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Critiques et constats d'échec sur l'accès à l'eau potable dans les communautés

Une femme autochtone remplit un bidon d’eau à une station de remplissage.

Des Premières Nations sont touchées par un avis de faire bouillir leur eau depuis plus de 25 ans.

Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

Critiques et doutes fusent sur la capacité d’Ottawa à régler le problème de l'accès à l'eau dans les Premières Nations.

Charlie Angus, le porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) fédéral en matière d’affaires autochtones, croit que le gouvernement Trudeau n’a jamais donné les moyens suffisants pour respecter sa promesse de lever tous les avis à long terme sur la qualité de l'eau dans les communautés autochtones d'ici mars 2021.

Il s’agissait de la promesse électorale parfaite, croit-il, ajoutant que le gouvernement n’a pas injecté assez d’argent pour accomplir cette promesse.

On voit le député fédéral Charlie Angus au micro.

Le député fédéral Charlie Angus, qui est porte-parole du NPD en matière d'affaires autochtones.

Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

Selon lui, Neskantaga, qui a récemment été évacuée en raison d’une contamination du réservoir d'eau et qui est la communauté dont l'avis à long terme est le plus ancien au pays, est le symbole de l’incapacité du gouvernement de mener à bien ses promesses.

Ça fait 25 ans qu’ils n’ont pas d’eau potable à Neskantaga et lorsque le premier ministre a fait cette promesse, il a envoyé la ministre Bennett pour annoncer qu’ils allaient trouver une solution pour les gens. Là, on est maintenant rendus à être obligés d’évacuer en raison de la détérioration de l’eau.

Charlie Angus, porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d'affaires autochtones

Selon lui, les communautés autochtones doivent être consultées pour que leur problème, qui varie d’une communauté à l’autre, soit pris en compte.

Le gouvernement fédéral a concédé que son objectif de mettre fin à tous les avis à long terme de faire bouillir l’eau dans les communautés autochtones ne serait probablement pas atteint en mars 2021.

Le site du gouvernement qui fait état de l'avancement des travaux n'a pas été mis à jour depuis février, mais des données récentes obtenues par Radio-Canada auprès du ministère des Services aux Autochtones font état de 60 avis à long terme sur la qualité de l'eau potable toujours en vigueur dans les réserves au pays. C'est un de moins qu'en février, alors que le gouvernement visait 40 avis pour la mi-2020 et 11 pour la fin de l'année.

On dit qu’il faut bâtir des usines de traitement de l’eau, mais pour certains endroits, la tuyauterie des réserves ne permet pas de livrer cette eau adéquatement, explique M. Angus.

La gouvernance aux Premières Nations

Pour Scott Franks, qui est professeur adjoint à la Faculté de droit de l’Université Ryerson et qui oeuvre en recherche sur la question des droits autochtones, la situation de l’eau dans les réserves témoigne de l'échec du gouvernement.

Selon moi, les nombreux avis à long terme d’ébullition de l’eau dans les communautés montrent un bris des devoirs du gouvernement fédéral envers les Autochtones.

Scott Franks, professeur adjoint à la Faculté de droit de l’Université Ryerson

M. Franks affirme que les Premières Nations devraient non seulement avoir droit à des infrastructures de traitement de l’eau, mais qu'elles devraient avoir la gouvernance de la gestion de l’eau dans les réserves et sur leur territoire.

Selon lui, des nations autochtones ont dû faire des compromis sur leur financement et sur certains programmes gouvernementaux pour avoir accès à des infrastructures d’eau potable.

Nous avons besoin de faire front commun

Le porte-parole conservateur en matière de services aux autochtones, Gary Vidal, qui représente la circonscription de Desnethé—Missinippi—Rivière Churchill, en Saskatchewan, affirme que la crise de l’eau potable dans les communautés autochtones doit être abordée de front par le gouvernement.

Un homme debout à côté d'un arbre.

Gary Vidal est le porte-parole des conservateurs en matière de services aux autochtones.

Photo : Radio-Canada / Alicia Bridges

Nous allons avoir besoin de faire front commun face à ce défi, affirme M. Vidal en ajoutant que le modèle défaillant de gestion de ce problème, centré sur la gestion des crises, doit être changé.

Il ajoute que le gouvernement aime mettre de l’avant les 95 avis à long terme d’ébullition d’eau qui ont pris fin dans les communautés autochtones [depuis 2016] mais qu’il omet de mentionner qu’une cinquantaine de nouveaux avis ont été déclarés durant cette période.

Selon lui, la pandémie accentue la situation que vivent les communautés autochtones qui n’ont pas accès à de l'eau potable.

Je n’imagine pas à quel point ça doit être difficile de vivre une pandémie dans une communauté sans eau potable pour l’hygiène. C’est inacceptable, ajoute-t-il.

Selon lui, la question de l’eau potable dans les communautés autochtones doit être un enjeu non partisan qui nécessite la collaboration des parlementaires.

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