•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : Des terrasses ouvertes, mais vides à Ottawa

Un homme marche en longeant une terrasse vide.

L'Ontario déterminera la semaine prochaine si les restaurants situés en zone chaude pourront rouvrir.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

Le gérant du restaurant The Royal Oak, Lukas Banks, regarde l’heure. Midi va bientôt sonner. Normalement il devrait y avoir entre 20 à 30 clients dans son restaurant, mais aujourd'hui encore c’est le calme plat.

Comme plusieurs restaurateurs d’Ottawa, l’établissement de l'avenue Beechwood est durement frappé par les mesures sanitaires qui imposent la fermeture des salles à manger.

La Ville d’Ottawa a eu beau donner du lest en prolongeant la saison des terrasses jusqu’au 31 décembre, c’est nettement insuffisant juge le restaurateur, même s’il s'est tourné vers les commandes pour emporter.

Ça a été difficile. Nous ne faisons pas beaucoup d’affaires parce qu'il fait froid. Nous avons eu jusqu’à maintenant une seule belle journée, c’est tout. Je serais content si je pouvais avoir 20 clients dans une journée. C’est une lutte qu’on mène. Ça frappe définitivement notre industrie, lance M. Banks.

Un homme devant une terrasse de restaurant vide.

Lukas Banks, gérant du restaurant The Royal Oak sur Beechwood à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Selon ce dernier, avec la température froide des derniers jours, la terrasse n’est pas du tout rentable, même qu’elle peut occasionner des déficits.

Nous voulons bien avoir des employés qui travaillent, mais ça coûte beaucoup d’argent quand on ne vend rien, dit-il.

Investissements majeurs

Selon Nathalie Carrier, directrice générale de la Zone d'amélioration commerciale (ZAC) du quartier Vanier, la prolongation de la saison des terrasses n’est pas la solution qui va sauver l’industrie de la restauration, compte tenu des frais d’aménagement et d’exploitation d’une salle à manger extérieure.

Nathalie Carrier en entrevue à l'extérieur.

Nathalie Carrier, directrice générale de la Zone d'amélioration commerciale (ZAC) du quartier Vanier.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

« Certains commerçants ont installé une tente [au-dessus de leur terrasse]. Ça fait en sorte qu’il faut des chaufferettes qui coûtent environ 100 $ par jour chacune. Il y en a qui vont passer deux ou trois bonbonnes de propane par jour pour chaque chaufferette. Ce sont des frais exorbitants pour le peu d’argent qui entre », fait remarquer Nathalie Carrier.

Une terrasse déserte aménagée pour le temps froid.

L'équipement pour chauffer une terrasse par temps froid est très dispendieux.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Amanda Klein Gunnewiek, gérante du restaurant Les Gitanes à Ottawa, est de ceux qui ont fait le pari d’investir.

Une femme donne une entrevue, sur une terrasse extérieure.

Amanda Klein Gunnewiek est gérante du restaurant Les Gitanes à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

C’est définitivement très cher. Tu dois acheter les réservoirs de propane, les remplir régulièrement et aussi te procurer des chaufferettes. Et parce que tout le monde achète des chaufferettes en même temps, elles sont difficiles à trouver et je pense même que les prix ont augmenté un peu. C’est sans compter la tente et le système de ventilation. C’est une dépense majeure, explique-t-elle.

Malgré tout, Amanda Klein Gunnewiek garde le moral et entend garder ses fourneaux allumés le plus longtemps qu’elle le puisse.

Ça peut paraître un peu fou. Nous sommes presque en novembre et nous sommes à l’extérieur. Je porte un col roulé et un foulard, mais nous allons continuer aussi longtemps qu’on le pourra, lance Amanda Klein Gunnewiek, un sourire aux lèvres.

La directrice générale de la ZAC du quartier Vanier s’inquiète maintenant de voir plusieurs restaurateurs mettre la clef sous la porte si les mesures sanitaires perdurent.

Les restaurants sont vides à l’intérieur, ça, on le sait. Les patios ne sont pas mieux.

Nathalie Carrier, directrice générale de la (ZAC) du quartier Vanier

Il y en a plusieurs qui ont tout misé. La maison est misée sur le commerce, les épargnes sont misées sur le commerce. Quand un commerce meurt, ce n’est pas seulement un commerce qui meurt, c’est le rêve qui meurt, c’est la famille qui se met en danger, souligne Nathalie Carrier.

D’ici la réouverture des salles à manger à Ottawa, la directrice générale de la ZAC du quartier Vanier croit qu’il faut multiplier les initiatives d’achat local pour soutenir les restaurateurs.

Le premier ministre ontarien Doug Ford déterminera la semaine prochaine s'il autorisera les restaurants situés en zone chaude, comme Ottawa, à rouvrir leurs portes.

Avec les informations de Jérôme Bergeron et Jérémie Bergeron.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !