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Dire oui à Énergie Saguenay serait un désastre, selon Dominic Champagne

Dominic Champagne devant l'hôtel Le Montagnais.

L'instigateur du Pacte pour la transition, Dominic Champagne, avait pris la parole lors de la première parie des audiences en septembre.

Photo : Radio-Canada / Yves Bergeron

Sans surprise, le porte-parole du Pacte pour la transition, Dominic Champagne, a discrédité le projet de GNL Québec devant les commissaires du BAPE.

L’entreprise souhaite construire une usine de liquéfaction de gaz naturel au port de Grande-Anse, à La Baie.

L'auteur et metteur en scène s’est présenté devant la commission d’enquête chargée d’analyser le projet pour affirmer que l’avenir de la planète est tributaire du rejet de projets visant l’exploitation d’énergies fossiles.

GNL Québec veut acheminer du gaz naturel extrait en Alberta par gazoduc jusqu’à Saguenay pour le liquéfier et l’exporter à hauteur de 11 millions de tonnes par année.

La crise du virus n’est rien à côté de ce qui nous attend avec la crise climatique. Une crise qui est en phase de devenir la crise existentielle la plus aiguë de l’histoire de l’humanité. Ce qui est en train de se jouer présentement, c’est notre avenir , a d’abord déclaré Dominic Champagne.

Le porte-parole y est allé de nombreux exemples de catastrophes naturelles pour illustrer les conséquences du réchauffement de la planète.

Si les énergies fossiles continuent d’augmenter leurs émissions, c’est un réchauffement de quatre degrés qui nous attend à la fin du siècle. […] Mais tout n’est pas joué. On peut encore infléchir le cours des choses. Pour ça, il faut limiter le réchauffement , a-t-il plaidé.

Que des mots

Citant Shakespeare et son célèbre « Words, Words, Words  », il a attiré l’attention sur le fait que les gouvernements du Québec et du Canada peinent à atteindre les cibles fixées dans le cadre de l’Accord de Paris et que le fait de donner le feu vert à un projet comme celui d’Énergie Saguenay serait un désastre.

Au cours des deux dernières décennies, sauf exception, tous les grands projets d’extraction, de production et de transport d’énergie fossile en pétrole et en gaz ont été rejetés, soit par principe de précaution, soit par des raisons d’affaires, mais surtout par des mouvements d’opposition massifs de la population soucieuse de relayer les alertes de la science , a-t-il exposé.

Dominic Champagne estime que si le Québec n’a pas le pouvoir de contrôler juridiquement les émissions en dehors de son territoire, il a un devoir moral de ne pas devenir le complice, voire la cause d’émissions nocives importantes ailleurs sur la planète .

Le BAPE : gardien de l’intérêt public

Le Pacte pour la transition espère que le BAPE se fera le gardien de l’intérêt public et du bien commun.

On n’a aucune garantie à cet égard, mais on a une garantie par contre que ça va augmenter les émissions. Le principe de précaution doit prévaloir et le projet d’usine de liquéfaction, vous l’aurez compris, à notre sens, devrait être carrément rejeté , a-t-il conclu.

Comme investir dans des VHS, dit Sylvain Gaudreault

Le député de Jonquière à l’Assemblée nationale, Sylvain Gaudreault, est d’avis qu’investir dans le gaz naturel en 2020 équivaut à injecter des fonds dans les vidéos VHS en sachant qu’ils deviendront bientôt obsolètes.

Sylvain Gaudreault en entrevue

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault

Photo : Radio-Canada

[C’est comme] si, en 2000, je vous avais dit : Chers amis, si on investissait ensemble dans les vidéos VHS?. Même si vous m’aviez dit qu’il y a les CD qui prennent beaucoup de place et qu’il y a des petites boîtes de plastique qui s’appelle une clé USB. J’ai l’impression que GNL Québec est le VHS d’aujourd’hui et que ce n’est certainement pas intéressant d’investir là-dedans , a imagé Sylvain Gaudreault lorsqu’il s’est adressé aux commissaires Denis Bergeron et Laurent Pilotto.

Le député dit qu’il faut cesser d’opposer économie et environnement et que les deux peuvent aller de pair. Il estime cependant qu’il est impératif, pour le Québec, de se tourner vers des secteurs d’avenir comme les technologies et le numérique.

Je pense que la région peut devenir la championne internationale dans la transition vers les économies vertes , a poursuivi l’élu.

Considérant que le marché du gaz naturel est condamné à disparaître , Sylvain Gaudreault pense que GNL Québec a tort de reposer sa rentabilité sur l’échec de l’Accord de Paris .

Conditions

Les maires de L’Anse-Saint-Jean et de Petit-Saguenay, Lucien Martel et Philôme Lafrance, ont présenté un mémoire conjoint.

Nos paysages grandioses sont notre principale carte de visite , a fait remarquer le premier magistrat de Petit-Saguenay, qui a exprimé les préoccupations conjointes des deux municipalités du Bas-Saguenay en lien avec le projet de construction d’un terminal méthanier.

Ils craignent pour les impacts sur le paysage, le tourisme et les espèces marines comme le béluga et posent des conditions au gouvernement du Québec, advenant le cas où il donnait son aval à GNL Québec.

Lucien Martel et Philôme Lafrance demandent, entre autres, que des redevances soient versées aux localités touchées par le projet.

Les opinions véhiculées lors du dépôt de mémoires, jeudi après-midi, ont suivi la tendance instaurée depuis le début des audiences lundi, avec des avis majoritairement contre le projet. Ceci dit, le fondateur d’un groupe Facebook en appui au projet Énergie Saguenay, lequel compterait 37 000 membres, est venu plaider en faveur de la construction de l’usine de liquéfaction de gaz naturel.

Nous vivons un moment historique et nous estimons que le projet de GNL Québec permettrait à notre région d’offrir le meilleur des deux mondes à sa population pour l’avenir, a insisté Yvon Laprise, en affirmant que le Saguenay-Lac-Saint-Jean compte de nombreux organismes qui considèrent le projet structurant.

Plusieurs citoyens se sont présentés devant les commissaires pour exprimer leur point de vue lors de présentations qui ne devaient pas dépasser 10 minutes.

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