à motifs.

Guillaume Cliche-Rivard, président de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration

Photo : Radio-Canada

Tracas pour les employeurs

Me Lapointe voit un autre problème majeur : le nouveau programme n'est pas en adéquation avec les exigences d'Ottawa, qui est responsable de délivrer les permis de travail et les évaluations d'impact sur le marché du travail (EIMT).

Puisque ces documents sont valides pour une durée limitée, ils devront vraisemblablement être renouvelés au moins une fois pour que les préposés puissent continuer à travailler au Québec au-delà de 12 mois, le temps d'obtenir leur CSQ.

Les employeurs se retrouveront donc avec la patate chaude, prévient Me Lapointe, car il s'agit de lourdes démarches bureaucratiques.

Pour un employeur, ça veut dire des frais gouvernementaux, des frais légaux, des délais serrés, des tracas, des risques de refus si les dossiers sont mal montés, aussi.

Me Maxime Lapointe, avocat spécialisé en droit de l'immigration
Me Maxime Lapointe, avocat spécialisé en droit de l'immigration

Me Maxime Lapointe, avocat spécialisé en droit de l'immigration

Photo : Radio-Canada

Me Lapointe ne comprend pas pourquoi le gouvernement a exclu les préposés aux bénéficiaires lors de sa réforme du Programme de l'expérience québécoise (PEQ), l'été dernier.

Le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI) se retrouve à créer des programmes pilotes séparés, moins efficaces selon Me Lapointe, mais avec des critères semblables.

Car en plus du programme pour les préposés aux bénéficiaires, le MIFI en annonce deux autres : un pour les travailleurs en intelligence artificielle et un autre pour ceux en transformation alimentaire.

C'est comme si le ministère avait essayé d'en redonner un petit peu en créant des projets pilotes qui n'auraient pas eu lieu d'être si on avait juste laissé l'ancien programme qui fonctionnait bien, se désole Me Lapointe.

Selon lui, si le gouvernement veut véritablement aider la cause des préposés, il devrait les ajouter à sa Liste des professions admissibles au traitement simplifié, qui facilite les démarches d'immigration pour certains métiers en demande.

Habituellement, un projet pilote, ça sert à vouloir tenter de nouvelles choses, [...] à aller améliorer le système, alors que tout ce qu'on vient faire, c'est essentiellement des choses qu'on connaît depuis deux ans.

Guillaume Cliche-Rivard, président de l'Association québécoise des avocates et avocats en droit de l'immigration

Très avantageux

Au cabinet de la ministre Girault, on se défend d'avoir accouché d'une souris. Il s'agit d'un programme très avantageux pour les préposés aux bénéficiaires, indique par courriel l'attachée de presse Flore Bouchon.

Les candidats sélectionnés dans le cadre du programme pilote ne seront pas assujettis à la grille de sélection du programme régulier des travailleurs qualifiés, poursuit-elle.

Cette profession est importante, et encore plus dans les contextes de la pandémie actuelle et de la rareté de main-d’œuvre. C'est pour ces raisons que ce programme est mis sur pied.

Flore Bouchon, attachée de presse de la ministre Nadine Girault

Malgré les similitudes, Mme Bouchon affirme que le programme pilote se veut complémentaire au PEQ et que les critères de sélection sont différents.

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